FAIT : Formation et randonnée muletière dans les Pyrénées du 30 juillet au 4 aout 2018

Magnifique séjour avec le CEETS et Artahe Voyage Muletier.

Une formule sur 6 jours pour alterner phase de déplacement et journée de formation.

Utilisation de la boussole avec cas concret d’azimut, le brouillard est entrain de de remonter de la vallée, notre point de chute ne sera bientôt plus visible…

Un stage 100% féminin ce qui prouve que le travail du CEETS pour adoucir l’image de la survie porte ses fruits et que nos enseignements sont accessibles à toutes et à tous.

le module feu, un incontournable de la vie en plein air, même si son utilisation n’est pas toujours nécessaire.

Je note aussi encore une fois qu’une part importantes des stagiaires sont en recherche d’autre chose, ont besoin d’une coupure avec leur quotidien et pour certain·es cherchent des pistes de reconversion pour changer de vie. Tout cela a permis d’enrichir le contenu du stage et d’apporter des idées et des pistes de réflexion à chacun·es. Cela aussi permet de prendre conscience que le contenu de nos séjours Vie Sauvage dépassent largement le cadre parfois réducteur des « techniques de survie »

Les échanges ont été riche, passionné et passionnant pendant ces 6 jours, le CEETS est fier de compter dans son équipe Lætitia Barbier, monitrice en formation, avec une expérience en gestion de groupe et en pédagogie impressionnante et d’avoir à nouveau partager ce séjour avec Delphine et ses mules qui apportent en plus d’une logistique de terrain, une bienveillance à toute épreuve…

Merci à toutes pour ce séjour Vie Sauvage

Le CEETS et Artahe Voyage Muletier vous donnent rendez-vous  pour une session automnale  du 01 au 06 octobre 2018

Descriptif du séjour, programme et inscriptions :

Formation et Randonnée Muletière dans les Pyrénées

Formation Intensive sur 4 jours cet automne!

On vient d’ajouter une date de stage au calendrier pour l’automne 2018 !

Stage de survie : Formation Intensive du 01 au 04 novembre 2018

Deux particularités à ce stage :

1- la durée : 4 jours et 3 nuits
2- le prix 450 € : à quelques euros prêt il reste au même prix que le stage sur 3 jours

En revanche d’autres choses ne bougent pas :
1 – la salle de classe dans les hautes-Pyrénées, toujours appréciée à sa juste valeur
2- Robin Cottel et Chris Cotard moniteur CEETS et Cyril Sourisseau moniteur en formation en guise de maîtres d’école…

Cette nuit et journée supplémentaires seront mises à profit pour augmenter le volume de pratique = + de mise en situation et + de déplacement carte et boussole à la main.

Sinon le programme reste le même :

Formation intensive

Inscriptions :    Du 1 au 4 novembre 2018 (Hautes-Pyrénées)

 

La formation moniteur au CEETS vue de l’intérieur – par Luc Richard

Une forêt de pins dans la Drôme. Une dizaine de stagiaires, hommes et femmes, debout en cercle autour de David qui nous parle, la main sur son couteau rangé dans son étui. C’est mon premier stage avec le CEETS.
David explique qu’il y a deux règles de sécurité quand on utilise un couteau : « Premièrement, jamais de viande amie dans le chemin du couteau. Deuxièmement, quand on a terminé de se servir d’un couteau, on le range dans son étui. » Cela implique, d’une part, que l’on ne doit jamais circuler un couteau en main ; d’autre part que l’on ne pose jamais son couteau à terre. Dit comme cela, ça n’a l’air de rien. David explique « C’est comme quand on dit à un gamin : “Ne pose pas ton verre au bord de la table !“, ou bien “Fais attention à ton verre, il va tomber !“ Ça ne marche pas bien. D’abord parce qu’en lui disant de ne pas poser le verre au bord de la table, on fait apparaître l’image mentale du bord de la table, et du coup c’est ce sur quoi il va se focaliser et il où va naturellement poser son verre. Et si on lui dit de faire attention, à chaque fois qu’il posera son verre il devra se concentrer sinon le verre tombera du bord de table.
Si on lui dit de mettre son verre à la bonne place, au milieu de la table, d’abord la formulation est positive, et ensuite on lui permet d’intégrer l’information pour que cela devienne une habitude. C’est structurant : il a l’esprit libéré de son verre, qui est automatiquement en sécurité… »

Quand j’ai entendu ce développement, j’ai compris que l’expérience, parfois, ne suffisait pas pour apprendre quelque chose. Quelques mois plus tôt, j’avais fait un voyage de soixante jours avec un ami en Terre de Feu. Vous savez, cette région sauvage quasi-inhabitée à la pointe extrême de l’Amérique Latine, juste au dessus du Cap Horn. Des forêts primaires qui n’ont pas vu d’homme depuis des décennies. Et nous étions seuls, à nous nourrir en pêchant des truites. Nos couteaux étaient donc clairement nos biens les plus précieux. Malgré tout, nous en avons perdu un, et failli perdre le deuxième, parce que nous avions l’habitude de poser nos couteaux au sol après avoir vidé les poissons. Au retour, la seule leçon que j’en avais tiré était : « Il faut faire plus attention aux couteaux. » Et là, lors de ce premier stage, je découvrais que cette solution n’était pas du tout efficace. Il fallait ranger le couteau après l’avoir utilisé.
C’est cela que l’on apprend lors des stages du CEETS : des principes simples, efficaces, structurants, qui permettent à chacun d’élaborer ses propres propres technique et stratégies pour survivre – et surtout vivre ! – dans la nature. En découvrant cela, j’ai tout de suite eu envie de devenir moi aussi moniteur.

J’ai découvert l’existence du CEETS en lisant un article de David Manise dans Carnets d’Aventures. Comme cette année là j’avais traversé l’Islande d’est en ouest en autonomie, et passé deux mois en Terre de Feu, j’ai pensé que je n’avais pas grand chose à apprendre sur la vie dans la nature. Je me suis inscrit par curiosité, même si je redoutais un peu de me retrouver dans un repaire de Rambo des bois et autres survivalistes dingos à l’américaine. J’étais loin du compte et ce premier stage fut une révélation. La manière simple et bienveillante avec laquelle les moniteurs CEETS partagent des connaissances souvent plus complexes qu’il n’y paraît m’ont tout de suite attiré. Et j’ai aussi découvert une communauté de moniteurs et de stagiaires à la fois tous très différents mais tous animés de la même passion, curiosité et ouverture d’esprit. Des personnes qui ne restent jamais sur leurs acquis, toujours prêts à apprendre des autres, où à creuser à fond une question, que ce soit des techniques d’allumage du feu ou des concepts plus scientifiques sur l’eau ou la thermorégulation.

Avant, lorsque je pliais mon bivouac le matin, je regardais sidéré toutes mes affaires étalées autour de moi en me demandant comment j’allais faire pour ranger tout ça dans mon sac à dos. Ca prenait en général deux heures ! J’ai l’esprit très éparpillé et une tendance à l’exhaustivité, jusqu’à l’excès. Les idées me viennent par paquet, court-circuitant parfois ma pensée. Le long apprentissage pour devenir moniteur m’a appris la simplicité. À aller du général au particulier.

J’ai toujours aimé apprendre puis transmettre et partager. Et la meilleure manière d’apprendre quelque chose, c’est de l’enseigner. La formation de moniteur m’a appris que l’on ne pouvait bien apprendre aux autres que si on leur prêtait une grande attention. Il faut créer un lien avec ceux à qui on s’attache à transmettre quelque-chose. À ce que le contenu soit toujours lié à une image, une émotion forte ou bien qu’il se rattache à un souvenir. Faire travailler tous les sens. Parce que c’est comme cela qu’ils retiendront vraiment. Le CEETS m’a aussi appris comment me positionner face à un groupe : faire passer le groupe avant son propre confort, et toujours être attentif à ceux qui sont en difficulté. Surtout lorsqu’on est dans la nature et qu’il il fait un temps ignoble. Quelles que soient les conditions, quelles que soient les expériences, chacun doit se sentir en sécurité.

On devient moniteur en pratiquant. En donnant une fois, deux fois, dix fois le même module – « eau » ; « thermorégulation » ; « abris »… La liste est longue ! C’est parfois lassant. Cela prend des années. On doute. On a envie d’abandonner – ce qui arrive assez souvent avec des moniteurs stagiaires. Il faut de la volonté. À la fin, on fini par se détacher du contenu lorsque l’on est assez à l’aise pour jongler avec et qu’on se l’est approprié au point de ne plus y penser. On a alors trouvé sa manière, non pas de donner un module, mais sa manière d’être.

Une dernière chose : En stage, on apprend aussi beaucoup des stagiaires. On y fait de vraies rencontre, avec des personnes ayant des connaissance ou une expérience extraordinaire dans un domaine particulier. Alors on se pose tous pour apprendre d’eux, moniteurs comme stagiaires.

Peu de temps après mon premier stage au CEETS, j’ai appris l’existence du métier et du diplôme d’accompagnateur en montage (AMM). Tout juste revenu en France après avoir vécu dix ans en Chine, j’ai alors décidé de changer pas mal de choses dans ma vie.
Les connaissances acquises et la pédagogie du CEETS m’ont beaucoup servi à réussir mon examen probatoire et m’ont accompagné tout au long de ma formation. Ce que j’ai appris me sert toujours énormément dans mon métier d’accompagnateur. C’est une pédagogie simple et concrète, qui semble aller de soi. Mais elle n’est aujourd’hui enseignée presque nulle part, et certainement pas dans les IUFM (c’est là où l’on forme les enseignants de l’éducation nationale). C’est assez rare pour le souligner.
Il y a aussi une certaine satisfaction à se ré-approprier des savoirs-faire généralistes. Aujourd’hui, chacun ou presque est très spécialisé et hyper-dépendant de la technologie. À à tel point que nous ne savons plus rien faire nous même : réparer quelque-chose, préparer un repas sur un feu de camp, être attentif à son environnement… Au CEETS nous apprenons à devenir plus autonome, dans une civilisation où l’hétéronomie domine. Et aussi beaucoup de choses sur nous mêmes, sur qui nous sommes et ce que nous valons.

Quelque-fois on me demande pourquoi je passe autant de temps à m’entraîner pour donner des stage de survie. Qu’est ce que je fais là ? J’y suis parce que c’est ma place.

CEETS et ARTAHE des projets en communs

Un petit article pour officialiser une belle rencontre.

Depuis plusieurs années maintenant le CEETS propose une section Apprentissage Vie Sauvage. Vous pouvez y retrouver des projets plus longs en durée que nos stages de survie et qui mélangent formation et vie sur le terrain. Les projets sont divers mais affichent une volonté commune : prendre le temps d’apprendre, de tester, de vivre dans la nature.

À l’été 2017, le CEETS a proposé un nouveau séjour intitulé Formation et randonnée muletière dans les Pyrénées, vous pouvez lire un compte rendu ici.

Cette formation est née de la rencontre avec Delphine Crampes. Elle propose grâce à sa caravane muletière le transport de matériel et de tout le nécessaire pour être autonome plusieurs jours en montagne. Delphine a  suivi de nombreux stages proposés par le CEETS (Niveau1, Niveau2, Formation Intensive, ORNAV) de fait elle connait bien notre approche et notre façon de travailler sur le terrain. De notre coté nous avons appris à la connaitre, à apprécier tant ses qualités humaines que ces capacités à vivre en extérieur et savons que nous pouvons partir avec elle en toute confiance.

Aujourd’hui Delphine a développé ARTAHE VOYAGE MULETIER et toute l’équipe du  CEETS est heureuse de participer à la promotion de son projet professionnel et de pérenniser notre collaboration .

Ainsi en 2018 nous vous proposons deux nouvelles dates pour un séjour Formation et Randonnée Muletière dans les Pyrénées :

  • Du 30 juillet au 4 août 2018
  • Du 1er au 6 octobre 2018

Détails, programmes et inscriptions :

Formation et Randonnée Muletière dans les Pyrénées

Pour découvrir Artahe Voyage Muletier et ses différents séjours en montagne (itinérance, camp fixe, séjour famille) nous vous invitons à visiter son site et à suivre sa page Facebook.

 

 

stage de survie CEETS - Trek Tibet 2016_01

Retour sur une aventure au Tibet

13 octobre 2016. Voilà trente minutes que notre trek à travers l’ancien royaume tibétain de Nangchen a commencé. Nous cheminons sur une mince couche de neige lorsque survient une rencontre incroyable : un lynx nous regarde depuis un rocher en hauteur. Pendant de longues minutes, nous nous observons mutuellement, avant que l’animal sauvage ne disparaisse dans la montagne.

stage de survie CEETS Tibet 2016 Nangchen 07
De tous cotés, le plateau à perte de vue. Il faudrait milles vies pour le parcourir, le découvrir. Dépaysement complet…

Des rencontres étonnantes comme celle-ci ne manquerons pas les jours suivants : singes des forêts résineuses de Baizha, ours bleu du Tibet, petits bharals (un caprin sauvage que l’on trouve jusqu’à 5 500 mètres d’altitude !), gypaètes barbus, et bien d’autres.

stage de survie CEETS - Trek Tibet 2016_02
6 humains en autonomie dans une zone hors des circuits touristiques. Pour les quelques habitants rencontrés, certains n’ont vu des européens qu’à la télé et notre aventure suscite de nombreuses interrogations. Tout en faisant remonter à l’esprit le temps passé où toutes les familles nomades vivaient sur le plateau, se déplaçant au rythme des saisons et des troupeaux… Aujourd’hui ils luttent pour maintenir leur culture et leur mode de vie…

Rencontres, aussi, avec les habitants de ces contrées reculées du Tibet : nomades khampas et leurs troupeaux de yacks, fermiers, moines bouddhistes qui nous ont reçu dans leurs monastères aux allures de cités médiévales fortifiées… Moments inoubliables aussi, comme la traversée de ces immensités sauvages. Ou ces soirées à cuisiner et discuter autour d’un feu de bois, à contempler la voute étoilée, avant d’aller dormir confortablement sous sa tente.

 

stage de survie CEETS - Trek Tibet 2016_02
Yak en liberté,  le camp nomade n’est pas loin…

Huit jours de marche en montagne, en haute altitude et en autonomie : il ne s’agissait pas d’un stage CEETS, même si l’un de nos moniteurs (Chris Cotard) y participait pour assurer la sécurité en binôme avec Luc Richard (guide et organisateur du trek, qui a vécu dix ans en Chine et au Tibet). Ce type d’immersion fait prendre pleinement conscience de l’intérêt et de l’efficacité des techniques et principes enseignés lors des stages proposés par le CEETS.

stage de survie CEETS - Trek Tibet 2016_03
Feu de camp à 4000m d’altitude, juste avant d’arriver sur le haut plateau…

Les journées de marche en elles-mêmes n’étaient pas très difficiles (400 mètres de dénivelé en moyenne sur des sentiers faciles). Malgré quelques légères chutes de neige, les conditions météos étaient excellentes. Mais l’environnement du trek présentait un certain engagement : la haute altitude (entre 3 900 et 4 500 mètres), l’éloignement et le principe de l’autonomie en pleine nature demandent une rigueur que nos stages aident à acquérir.

stage de survie CEETS Tibet 2016 Nangchen 04
Passage de col, et descente dans une vallée qui nous éloigne encore de tout axe fréquenté… Pas de balisage, pas de panneau, pas d’aménagement…  liberté totale.
stage de survie CEETS Tibet 2016 Nangchen 05
Traverser la rivière encore et encore  pour chercher le meilleur passage et finir par marcher pieds nus…

Une expérience qui sera rééditée en 2017 et pour la préparation de laquelle un stage N1 est recommandé. Chaque futur participant doit en effet prendre conscience que pour réaliser un tel voyage il n’est pas inutile de savoir bien choisir son matériel, de n’emporter que le nécessaire et de savoir réagir en cas d’imprévu. Tout cela afin de profiter pleinement du séjour.

stage de survie CEETS Tibet 2016 Nangchen 06
Le tipi fait encore ses preuves sur le plateau tibétain après une tempête nocturne et un réveil tout en fraicheur…

Contact :
Luc Richard, 06 08 16 66 44 / lucrichard1@gmail.com

stage de survie CEETS Tibet 2016 Nangchen 08
Luc Richard en plein cours de cuisine chez une famille semi-nomade… Et pour le reste du groupe un cours d’hospitalité à la tibétaine. Très belle rencontre.

Fait : stage de survie N3 en Haute Saône

C’est sous un ciel étonnamment clément que nos sept stagiaires s’élancent pour ce stage de survie niveau 3 en Haute-Saône, ultime étape du cursus des stages de survie de deux jours proposés au CEETS.

Atelier triangulation

Au-delà du plaisir de revoir des personnes super sympa déjà rencontrées précédemment et de faire d’agréables connaissances avec de nouvelles personnes, c’est surtout le moment pour nous, moniteur, de mesurer pleinement le chemin parcouru par nos stagiaires depuis le début du cursus.

Le N3 permet en effet d’approfondir encore plus ses connaissances et d’augmenter ses compétences en faisant face à un certain dénuement matériel pour passer la nuit, mais pas que ;).

Mais le WE doit déjà s’achever et c’est avec leur kit de feu par friction que repartent nos stagiaires, bien décidés de dompter cette technique ancestrale.

Au plaisir de vos revoir tous et surtout, profitez bien de la nature !

Fait : stage de survie niveau 1 dans la Drôme avec David Manise

Comment résumer un stage de survie comme celui qui vient de se dérouler dans les montagnes du pays Diois, dans la Drôme, ces 7 et 8 avril 2018 ?
En deux jours et dans un cadre splendide, accompagnés de six moniteurs, dont deux en titre, nos quatorze stagiaires auront appris l’essentiel : Les 20% des connaissances qui servent 80% du temps lorsque l’on part marcher, sac sur le dos, dans la nature. Comment préparer un trek aussi bien qu’une ballade en famille. Comment se protéger du froid – être efficace quand il s’agit de faire un feu, et cela quelles que soient les conditions. Quels sont les noeuds réellement utiles. Comment monter un abri d’urgence en quelques minutes lorsque l’on a bien préparé son fond de sac, gérer ses efforts et son stress, s’orienter et transmettre des coordonnées GPS aux secours en mode low tech, quelques gestes de premier secours qui complètent ceux que l’on apprend en PSC1, trouver de l’eau et la rendre potable… Et chaque fois qu’une connaissance théorique était expliquée, la mise en pratique suivait. Le tout dans une ambiance bienveillante et détendue, car faire les choses sérieusement n’empêche pas de franches rigolades.
Nos stagiaires auront surtout compris que l’essentiel n’est pas ce que l’on a dans ses poches, mais de savoir s’en servir correctement, le détourner, et finalement s’en passer. Ce n’est pas parce que l’on possède un beau scalpel tout neuf que l’on est chirurgien… Et l’on fini par discerner que les techniques apprises découlent surtout de principes bien compris. Maîtriser ces principes permet de créer ses propres techniques, faire plus avec moins.
Ils auront enfin compris que ce que l’on apprends en stage avec le CEETS ne sert pas seulement si l’on se retrouve un jour en slip sur la banquise, mais dans la vie de tous les jours : des principes éprouvés dont le champ d’application est presque infini, une ouverture au changement pour s’y adapter en souplesse, voire incarner soi-même le changement. La survie, c’est beaucoup plus que la survie. C’est une attitude.
Luc Richard, moniteur en formation

Rations de survie, suite… mais pas fin !

Récemment j’ai participé au stage de niveau 1 des 14 et 15 octobre en Région parisienne avec la team de choc : Julien Imbert, Robin Cottel, Laetitia Barbier (futur monitrice de très grand talent !).

À cette occasion j’ai testé sur le terrain une des pistes initiée par Julien et David en R&D sur les rations de survie.

Résultat : très positif ! Ne pèse pas grand-chose, se conserve bien, goût appréciable, tient bien au corps, coût très nettement inférieur à ce qu’on peut trouver dans le commerce. Et je n’ai pas ressenti le besoin d’utiliser une seule fois mon réchaud du weekend.

Voici le cahier des charges initial :

  • pas cher à fabriquer ;
  • facile à cuisiner ;
  • bon ;
  • sain ;
  • qui tienne suffisamment au corps pour aussi être utilisé en situation dégradée si besoin;
  • d’excellente conservation ;
  • léger.

La recette de base est très simple. On mélange deux tiers d’une farine intégrale de céréales avec un tiers d’une farine intégrale de légumineuse. L’association céréales + légumineuses permet d’obtenir des protéines avec un profil d’acides aminées complet. La farine doit être intégrale afin de profiter pleinement des fibres et des minéraux qui disparaissent lors de l’opération de blutage.

On n’y rajoute pas d’huile afin d’éviter les problèmes dues au rancissement (peut-être à tester cependant dans le cadre d’une randonnée en grand froid ?).

On n’y ajoute pas de sel afin d’éviter d’une part, un besoin accru de consommation d’eau lors de la sortie (nourriture salée = besoin de plus d’eau pour la digestion), et d’autre part pour ne pas favoriser l’humidification naturelle des galettes au contact de l’air chargée d’humidité (le problème est le même avec les sucres, y compris les sucres naturels comme ceux contenus dans les raisons secs par exemple). Comme nous utilisons des farines complètes il n’y a pas de risque de manquer de minéraux (hors sortie très engagée par très grande chaleur). De toute façon, nous avons tous tendance à consommer beaucoup trop de sel, bonne occasion de faire mieux !

Dans ce mélange de farines, on ajoute le moins possible d’eau, de façon à obtenir une pâte épaisse et collante. On peut y ajouter, sésame, graines de tournesol entières, oignon sec, algues sèches, etc. Tout ce que l’on aime et qui est relativement sec et de bonne conservation, seule votre imagination aura une limite pour parfumer vos galettes.

On étale cette pâte en couche d’un demi-centimètre environ sur du papier sulfurisé et on enfourne à 120°C pendant, au strict minimum 2 heures, à chaleur tournante si vous en disposez. Il ne faut pas hésiter à les faire cuire plus longtemps si elles ne sont pas parfaitement sèches. Si elles commencent à brûler, baisser la température en-dessous de 100°C.

Lors de mes tests pour ce stage je m’étais confectionné un mélange à base de farine de blé, seigle, orge, pois jaune et sarrasin.  L’idéal est de faire ces farines soit même à partir de grains entiers à l’aide d’une machine à farine, ou même d’une floconneuse (le mélange n’a pas besoin d ‘être super fin comme une farine du commerce. On trouve graines et farines facilement dans les boutiques proposant des produits biologiques. Parmi les légumineuses, seule la lentille peut être moulue sans trop de difficultés à la maison cependant.

J’ai pu garder ultérieurement ces galettes jusque 2 semaines à température ambiante en automne, sans aucun problème. Je ne sais pas pour le moment s’il serait possible de les conserver davantage (bon OK, j’avoue…, en vérité je n’ai pas pu résister et j’ai fini par tout manger ! Trop bon …). Ça fera l’objet d’autres tests. Et elles m’ont été plus que suffisantes pour les deux jours de stage, sans ressentir de manque ou de faiblesse. J’ai pu vérifier également l’hypothèse de départ au sujet des besoins en eau qui augmente à cause de l’ingestion de trop de sel, car j’ai finalement beaucoup moins bu qu’habituellement tout en gardant une urine claire.

Pas de photos, désolée, mon appareil est un vieux machin qui a connu les dinosaures. Pour vous donner une idée, le résultat visuel de ces galettes n’est pas des plus glamour, genre du vomi qu’on a fait sécher au four… tant mieux, les copains n’ont pas l’idée d’en piquer !

Ces tests ont été faits sur une personne en bonne santé et sportive, dans un cadre protégé (celui des stages du CEETS), par un temps humide mais doux. Je ne saurais que trop conseiller à ceux qui souhaiteraient utiliser cette recette de commencer dans des conditions « faciles » et sécurisées afin d’observer d’abord les réactions de leur corps sans se mettre en danger. Et je serai ravie que vous nous fassiez part de vos résultats, positifs comme négatifs, dans les commentaires ou sur la page Facebook!

En fonction des éventuels retours je proposerai d’autres recettes « du baroudeur ».

Karine MARTIN

Fait : Stage de survie N2 en Haute-Saône, novembre 2017

Plutôt qu’un compte rendu long et ennuyeux rédigé par Julien ou par moi-même, laissons la parole aux principaux intéressés qui étaient présents lors de ce stage.

Après tout, c’est vous qui parlez le mieux de nos stages de survie !

Le CR de Fred :

« En ce beau Samedi matin de Novembre nous-nous sommes retrouvés tous les 7 sur le parking de la gare de Lure.

Arnaud, Aurélien, Fred, Hugues, Pierre et Julien & Guillaume.

La bonne humeur et l’esprit d’aventure étaient au rendez-vous également.

Après un court co-voiturage nous voilà partis pour un week-end forestier.

Rien de mieux pour débuter qu’un rafraîchissement sur les acquis du N1 : la règle des 3, CCVMD, RECC etc.

Et pour être sûr que tout le monde comprenne bien le CCVMD, nous avons débuté par un petit atelier « ludique ».

Et on y va pour monter son abri et démarrer un feu. Nous avons vite compris les effets sur l’organisation de son matériel (tous ces zip et autre cordons à défaire d’une main) et sur l’efficacité des gestes.

Les rappels de connaissances du N1 ont été poursuivis avec un objectif en tête: transformer ces connaissances en compétences.

Après avoir validé le contenu du fond-de-sac pour chacun, on a monté les abris de backup (tarp) et planqué dessous le reste du matériel dont, le sac de couchage.

Pour continuer sur les principes de navigation à la carte topo, nous avons mis en pratique la navigation à la boussole pour atteindre une fontaine. Au retour, quoi de plus sympa que d’évoquer notre prochaine nuit.

Guillaume et Julien nous ont alors expliqué comment allait se dérouler la nuit en nous proposant un agencement de couvertures de survies en binôme/trinôme.

Nous allions passer la nuit alternativement sur un tapis de feuilles ou un tapis de mousse avec comme protection, la couverture de survie tendue en abri et les seuls habits que l’on emmène normalement dans notre fond de sac et pour nous tenir au chaud : un feu qu’il va falloir alimenter toute la nuit.

Une fois ces explications données, il nous restaient environ 1h30 avant la tombée de la nuit pour :

  • Monter nos abris
  • Monter une table à feu

  • Collecter suffisamment de bois pour alimenter le feu pendant…. 7-8 heures

  • Collecter suffisamment de feuilles (on a abandonné l’idée de trouver des feuilles sèches) pour confectionner un tapis

Une fois tout en place rien de tel qu’une petite leçon de botanique sur les bienfaits nutritionnels des Plantin, Tussilage, Fraise des bois, Pissenlit, Ortie, graine de Faine et autre infusion de Sapin.

Nous avons (enfin) démarré la soirée autour du feu des instructeurs qui nous ont fait une démonstration mémorable de cuisine semi-improvisée : une tarte aux poivrons façon Tatin qui colle au fond et une tarte au citron qui cuisait à n’en plus finir.

Leur persévérance a payé et nous autres gagnions du temps sur le moment fatidique où nous devrions aller allumer nos feux respectifs.

Et pour nous oublier que nous ne mangions nous avons pris le parti de tester les infusions de Sapin.

Un peu après 23h nous-nous sommes donc installés dans nos abris et avons organisé les rotations, toutes les 2h pour maintenir le feu.

Comme prévu, vers 2h du matin la pluie s’est invitée et a duré toute la nuit jusque vers 8h30 environ.

Le challenge n’était pas tant de dormir car nous avions bien appliqué les principes du RECC et bien installé nos abris, mais c’était surtout de maintenir une bonne flamme permanente sans se retrouver à court de bois.

Vers 7h du matin le jour commençait à pointer et il restait suffisamment de braise pour faire du thé ou du café et de tout notre stock il en restait…1 bout de bois.

Cette épreuve fut une vraie réussite, un apprentissage qui nous en appris beaucoup sur nos capacités et sur le bienfondé de certaines paroles (son auteur se reconnaîtra): « pour faire un feu, soyez ambitieux et vicieux” .

La journée de Dimanche a été consacrée au perfectionnement de la pratique du couteau. Les techniques que nous avions testés comme des bourrins lors du N1, il fallait désormais les maîtriser.

Puis, la récupération d’une écorce de Bouleau pour la transformer en allume-feu et enfin, utiliser la technique du briquet à Silex pour créer une braise qui à son tour, permet d’allumer une boule de copeaux les plus fins possibles.

Mais entre-temps, une leçon de…. sieste, eh oui, pour nous convaincre des bienfaits d’un repos contrôlé et surtout pour nous mettre en bonnes conditions avant de reprendre la route le soir.

Et ce fut bigrement efficace.

La Communauté du stage de survie      N2 s’est séparée après un dernier débriefe et une promesse de se retrouver pour le stage de survie N3. »

Le CR d’Aurélien :

« Jour 1

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L’ensemble des participants se sont retrouvés au lieu de rendez-vous convenu et après vérification des matériels indispensables le covoiturage s’est organisé pour rejoindre la zone de stage.

Arrivé à destination chacun à pu faire une rapide présentation, organiser les sous-groupes (un binôme et un trinôme) avant de débuter le chemin vers notre « terrain de jeu » avec plusieurs haltes decrites ci-dessous :

  • Etalonnage du nombre de pas au 100m, un outil utile pour l’orientation/navigation
  • Révision des grands principes énoncés lors du stage N1 (règle des 3 / CCVMD / RECC / HSBC)
  • Mise en application du CCVMD avec l’exercice « VDM »
  • Les formateurs ont ensuite donner quelques conseils pour gagner en efficacité (technique du fagot« jeune, ambitieux et parfois vicieux », …)
  • Orientation (repérage en allant du plus grand au plus petit, lignes de niveau, prise d’azimut, ligne d’arrêt, erreur volontaire, …)
  • Traitement de l’eau : rendre traitable (décantation/filtration) puis traitement (chimique/thermique) >>> (toutes les infos ici)

Une fois le « terrain de jeu », le scénario de l’après-midi et de la nuit nous a été donné (nous sommes partis pour une rando à la journée et une situation nous oblige à dormir sur place avec le peu que nous avons dans notre sac prévu pour la journée). Le déroulement a été le suivant :

  • Préparation du fond de sac (reprise des principes généraux, et notamment le CCVMD)

  • Présentation abri pour la nuit avec un rappel sur le RECC (isolation du sol avec un tapis de feuille, structure de l’abri, …) et la sécurité nécessaire avec le feu (HSBC)
  • Mise en place abri (récupération d’environ un demi stère de bois, table à feu, …)
  • De la botanique pour voir avec quoi en situation dégradé on peut se remplir l’estomac (espèces communes, qualités nutritive, …) et les dangers existants (plantes toxiques, déjections d’animaux, …)

  • Débrief de la journée et discussion autour du feu

Nuit

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La nuit a été un moment de mise en pratique et d’expérimentation important (gestion du feu et du stock de bois, organisation des quarts de veille, …).

Guillaume et Julien sont passés à plusieurs reprises pour s’assurer que la nuit se passait bien pour chaque sous-groupe.

Jour 2

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Chaque sous-groupe a pu maintenir le feu en vie jusqu’à la fin de la nuit et ainsi à pu faire chauffer de l’eau bien utile pour la préparation du p’tit dej.

Le journée a commencé par un débrief de la nuit et la consommation de thé histoire de s’assurer de la bonne hydratation de chacun puis s’en est suivi le démontage du « campement » et la « remise en état » du lieu (leave no trace).

Ensuite nous avons travaillé à apprendre à faire du feu, non plus à partir d’une flamme et d’un allume feu mais à partir d’une flamme seule, d’étincelles et enfin d’une braise. Pour en arriver là nous sommes passé par les étapes suivantes :

  • Collecte de bois bien sec (mort sur pied/résineux/…)
  • Utilisation en sécurité du couteau (gant, sens de coupe, lame calé sous le genoux, …)
  • Destruction de 2 Mora ;)
  • Réalisation de copeaux (angle, force, rotation, dimension des copeaux, …)
  • Usage du firesteel pour allumer à partir d’étincelle
  • Ecorce de bouleau/amadou/bois gras/…
  • Le grand final avec l’utilisation du briquet à percussion, du coton carbonisé, d’un mélange de copeaux ultrafin et plus épais et des gaz de pyrolyse :).

Ce grand atelier a eu le droit à un entracte salvateur (repas et sieste).

La journée s’est terminé par le débrief de la journée et celui de la formation, nous étions tous unanimes quant à notre satisfaction sur le déroulement du stage et les bons moments passés.

Points forts

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Sur le plan formel, le CEETS rempli son contrat en respectant le programme de formation annoncé :)

Sur un plan plus subjectif (et vu le debrief final des participants, l’avis est sans aucun doute partagé) apprécié le coté non directif et non infantilisation de la formation. J’ai le sentiment d’avoir passé un week-end avec des potes très expérimentés dans le domaine et qui nous partageais leurs connaissances sous formes de conseils et qui veillaient sur notre sécurité. Plein de bienveillance donc :)

Guillaume et Julien on su gérer ce stage en grand professionnel et en bon pédagogue, en respectant chacun et en démontrant à plusieurs reprises une forte détermination à réussir (même avec les firesteel les plus récalcitrants ;))

Merci à tous pour ce weekend ! De bons souvenirs et vivement le stage de survie N3 ;) »

Fait : Stage de Survie N2 dans le Pilat(42) les 11 et 12 Novembre 2017

Toutes les photos de cette article ont été prise lors du stage par Guillaume H.  Merci à lui.

Il n’y a jamais deux stages identiques. Bien sûr le CEETS a à cœur de peaufiner les contenus de ses stages et de transmettre une base  identique quelque soit le lieu et le profil des encadrants.  Mais comme on adapte en temps réel au groupe, à la météo. Du coup jamais deux stages identiques…

Et puis il y a l’immuable, ce qui ne change pas d’un stage à l’autre surtout dans le Pilat! C’est ce micro-climat ultra pédagogique, pluie, neige, vent, humidité, fourchette de t°c entre -1°c et + 1°c. Le genre de chose qu’il ne faut pas dire quand tu veux attirer du monde avec une arrière pensée commerciale touristique MAIS que tu revendique haut et fort quand tu bosse au CEETS et que tu sais à quel point à la sortie d’un tel week-end tes stagiaires ont fait un bon en avant, vécu une expérience vraiment utile…

Alors oui, cette année encore, de la part de François organisateur de ce stage qui nous a trouvé ce spot et de Chris descendu de ses Pyrénées pour l’occasion, FÉLICITATION à notre groupe de stagiaire.

Félicitations pour avoir appliqué les principes malgré les difficultés, vous être plié à nos mises en situation régulières, avoir maintenu votre centre masse à 37°c pour continuer d’accumuler les infos dispensées, avoir « passé » la nuit sans sac de couchage.

Vous êtes tous, là, réellement outillé pour réagir efficacement pour vous et votre entourage à un soucis de type bivouac d’urgence…

Du coup François et Chris content, François et Chris remettre ça l’année prochaine, même endroit, même période ;)

Programme des stages de survie Niveau 2 et autres dates :

Stage de survie niveau 2

 

 

Quelle nourriture emmener en randonnée ?

Savoir choisir sa nourriture lorsque vous partez en randonnée et que vous devez la transporter sur votre dos n’est pas toujours chose facile.

Je vais vous fournir dans cet article les bases pour préparer vos rations journalières de façon pragmatique et efficace. Utilisable lors de vos sorties comme dans un stage de survie au CEETS.

Lorsque vous préparez votre stock de nourriture avant de partir en randonnée, vous devez avant tout :

  • Maximiser l’efficacité nutritionnelle de chacun de vos repas en termes d’apports caloriques,
  • Minimiser le poids et le volume de chacune de vos rations alimentaires.

Ces deux paramètres essentiels s’articulent autour de 4 règles que vous pouvez adapter à vous, vos habitudes alimentaires et vos pratiques :

Je mettrais une de mes dernières listes de bouffe en fin d’articles pour illustrer l’article.

Règle N°1 : Connaître ses besoins nutritionnels quotidiens en Kilocalories (Kcal)

Connaître ses besoins quotidiens en apports caloriques est un paramètre très important, car il va conditionner votre capacité à fournir un effort, à récupérer de votre journée de randonnée, et à reconstituer vos réserves énergétiques pour être d’attaque le lendemain.

Si votre apport calorique est trop faible, la fatigue va rapidement vous ralentir et votre régulation thermique sera moins efficace.

Résultat : en enchaînant les journées de randonnée, en fournissant l’effort conséquent que représente la marche avec dénivelé sans compter le poids du sac sur votre dos, votre condition physique et mentale se dégradera.

Vous souffrirez d‘inconfort thermique la nuit dans votre sac de couchage (en clair, vous aurez froid), et chaque matin, vous vous sentirez de plus en plus fatigué et faible.

Donc pas la peine de rogner sur vos apports caloriques nécessaires à votre bonne condition physique dans le but de vous alléger à tout prix, sans bien peser le pour et le contre !

Sauf si vous connaissez très bien vos besoins et votre métabolisme, que vous êtes prêts à vous rationner et à tirer un peu sur la corde… dans le but de prendre d’assaut la première pizzeria que vous trouverez à votre retour à la civilisation !

Trouver le bon équilibre calorique se fait sur la durée, en pratiquant et en expérimentant. Un conseil : chaque jour, prenez des notes sur votre ressenti. Avez-vous trop mangé ? Pas assez ? La ration était-elle suffisante ? Vous pourrez ensuite vous replonger dans vos notes avant un prochain départ en randonnée afin de ne pas reproduire certaines erreurs…

On trouve facilement sur internet des calculateurs en besoins caloriques qui peuvent vous aider à avoir une idée rapide de vos besoins sans passer par de longs et laborieux tests. Il suffira ensuite d’affiner. La formule utilise en général l’âge, le poids, l’activité, la taille.

Règle N°2 : Connaître l’équivalent calorique en poids d’un aliment

Gardez en tête que 100g de nourriture doit vous apporter au minimum 500 Kcal.

Je mixe la règle N°1 et la N°2 : si vous avez besoin de 3000 Kcal par jour,vous devez porter 600g de nourriture, soit 200g de nourriture par repas.

Voilà, ceux qui sont pressés ont leur principe de base pour filer au supermarché ou au magasin bio du coin ! Pour les autres on va creuser un peu plus…

J’aime ce calcul car il marche tout le temps, quand je suis pressé, fatigué, déshydraté, loin de mon magasin préféré…On peut l’appliquer de façon brute, afin d’éviter de se laisser aller à la dérive et rajouter un peu de ça qui a l’air si bon et finir de vider dans son Ziploc ce fond de muesli et ainsi foirer complètement notre quête d’allégement alimentaire !!! « et ça tu le prends pas »… « oh !!! si aller c’est pas pour quelq… » Non, bordel ! On a une règle mathématique et on l’applique.

Petit rappel :

  • 1 g de glucide = 4Kcal
  • 1g de protéine = 4Kcal
  • 1g de lipide = 9Kcal

Vous allez devoir lire les étiquettes nutritives de chaque produit alimentaire convoité. Vous allez y passer un peu de temps au début, mais ensuite vous connaîtrez un large panel de possibilités que vous pourrez adapter à vos envies du moment.

530 kcal pour 100g pour du chocolat au lait. J’en prend minimum une tablette de 100g par jour.

Quels aliments sont bons pour la randonnée ?

Il y a les classiques, le chocolat qui dépasse facilement les 500 Kcal /100g, les fruits à coques (amandes, noisettes, noix de cajou, noix de macadamia, noix tout court…) qui contiennent entre 600 et 700 Kcal /100g.

Les chips de pomme de terre et les tranches de bananes frites représentent également un bon rapport poids / calories. Pour résumer, n’écoutez pas les nutritionnistes : l‘alliance lipide/glucides, c’est exactement ce qu’il vous faut !

L’erreur à éviter : n’emporter QUE du beurre (j’ai des noms !) en pensant qu’on a tout compris au mathématiques et que 100g = 900 Kcal et que le monsieur il a dit «on a une règle mathématique on l’applique, bordel ! »… Croyez-moi, 3 repas par jour juste à base de beurre et bien ça pèse un peu sur la digestion et le moral…

En revanche vous pouvez lisser notre calcul savant en emportant de la purée en flocon (350 à 400 Kcal / 100g) et du beurre salé dans une petite boîte hermétique qui vous apportera environ 750 Kcal / 100g. Vous voyez l’idée ?

En suivant cette règle n°2 vous pourrez manger de bonnes choses efficaces d’un point de vue nutritionnel, ou seulement efficaces en apport d’énergie et en poids transporter avec parfois un peu de monotonie… ben oui !

Règle N°3 : N’emporter en randonnée que des aliments secs ou déshydratés

Inutile de transporter en plus de l’eau de boisson l’eau contenue dans les aliments ! Vous pourrez toujours réhydrater vos aliments au moment de leur préparation avec de l’eau que vous aurez puisé sur le terrain.

L’eau contenue dans certains aliments peut représenter 80% de leurs poids, et bien plus dans certain cas. Pour 3 litres de lait, vous préférez transporter 3 kilos de lait liquide ou 300g de lait en poudre ?

Exit donc les raviolis en conserve, le coq au vin dans son bocal en verre ou la soupe de potirons en brique !

Règle N°4 : Gérer le conditionnement des aliments en randonnée

Qui dit gérer le conditionnement des aliments, dit anticiper la production de déchets. Avant de partir en randonnée, débarrassez-vous des contenants inutiles (emballages plastiques divers) ou rigides.

Reconditionnez vos aliments dans des Ziplocks : ils sont solides, étanches, ne pèsent rien et au fur et à mesure que vous les viderez, ils prendront moins de place dans votre sac de randonnée.

Amusez-vous à peser vos déchets à votre retour, c’est toujours instructif… et prenez des notes pour faire mieux la prochaine fois !

Quelques conseils supplémentaires sur la nourriture en randonnée

  • Veillez à avoir un équilibre entre base salée et sucrée, quelques soient vos attirances alimentaires habituelles. Une fois sur les chemins il se passe plein de choses au niveau métabolique, les besoins changent, on s’acclimate. Le sel est indispensable pour pouvoir remplacer celui évacué par la transpiration pour palier au problème de déshydratation. Le sucre sous toute ses formes est un carburant efficace pour l’action comme pour la récupération.
  • Essayez de rester simple lors du choix de vos aliments, ça vous laisse plus de possibilités d’adaptation. Un plat tout prêt ne vous permet pas comme des flocons de purée ou du riz de l’adapter à votre envie du moment : salée, sucrée, nature…
  • Évitez les surprises alimentaires, ce n’est pas le moment de découvrir une nouveauté qui passera mal (en termes gustatifs comme nutritifs) perdu au milieu d’un orage…
  • Prévoyez au moins un repas ultra simple à préparer. Dans ce cas, le plat lyophilisé trouve sa place en cas de grosse fatigue après une longue journée de randonnée…
  • Prévoyez qu’une part de vos aliments n’aient besoin de rien comme ajout ou préparation pour être consommé. Le top étant de savoir que vous pourrez manger quelque chose de froid, de chaud, réhydraté ou pas, toujours pour pouvoir pallier à des soucis de parcours (pas assez d’eau pour cuisiner, plus de gaz, brûleur en panne, grosse flemme ou fatigue).
  • Prenez des vitamines, même si les risques de carence sont faibles sur des durées courtes à moyennes et que sur les séjours plus longs on finit toujours par se ravitailler. Mais comme vous allez fournir un effort peu habituel dans le cadre votre randonnée, je recommande de fournir tout ce qu’il faut à la machine…
  • Attention au temps de cuisson de certains aliments (riz, lentilles…), soupe etc… Surtout si vous transportez l’énergie nécessaire à leur cuisson (gaz, essence, alcool…). Sachez qu’il existe des aliments précuits et déshydratés (riz, quinoa).
  • Je prends toujours des aliments que j’adore manger et des choses moins bonnes. C’est important de pouvoir manger quelque chose de bon suivant les conditions (nourriture de réconfort), mais être sûr d’avoir quelques chose qui va traîner au fond du sac si on est trop gourmand !).

Voilà ! Avec ces 4 règles de bases et mes conseils mûris avec mon expérience sur le terrain, vous êtes maintenant en mesure de prépare rvos rations alimentaires pour une randonnée, en fonction de vos besoins, de vos goûts et de vos habitudes alimentaires.

Vous pouvez reproduire mes conseils de manière très radicale pour arriver à une efficacité énergétique et un poids très bas au détriment du plaisir de manger, ou vous accorder des marges, tricher un peu sur la règle N°2 pour ne pas être d’une humeur fracassante sur les sentiers !

Dans une prochaine partie on creusera un peu certains points vus plus haut. D‘ici là bonne préparation, hydratez–vous et prenez des notes !

Mon menu de randonnée

Comme promis sur ma page Facebook je vous partage ce que j’ai emporté avec moi lors de ma dernière randonnée. Cette liste de nourriture vaut pour 10 repas (je précise qu’une fois sur le terrain je mange quand je veux et comme je veux, ma seul préoccupation c’est d’avoir ma ration calorique journalière).

avant le départ

La météo prévue pour ma randonnée n’était pas top avec chute de température et petite chute de neige. J’ai donc compensé ces conditions météo plus fatigantes en augmentant mon apport calorique : 3000 Kcal / jour, soit 1000 Kcal / repas.

  • 100G de quinoa précuit <> 355 Kcal
  • 200g de chips de pdt <> 1 080 Kcal
  • 185g de Balisto (10 barres) <> 930 Kcal
  • 550g de muesli<> 2623 Kcal
  • 80g chocolat en poudre <> 692 Kcal
  • 125g purée flocon <> 453 Kcal
  • 200g de crakers bio <> 910 Kcal
  • 254g de pavé au poivre <> 990 Kcal
  • 130g biscuit petit beurre <> 639 Kcal
  • 300g de chocolat au lait <> 1665 Kcal
  • 60g de beurre salé <> 435 Kcal
  • 194g soupe en poudre <> 640 Kcal

Total : 2578g pour 11 412 Kcal !

Au final, j’ai eu un excédent de 1412 Kcal par apport à mes prévisions théoriques. Cela me laisse le choix de virer facilement un peu de bouffe ou de me dire que je peux passer une nuit et un petit déj léger de plus dehors…

Une photo qui date de 2009. J’y trouve un déséquilibre entre base sucrée et salée. Il manque des matières grasses et des protéines. Typiquement une ration ici pour 4 jours et 3 bivouacs où j’ai été très en dessous de mes besoins. Grosse grosse fringale au retour au véhicule ;)

Photo de 2009

Fait : Formation et randonnée muletière dans les Pyrénées du 24 au 28 Juillet 2017

Petit retour sur cette première collaboration entre ARTAHE Voyage Muletier et le CEETS spécialiste de la formation en milieu naturel.

-L’idée était de proposer une formation itinérante sur 5 jours.

-L’objectif : faire le tour du Pic du Montaigu et délivrer un contenu pédagogique permettant d’acquérir de l’autonomie en moyenne montagne estivale.

Passage d’un col…

Pour ce faire nous avons mis sur pieds une caravane muletière conduite par Delphine.

Ainsi les mules assuraient le transport du matériel de bivouac et de la nourriture et la muletière gérer le tout en plus de nous mitonner des repas mille étoiles au guide du vadrouilleur des montagnes…

Repas type Afrique du Nord, merguez, michouia, olive cassée, torchi tunisien… voyage sur le terrain, voyage des saveurs…

Résultat, une bien belle Aventure (noté le A majuscule), tant sur le plan humain que sur la gestion sur le terrain.

La météo nous a épargné que de la neige et de la grêle, le parcours a demandé des ajustements en temps réel pour pouvoir faire passer les mules, demandant l’abandon d’un point de bivouac lorsque la caravane s’est retrouvée dans le brouillard à chercher un passage moins technique…

Petit déjeuner…

Très bon exercice pour démontrer le non attachement au plan de départ et de basculer sur le plan B.

Au final, objectif atteint avec mise en situation de pas mal de principes prévus au programme.

Point carte. L’orientation surement le module le plus travaillé.

Delphine, Robin et moi même remercions chaque stagiaire pour leur implication active dans la vie de la caravane, leur bonne humeur et leur appétit pour apprendre et découvrir.

Un grand merci aussi pour le partage des photos.

Cette Aventure sera reconduite en 2018.

 

Fait : Randonnées Sauvage dans les Vosges

« De toute façon vous vous êtes clairement tapé la pire météo du mois ». C’est sur ces paroles enjôleuses qu’Olivier Pohl, notre AMM favori à entamé la descente qui devait nous ramener à la civilisation, après une semaine à explorer le massif vosgien.

« Et avec le sourire ! »

Le sourire c’est celui que donne la satisfaction d’évoluer dans la nature lorsque l’apprentissage se fait doucement, au rythme de chacun, et que le groupe devient capable d’accompagner les éléments et de s’y adapter. Ce sourire, c’est celui que l’on a lorsque, de fait, on se sent capable de profiter pleinement de tout ce que les montagne vosgiennes peuvent nous proposer. Le soleil et les pâturages, les lacs, les forêts, mais aussi la pluie le vent, les dénivelés qui, petit à petit familiers, deviennent alors de magnifiques spectacles à contempler, et les récompenses de notre progression personnelle.

Durant cette randonnée d’apprentissage, 6 stagiaires ont appris les bases de la survie. Ils ont surtout appris à ne pas y être confronté : par une approche raisonnée dans la gestion de leurs besoins et de leurs capacités, par l’acquisition des compétences leur permettant de vivre confortablement sur le terrain. Abris, feu, gestion de l’eau et de l’effort.

Hôtel 4 étoiles

Pour la partie plaisir, c’est du coté de la gastronomie de terrain que certains choix stratégiques ont été faits. Au menu : pizzas au feu de bois, hachis de légumes, risotto aux girolles bushcraft et son parmesan, tarte au citron de survie en dessert…

Petit hachis de légumes…

Parce qu’il faut savoir prendre le temps de nourrir également son esprit en gourmandises locales, notre AMM du cru a su prendre le temps de faire découvrir la riche histoire de ces montagnes de leur genèse aux tourments de la guerre qui les ont façonnées.

Forêt enchantée

La perfection est imparfaite, sinon on s’y ennuie. Merci, les Vosges pour votre rigueur climatique et pédagogique mais aussi pour vos charmes millénaires. Merci à vous, stagiaires, sans qui ce stage n’aurait pas été le même. On revient l’année prochaine.

 

 

Stage de survie niveau 2 CEETS

Fait : stage de survie N3 en Haute-Saône

C’est sous une chaleur estivale que nos joyeux lurons ont décidé de relever le défis du stage de survie N3.

Si les « fonds de poches » étaient similaires, puisque répondants à notre fameuse « règle des trois » et au C²VMD, les abris ont permis, eux, de libérer toute la créativité qu’il y a en chacun de nous.

Voici un rapide aperçu des abris confectionnés lors de ce stage :

Ajoutez par là-dessus un approfondissement des techniques d’orientation et de navigation, de traitement de l’eau, de feu, etc. Et vous avez là un programme dense certes, mais qui permet de « boucler la boucle » de nos stages de survie.

Merci à toutes et à tous pour votre implication, vos sourires et votre bonne humeur,

Guillaume

Chaussures de randonnée : tiges hautes ou tiges basses ?

Une étude sur l’influence du chaussage dans les traumatismes de chevilles en randonnée pédestre entre 2013 et 2014, par Mickael PECOLLET, montre « qu’on ne retrouve pas d’influence de la hauteur de la tige de chaussure sur les lésions ostéo-articulaires de la cheville en randonnée pédestre. » (voir article)

Depuis le temps qu’on le dit… ;).

these-tauma-cheville

Stages de survie et vie sauvage : Le CEETS offre des stages de survie de grande qualité technique et pédagogique depuis 2003. Moniteurs en France, Suisse et Belgique.

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