Archives de catégorie : Textes & documentation survie

Chaussures de randonnée : tiges hautes ou tiges basses ?

Une étude sur l’influence du chaussage dans les traumatismes de chevilles en randonnée pédestre entre 2013 et 2014, par Mickael PECOLLET, montre « qu’on ne retrouve pas d’influence de la hauteur de la tige de chaussure sur les lésions ostéo-articulaires de la cheville en randonnée pédestre. » (voir article)

Depuis le temps qu’on le dit… ;).

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Kit premiers secours =/= bobologie

Kit 1ers secours =/= bobologie !!!

Le kit premiers secours

Le kit premiers secours sert à sauver des vies là où les secondes comptent.  Pour ce faire, il doit être aussi épuré et efficient que possible, et contenir uniquement les outils utiles pour les urgences absolues.

A titre d’exemple, le kit que j’ai avec moi tous les jours contient :

  • trois paires de gants en vinyle placés au-dessus, en premier accès
  • un tourniquet tactique avec son stylo feutre indélébile (pour écrire l’heure);
  • deux pansements compressifs israéliens ;
  • une « gazeuse » de ventoline (plusieurs asthmatiques graves dans mon entourage, sous ordonnance) ;
  • un masque pour la RCP ;

Et c’est tout.  Parfois j’y ajoute un epipen (pour les fortes réactions allergiques). Sous ordonnance aussi.

Ce kit sert à arrêter un saignement massif, ou rétablir la ventilation.  Tout ce qui est dedans sert à gérer des trucs qui tuent en trois minutes ou moins (voir la désormais célèbre « règle des trois » du CEETS).  Et quand il s’agit de bloquer le saignement d’une fémorale qui pisse, je n’ai pas de temps à perdre à chercher mon garrot au milieu des paracetamols, antidiarrhéiques et pansements anti-ampoule.

D’ailleurs, pour les sorties à la journée, je ne prends jamais toutes ces merdouilles, et je garde uniquement l’essentiel, sachant quesi je me fais un petit bobo, je peux simplement rentrer…

Le kit bobologie

Pour les sorties plus longues ou les voyages, j’ai en revanche un SECOND kit qui est un intermédiaire entre le kit de premiers secours et la trousse de toilette : mon kit « bobologie » où j’ai tous les trucs de confort : analgésiques, désinfectants et pansements pour les petites plaies, steristrips, ciseaux à ongles, pinces à échardes, collyre…  tous ces petits trucs qui changent vraiment la vie et préviennent les gros ennuis quand on est à plusieurs jours du premier toubib avec les mains propres du coin ;)

J’y mets aussi des gants, mais surtout parce que j’aurai moi-même les mains sales, et que ça me permettra de limiter le risque infectieux en soignant mes bobos comme ça…  (en admettant que je ne puisse pas me laver les mains, quoi).

Donc, en clair, DEUX trousses à pharmacie.  Une pour les trucs urgents, qui va droit à l’essentiel, et une autre pour les petits bobos et le confort.

Faites tourner ;)

David

P.S.: Rendons à César ce qui est à César : c’est Arnaud B., « médic en milieu pas complaisant » (sic), qui m’a remis cette astuce en tête.  Depuis des années je laissais le kit bobologie à la maison faute de vouloir mélanger les trucs urgents du reste.  Maintenant j’ai les deux strates pour les voyages plus engagés, et ça m’a servi encore il y a peu.  Merci m’sieur ;)

 

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Mon tryptique pour l’équilibre – par Pierre C.

Derrière ce titre, j’ai voulu évoquer les trois éléments dont j’ai besoin de manière simultanée afin de vivre pleinement…tout simplement.

Avant de vivre ainsi, j’avais je pense déjà une vie saine. Dans une logique de développement et d’épanouissement personnel, j’ai voulu aller plus loin. J’ai commencé par des lectures diverses et variées, afin d’avoir une base de connaissances. Ensuite, j’ai fourni un effort afin de rassembler les morceaux pour obtenir un puzzle cohérent et bien monté.

Ces trois éléments sont

  • l’alimentation paléolithique,
  • le sommeil polyphasique et
  • l’entrainement physique.

Chacun pris individuellement a très sans doute des qualités. Cependant, je pense qu’il est possible de maximiser les bienfaits de chacun, si on les assemble de la bonne manière

Le régime paléolithique

Définition 

Une définition succincte et partielle, mais un peu « rigoriste » serait :

Manger ce que nos ancêtres chasseurs-cueilleurs pouvaient trouver de façon naturelle et spontanée dans leur environnement. De manière intuitive, il s’agissait et s’agit [encore] de manger ce qui permet à notre organisme de fonctionner de manière optimale en toutes circonstances dans un environnement donné. On privilégiera systématiquement les produits bio, de saison, et les moins industrialisés possible.

Bienfaits sur la santé 

  • réduction des maladies auto-immunes et prévention des maladies telles que cardiovasculaires, diabète, arthrose, ostéoporose, etc…,
  • réduction du taux de « mauvais cholestérol » et de la tension artérielle,
  • réduction de la masse grasse,
  • augmentation de la masse musculaire,
  • meilleure répartition énergétique tout au long de la journée : aucune sensation de faim dans la journée, absence de coup de fatigue, capacité à fournir un effort soutenu sur longue période,
  • amélioration de la capacité de récupération,
  • capacité à aisément sauter un repas tout en continuant une activité

 

Principes de fonctionnement 

Historiquement, la ventilation nutritive qui suit était fortement influencée par le lieu de vie et le climat (un eskimo ne peut pas manger la même chose qu’une personne sur une île tropicale par exemple). Les chiffres mentionnés sont donc une moyenne, faite indépendamment du milieu de vie. Les proportions pouvant varier d’une personne à l’autre selon sa rigueur à suivre le régime et ses goûts

  • 20-25% de glucides
  • 30-35% de protéines
  • 40-50% de lipides

A voir ces chiffres, on peut penser qu’il y a beaucoup de graisses (lipides). Cela est vrai. Cependant, la considération de ce seul chiffre n’est pas pertinente. Il faut donc la mettre en balance avec la proportion de glucides (sucres). Plus ou choisi de manger des glucides (fruits, etc…) moins on devra manger de lipides, et réciproquement.

 

Les aliments autorisés, à consommer avec parcimonie, à supprimer

Les trois listes suivantes ne sont pas exhaustives, et servent uniquement à donner un cadre.

Les aliments autorisés et à volonté

  • Toutes les viandes (de préférence maigres et bio, qu’elles soient rouge ou blanche, volailles),
  • Fruits de mer et poissons (par rapport à ces derniers, on tentera de manger régulièrement du saumon / thon / maquereau afin de maximiser les apports lipidiques et protéiques),
  • Œufs,
  • Fruits (bio et de saison, surtout frais) et légumes (bio et de saison, pauvre en amidon),
  • Oléagineux (amandes, noix, noisettes, tournesol, de cajou, de pécan, etc…),
  • Huiles vierges (donc non pressées à froid),
  • Epices et herbes aromatiques (thym, safran, cannelle, gingembre, etc…).

 

Avec parcimonie

  • Fruits séchés,
  • Thé, café, alcool
  • Huiles pressés à froid,
  • Avocat.

A supprimer (ou à éviter le plus possible, dans la mesure du possible)

  • Les céréales / produits céréaliers / légumes riches en amidon (pain, viennoiseries, pâtes, blés, avoine, épeautre, riz, pomme de terre, manioc…). On pourra faire une « exception » relative au riz basmati car pauvre en amidon. Idem s’agissant du sarrasin,
  • Les légumineuses (pois chiches, lentilles, fèves, etc…),
  • Produits laitiers,
  • Produits transformés et industriels,
  • Aliments [trop] salés,
  • Les sucres en règles générales (blanc…),
  • Boissons industrielles.

 

Mon expérience de cette diète

Avant toute chose, je précise que malgré l’existence d’une définition assez arrêtée du régime, aussi bien dans la littérature scientifique que sur le net, je ne le pratique pas à 100%. En proportion, je serai plutôt dans du 80/20, ce qui ne nuit pas à l’efficacité de la diète, tout en la rendant beaucoup plus souple, comme le suggère M. Sisson. Comme en toutes choses, l’optimal n’est jamais dans les extrêmes, mais dans la bonne intelligence et la juste proportion. Selon moi, il ne faut pas perdre de vue deux considérations fondamentales :

  • Le plaisir
  • Les objectifs

En effet, l’idée de se mettre à ce mode d’alimentation avait ce double objectif. Certes, je n’ai jamais eu de « mauvaises » habitudes alimentaires. J’ai toujours évité comme la peste les produits industrialisés, transformés, etc… . De plus, j’ai toujours favorisé le bio et de saison.

Cependant, lorsque j’ai commencé à creuser le sujet et vu les potentielles améliorations sanitaires ou performances athlétiques, juste en changeant son alimentation, j’ai eu envie d’essayer.

 

Mes exceptions et la notion de plaisir

Si on se réfère à la liste plus haut des aliments « interdits », il ne faut pas manger de produits laitiers ni de fromage. J’avoue avoir beaucoup de mal avec cette règle. En effet, d’une part j’aime le fromage, qu’il soit de vache ou bien de chèvre / brebis. D’autre part, mon corps, en tous cas pour le moment, le tolère parfaitement. C’est-à-dire qu’il ne génère pas chez moi de quelconque problème de digestion ni d’inflammation. On pourrait croire que du coup, les apports en calcium deviennent inexistants. Le palliatif est de manger en abondance des légumes verts. Ces derniers en contiennent en quantité, les choux en particulier. Les fromages constituent également une bonne source de graisses, donc d’énergie, dès lors qu’on les mange au bon moment de la journée, mais nous y reviendrons par la suite.

Ensuite, le régime crie haro sur les légumineuses et céréales. Là encore, si on est vraiment rigoureux, il ne faut pas en manger, exception faite du riz basmati. Personnellement, j’en consomme lorsque je sais que je vais avoir à fournir un effort de longue durée sans pouvoir m’alimenter. Ainsi, j’en mange souvent la veille d’une course à pieds ou bien d’une longue journée de bricolage. Bref, avant une activité physique orientée endurance.

Voici donc mes principales entorses dites « régulières » au régime. Dans la mesure où ces dernières ne sont pas non plus quotidiennes, le non-respect de ces règles n’entrave en rien mes « performances ».

Lors de repas de famille, d’affaire ou que sais-je, on ne peut cependant pas toujours choisir ce que l’on mange. Il ne faut pas non plus focaliser et verser dans l’intégrisme du paléo. Comme je l’ai dit, une entorse n’est en aucun cas dramatique. Avec le temps, on apprend à faire la part des choses entre « je peux » « je ne peux pas » « je peux de temps en temps ». On prend du recul et on vit mieux. Lorsque j’ai commencé, j’ai vraiment essayé d’être à 100%. Très vite, on se sent étouffé par les contraintes. On peut même en venir à ne plus apprécier un bon moment autour d’une bonne fondue savoyarde entre amis… Après quelques mois, ce problème n’existe plus, fort heureusement !

 

Comment j’ai modifié mon hygiène alimentaire…

Pour moi, la vraie rupture a été de freiner ma consommation de féculents (pâtes, riz, quinoa, blé, boulghour). Hormis mes repas d’exception, j’en mangeais souvent avant, car j’avais un régime quasi méditerranéen. Dans des cas comme celui-ci là, ma politique a été de réduire progressivement afin de ne pas créer une sorte de manque. J’ai commencé par réduire non pas le nombre de repas à féculents, mais la quantité à chaque fois. Puis, après un certain temps, quand j’ai senti que je pouvais encore réduire, j’ai fait moins de repas avec féculents. Désormais, j’en mange uniquement en prévision d’une activité.

 

en fonction de mes objectifs

Qu’il s’agisse de paléo ou non, il faut toujours veiller à avoir un apport de protéines suffisant pour au moins maintenir sa masse musculaire. L’idée était autant d’améliorer mes capacités d’endurance que de force.

Ainsi, je porte une attention particulière à avoir au moins une source de protéines par repas. Si j’ai faim plus que d’ordinaire, la quantité peut monter. Il peut s’agir de volailles (dinde, poulet…). Une infinité de préparations existe afin de systématiquement modifier les goûts et couleurs et ne pas s’ennuyer. On ne fera pas ici un recueil de recettes, mais on peut facilement agrémenter avec des sauces à la noix / huile de coco / olive / tomates / curry et j’en passe.

La même logique s’applique pour les viandes blanches, telles que le porc, veau lapin, canard, etc… et les viandes rouges comme le bœuf.

Les poissons ne sont pas à négliger, pour peu que l’on aime naturellement. Ainsi, je mange beaucoup de thon, de saumon et de maquereau. Il s’agit là de poissons à la fois gras et riches en protéines, mais je ne me prive jamais d’en manger d’autres, même s’ils sont moins intéressant nutritivement !

La partie « performance physique » située plus bas le développera plus en détail, mais je tenais à manger suffisamment afin de gagner en puissance. Par ici, j’entends être capable de soulever, pousser, tirer plus lourd et plus longtemps. Avec le recul, je me rends compte que mes performances stagnaient depuis un long moment. Seulement quelques semaines après le début du régime, j’ai vu mes aptitudes grandir d’un seul coup…sans rien changer dans mon entraînement !

Comme évoqué dans mes exceptions, je n’hésite pas à manger une quantité parfois non négligeable de riz ou de pâtes dès lors que je sais que je vais en avoir besoin par la suite. Si comme moi on considère ce régime à des fins purement utilitaristes du type : « je mange ce dont j’ai besoin en fonction de mon activité », alors il n’y a aucun scrupule à avoir pour tricher de temps en temps.

De fait, j’ai pu constater que désormais, je peux courir 1h30 entre 10 et 12km/h sans forcer particulièrement, tout en récupérant assez vite pour être capable de le refaire le lendemain, ne pas avoir de courbatures ni de sensation de faim ou fatigue durant la journée.

S’agissant des graisses, donc de l’énergie, je cuisine beaucoup à l’huile d’olive ainsi qu’à l’huile de colza, de tournesol. En effet, l’idée est de toujours chercher un bon ratio oméga 6 / 3. Bien souvent, une simple huile d’olive avec des herbes aromatiques suffit largement à mon accompagnement. Les choses simples sont souvent les meilleures !

 

Le sucre…une maladie moderne

J’ai ensuite noté une modification de ma perception du sucre, et aussi de mon goût en général. Très rapidement, on arrive à avoir une perception plus fine des différents goûts de chaque plat. Grosso modo, on a le palais plus fin. La contrepartie de ne plus manger de sucres « du tout », même si on en mangeait que très peu au départ, est qu’ils deviennent écœurant dès que l’on doit en manger. Ainsi, lors d’un repas de mariage, manger de la pièce montée est pour moi une épreuve, de même qu’un pain au raisin lors d’un pot de départ au bureau, etc…

Cela n’est que mon ressenti, mais il faut aussi prendre en compte que je n’ai jamais été très bec sucré non plus. Cela doit sans doute avoir son importance.

D’une façon générale, la réduction drastique de sucre (pâtisseries, etc…), exception faite de ceux apportés par les fruits, conduit à ne plus jamais avoir de « coup de pompe ». Le sucre donne peut-être un coup de fouet pendant une demi-heure, mais la régulation de la glycémie aidant, la fatigue revient tout aussi vite, ce qui fait que l’on n’y gagne rien.

Au final avec le paléo, on a tout le temps le même niveau d’énergie, quelles que soient les conditions.

S’agissant de l’alcool, j’en buvais déjà très peu avant de commencer le régime. A ce niveau, cela n’a pas changé. Je ne dis pas non à un verre entre amis ou bien famille, de temps en temps.

Je consomme par contre fréquemment du thé et du café, principalement au bureau. Il ne s’agit pas spécialement d’une nécessité alimentaire ou nutritive. Il s’agit simplement du fait que j’en aime le goût.

D’ailleurs, un moyen de combiner, sans sucre, un effet énergisant de court-terme et de long-terme, est le « café-gras ». Il suffit de rajouter de l’huile de coco ou bien du ghee dans la boisson. J’ai pu observer que si on souhaite sauter le petit déjeuner (dans mon cas l’expérience était ainsi), on peut aisément remplacer ce dernier par le café-gras et tenir au moins jusqu’en début d’après-midi sans le moindre souci.

 

Malgré tout, attention aux petits « écarts autorisés »…

Les fruits secs sont autorisés. Personnellement, j’adore les dattes, les figues, les abricots secs, etc… Le problème est qu’ils sont extrêmement sucrés (fructose) et que j’avais tendance à les grignoter n’importe quand dans la journée, indépendamment d’un effort passé ou à venir. Le souci de cette logique est que l’on tue les bienfaits du régime qui tend à nous faire réduire l’absorption de glucides. Ces petits fruits, aussi bon soient-ils, déclenchent automatiquement une réponse insulinique très forte…donc la création de graisse si on ne fait pas ensuite rapidement un effort (ou bien si on ne vient pas d’en faire un). On peut donc en manger…mais il faut vraiment savoir se contrôler !

Je ferai aussi la même remarque concernant les oléagineux comme les amandes, noisettes et noix diverses, etc… Ils sont certes une excellente source de lipides et de micronutriments, mais ils sont aussi extrêmement caloriques… Attention donc à ne pas en abuser. J’en ai toujours sur moi, soit en sortie soit au bureau car ils permettent d’avoir un petit encas…juste au cas où…

Les deux paragraphes ci-dessus sont d’autant plus vrais et on doit y prêter d’autant plus d’attention que l’on mange à intervalles espacés. Pour ma part, pour des raisons organisationnelles, j’ai choisi de ne manger que deux fois par jour. De cette façon, je prends un petit déjeuner très copieux, qui équivaut à un petit déjeuner « standard » en termes de quantités + un déjeuner. Je ne mange ensuite rien jusqu’à l’heure du dîner.

 

si on ne fait que deux repas par jour !

Sachant que je petit-déjeûne vers 6h15 et que je ne dîne au mieux que vers 20h30, on se retrouve avec une période de jeûne de 14h…dans le meilleurs de cas ! Intuitivement, on peut se dire que cela fait beaucoup et qu’il y a fatalement des baisses de régimes dans la journée. Pour ma part, il n’y en a pas du tout. D’ailleurs le régime est « fait pour ».

En effet, les protéines absorbées lors du petit-déjeuner ont un fort pouvoir rassasiant. A dire vrai, il l’est bien plus que les simples céréales auxquelles nous sommes / étions tous plus ou moins habitués. De plus, les lipides absorbés par la même occasion contribueront à fournir de l’énergie tout au long de la journée.

Dans la « limite » des aliments autorisés par le régime, c’est très sincèrement à ce moment de la journée que je conseille de se faire plaisir et de manger ce que l’on souhaite, dans des quantités qui pourraient paraitre trop importantes si on mangeait trois fois par jour. En effet, n’oublions pas que dans ce cas, le prochain repas est bien loin. Le matin, je m’autorise donc absolument tout…dans les « limites » du régime bien entendu !

Le soir, la logique est exactement la même.

Un des points que je trouve également appréciable dans le paléo à deux repas, est le fait de se sentir incroyablement léger tout au long de la journée. Exit donc les lourdeurs post-déjeuner !

D’une part, le fait de jeûner pendant 14h minimum, souvent plus, augmente la sensibilité à l’insuline. Cela signifie que la réponse du corps au sucre est plus efficace, et transformera ce dernier en énergie au lieu de le stocker sous forme de graisse. D’autre part, la sécrétion hormonale (testostérone, hormone de croissance) sera maximisée. Le couple hypophyse / hypothalamus les produira en plus grande quantité que si on prenait trois repas. Ces hormones jouent un rôle important car elles vont permettre de consommer les graisses absorbées lors des repas pour en faire de l’énergie dans une premier temps, puis dans un second temps, l’hormone de croissance aidera à maintenir / augmenter notre masse musculaire.

Ce type d’organisation est donc au final pertinent si l’on souhaite à la fois jouer sur le levier de la perte de graisse et sur celui de l’augmentation de la masse musculaire.

Concernant le poids, il faut prendre en considération l’exercice physique (voir infra). Dans mon cas, lorsque j’ai commencé le paléo, sur trois repas par jour, en maintenant mon volume et mon intensité d’entrainement, j’ai commencé par perdre un petit peu de poids en l’espace d’un bon mois. Malgré cette perde finalement assez rapide, je n’ai jamais eu de sensation de faim ou de manque, ni même de fatigue. Malgré tout, ce n’était pas mon objectif que de maigrir… Très rapidement, je suis passé sur deux repas, par commodité. Progressivement, j’ai repris du poids…en muscle. Peu ou prou, le rythme de prise de poids a été le même que celui de la perte.

Cependant, le poids initialement perdu était clairement du gras, et celui gagné, du muscle. Je me permets une telle assertion car lors de mes entrainements, mes différentes performances se sont sensiblement améliorées sans que je modifie quoi que ce soit. Par rapport à la morphologie, elle n’est pas fondamentalement différente de celle que j’avais avant. J’ai toujours été sec. Néanmoins, j’ai épaissi un petit peu, tout en restant dessiné. Ce n’était pas l’objectif…mais bon cela flatte mon orgueil !

 

 

 

Le mot de la fin

Finalement, le concept « de base », au-delà de l’aspect potentiellement restrictif est simplement de manger mieux tout en enlevant tout ce dont on connait pertinemment la nocivité.

 

Le sommeil polyphasique

En parallèle de ce nouveau régime et de l’énergie qu’il me procure, j’avais besoin, autant pour des raisons professionnelles que personnelles d’avoir des journées « plus longues ». Pour cela, la première solution, qui parait la plus évidente, est de se lever plus tôt et/ou de se coucher plus tard, sans autre forme de procès. Cette logique, si elle fonctionne sur de courtes périodes, n’est à mon sens pas tenable sur le long terme. En effet, les périodes d’activité sont plus longues et les périodes de repos sans cesse réduites. De fait, j’ai opté pour le sommeil polyphasique.

 

Définition :

Comme son nom l’indique, ce genre de sommeil consiste à répartir son temps de repos tout au long de la journée, à des moments stratégiques. Il repose sur le fait que sur une nuit complète, disons un cycle de 8h, seule une période d’une heure et demie à deux heures es réellement « utile », au sens réparatrice aussi bien physiquement qu’au niveau mental / intellectuel.

Ainsi, différentes méthodes existent :

  • Méthode Everyman 1 : nuit de 4h30 + 2 à 3 siestes de 20 minutes (selon les sources),
  • Méthode Everyman 2 : nuit de 3h + 3 siestes de 20 minutes,
  • Méthode Everyman 3 : nuit d’une heure et demie + 4 siestes de 20 minutes,
  • Méthode Uberman : 6 siestes de 20 minutes.

Si on fait les calculs, on remarquera que la méthode nous accordant le plus de sommeil (Everyman 1), nous donne soit 5h10 soit 5h30 de sommeil total…ce qui rallonge largement la durée de la journée pour quelqu’un qui dort environ 7h par nuit.

Le « choix » d’une méthode dépend de plusieurs variables, à savoir

  • De combien de temps d’activité par jour avons-nous besoin en plus ?
  • Est-on capable de modifier son organisation au profit de la méthode choisie ?

Pour ma part, la première méthode à 2 siestes répond parfaitement à mes besoins.

Je précise ici que la méthode Uberman est une exception. Elle ne fonctionne que sur de très courtes périodes (2 semaines max) après un entrainement poussé et une grande rigueur dans l’heure des siestes. Je la déconseille donc très fortement…à moins d’en avoir réellement besoin…

 

Mon organisation :

La gestion des cycles de sommeil n’est pas un sujet anodin. En effet, il faut être capable avant toute chose de savoir à partir de quelle heure, en moyenne, nous avons sommeil (ou mieux, à quelle heure nous nous endormons). Se coucher avant ne fait rien gagner car si on n’a pas envie de dormir, on perd alors du temps au lit à s’agacer, alors que la méthode est supposée nous en faire gagner…

Réciproquement, se coucher une fois le sommeil passé n’est pas bon non plus car on risque de passer son cycle. Dans ce cas, il n’y a plus qu’à décaler d’autant les horaires des siestes, en espérant avoir envie de dormir à ce moment. Une fois cet hypothétique décalage effectué…il faudra prier pour retrouver rapidement son rythme. Bref, je ne conseille pas de jouer sur les horaires. C’est une méthode efficace…mais peu flexible.

Cette heure à laquelle on s’endort est donc fondamentale. En effet, c’est elle qui déterminera à quelle heure il faut commencer notre nuit. Elle est propre à chacun.

Une fois cette première étape passée, j’ai changé mon rythme progressivement.

J’ai ensuite commencé à modifier l’heure à laquelle je me lève, qui est le levier le plus abordable. Ainsi, j’ai pris l’heure de réveil « standard », à laquelle j’ai retranché 15 minutes. A ce niveau, je dors purement et simplement 15 minutes de moins. J’ai tenu cette réduction environ une semaine, sans pour autant ajouter une / deux siestes dans la journée.

Cette phase, même si elle est nécessaire, reste malgré tout pénible. En effet, périodes d’activité sont aussi longues qu’avant, mais les périodes de repos plus courtes. Cette transition est donc, pour moi, une source de fatigue.

Il est important de se rappeler qu’une fois le « re-phasage » enclenché, on ne fait pas de pause le WE pour dormir plus. Tous les jours, à ce niveau, sont identiques !

La 2nd semaine, j’ai encore ôté 15 minutes. Partant de là, on dort donc 30 minutes de moins chaque jour. A la fin de la semaine, si on ajoute le rythme de vie, on pourrait vite commencer à tirer la langue. Mais c’est à ce moment que j’ai intégré une sieste !

De la même façon, la sieste est un conditionnement spécifique. Elle ne doit pas dépasser 20 minutes. Passée cette durée, on a l’impression, moi-compris pour avoir tenté de faire plus long…d’être comme mou et assommé. 20 minutes donc, pas plus !

J’ai choisi de la faire le midi, lorsque les bureaux sont plus tranquilles. Au début, on n’a pas nécessairement envie de dormir. On ne se sent d’ailleurs pas forcément fatigué si jamais on est pris dans quelque chose. Malgré tout, il faut s’astreindre à s’isoler à ce moment, pour tenter de dormir.

Selon moi, il n’y a pas de lieu foncièrement plus approprié qu’un autre, dès l’instant où ion y est au calme. Dans un environnement de bureau, on peut par exemple envisager les toilettes, etc… J’ai plus de facilités à me détendre dans le noir. Ayant opté pour la case toilettes, je peux y fermer les lumières tout en étant au calme. Une fois dans le noir, je procède à 3 ou 4 très profondes inspirations / expirations abdominales tout en fermant les yeux. Cela permet de faire baisser le rythme cardiaque, tout en commencer à faire « descendre la pression ». Une fois que je me sens détendu, je reprends une respiration normale, pulmonaire donc, mais lente. L’habitude aidant, on « plonge » de plus en plus rapidement.

Afin d’être certain de ne pas commencer une nuit, je conseille vivement de prendre un compte un rebours (téléphone, montre).

J’ai conservé ce rythme 2 semaines. En effet, je voulais m’habituer à pouvoir m’endormir presque « sur commande ». Dès l’instant où j’ai pu intégrer la sieste, je n’ai plus eu cette sensation de fatigue. Même si au départ, je ne dormais pas, le fait de s’isoler et se détendre est en soi très reconstituant.

Ensuite, j’ai conservé ce mode de raccourcissement jusqu’à obtenir des nuits de 5h.

J’ai intégré la 2nd sieste lorsque je suis arrivé à 5h30, mais j’ai dû déplacer la première par la même occasion.

L’idée a été la suivante : les siestes doivent couper les périodes d’activités en 3 parts égales. Ce postulat étant, les heures de ces dernières dépendront de vous, de vos métiers, de vos possibilités.

Parfois, il m’arrive néanmoins d’en sauter une. Une fois le pli pris, cela n’est pas réellement un problème car le régime évoqué en 1ère partie permet de ne pas avoir de coup de fatigue.

Le plus dur aura été, à l’intégration de la 2nd sieste, de modifier l’heure de la première. Là encore, il m’aura fallu 2 semaines environ avant de réellement trouver le rythme.

Pour finir

Cela fait maintenant plusieurs mois que j’utilise la combinaison paléo / sommeil polyphasique à 2 siestes. Jusqu’à présent, je n’ai jamais été à la fois aussi performant physiquement et intellectuellement. J’abats beaucoup plus de travail qu’auparavant, sans fatigue excessive. Naturellement, comme tout le monde, j’ai des jours plus durs que d’autres, mais en moyenne, cela reste parfaitement acceptable. Ce regain d’énergie est toujours exploitable. J’ai enfin du temps supplémentaire que je mets à profit soit pour ma vie à deux, soit pour moi, soit pour le travail. Bref, j’ai plus de temps pour vivre !

 

La préparation physique

Dans l’optique d’une vie saine, ainsi que dans celle de faire de mon corps une sorte d’outil polyvalent « toujours prêt et efficace », je ne pouvais pas faire autrement que [tenter] de programmer intelligemment une préparation physique générale. Comme son nom l’indique, il s’agit là de travailler toutes les caractéristiques physiques (endurance, force, explosivité, souplesse) tout en étant toujours opérationnel. L’idée est donc de ne jamais être épuisé et ne plus en pouvoir après l’entrainement. A quoi cela sert-il de faire un développé couché ou bien un squat surchargé si on est ensuite perclus de courbatures…

Les principes que j’applique ne sont pas de moi et n’imposent donc aucun programme rigide. Chacun peut les adapter selon son emploi du temps, ses capacités, ses objectifs, etc… Ils sont tous tirés d’auteurs tels qu’O. Lafay, P. Tsatsouline, A. Kavadlo.

Grosso-modo, ces principes sont :

  • Faire ses propres expériences (A. Kavadlo)
  • Prendre ce qui fonctionne pour nous, indépendamment de la méthode. Ne jamais s’enfermer dans un programme et faire ce qu’on aime (A. Kavadlo)
  • Progresser à son rythme en étant à l’écoute de son corps (O. Lafay)
  • Toujours « en garder sous le pied » (P. Tsatsouline)
  • Avoir une approche systémique (O. Lafay)

Afin de travailler les différentes composantes physiques évoquées plus haut, j’ai choisi de créer deux séances : une pour la force, l’autre pour l’endurance musculaire / cardiovasculaire. J’alterne ces deux entraînements, en m’autorisant le dimanche comme jour de repos.

Naturellement, lorsque je suis trop fatigué ou bien que je n’ai pas le temps, je saute purement et simplement la séance. Qu’il s’agisse de la nutrition ou bien de l’exercice, je suis toujours à l’écoute de mon corps. Si lorsque je me lève le matin et que je me sens « mou » ou bien que je n’ai tout simplement pas envie, alors je ne fais rien. Généralement, la séance du lendemain n’en est que meilleure. J’en en effet remarqué que lorsque j’attaque un entrainement en étant pas à 100% de mes capacités, je le vis plus comme une contrainte et n’en tire aucun plaisir. De plus, les performances sont moindres, les mouvements moins bien exécutés, bref…j’évite.

 

La séance de force

Cette dernière dure 1h, échauffement et étirements compris. In fine, la séance elle-même dure environ 40 minutes.

Généralement, je m’échauffe au tombé du lit en faisant tout simplement 5 minutes de gainage abdominal. Le plus souvent, je fais 3 minutes pour le grand-droit, puis une minute pour les latéraux. Si je veux changer un petit peu, je vais faire des « dragon flags ». N’étant pas sujet, en tous cas pour le moment aux problèmes comme le claquage ou autre, cela suffit.

Je commence ensuite la séance.

Je suis un grand adepte des entrainements que l’on peut faire à la maison, qui ne prennent pas / peu de place, et qui ne coûtent pas cher non plus. Malgré ces contraintes, on peut trouver beaucoup de choses efficaces !

Depuis un moment maintenant, je m’entraîne principalement au poids du corps et au kettlebell.

Actuellement, je m’attache au programme de P.Wade appelé « Convict Conditioning « , qui est une méthode de callisthénie. L’optique dudit programme est d’arriver, pour les exercices que j’ai choisi, à faire des tractions à un bras, des pistols squats (squats sur une seule jambe), des pompes à un bras, des « hanging leg raises » ainsi que le pont et des pompes en ATR.

Comme je l’ai dit, il ne faut pas s’accrocher mordicus à un programme. Je l’ai donc modifié comme suit :

  • Tractions à un bras : suivi du programme
  • Pompes à un bras : transformées au profit de pompes « un bras une jambe ».
  • Pistols squats : suivi du programme
  • Hanging leg raises : suivi du programme
  • Pont : suivi du programme

S’agissant de la progression, j’utilise deux leviers, dans la mesure où mon temps de récupération le permet.

Le premier levier consiste à suivre le programme tel qu’il est construit par l’auteur. Cela est fait le matin.

Le 2nd, afin de gagner en vitesse de progression, consiste en l’utilisation du principe du « Grease the groove », développé par P. Tsatsouline.

Dans la journée, n’importe quand et n’importe où, j’essaye de pratiquer un mouvement. Il n’est pas ici question de refaire le programme ni même une série complète, loin de là ! Je cherche simplement à faire un des mouvements une fois ou deux. L’intensité est donc extrêmement modérée, les temps de repos entre chaque mouvement sont très longs. De cette façon, on apprend le mouvement en douceur, et d’une façon absolument pas chronophage.

Avec cette méthode, on est jamais fatigué, on en a toujours sous le pied et on ne va jamais jusqu’à l’échec. Un des autres principes de Tsatsouline est que chaque entrainement doit apporter plus qu’il ne prend…on doit donc progresser tout en étant toujours frais et dispo. Je pense, avec le recul, que même si cela ne parait pas très académique de prime abord, c’est une façon rapide de progresser. Ce protocole permet de s’entrainer absolument tous les jours si on le souhaite – ce qui est mon cas.

De cette manière, j’ai pu passer mes premières pompes à un bras une jambe, mes pistols squats, en environ 1 mois et demi. Le pont est lui aussi maitrisé. Les tractions à un bras sont beaucoup plus longues à venir, mais j’y suis là encore presque, en employant la méthode « programme classique + grease the groove ».

On ne progresse pas à la même vitesse sur chaque mouvement. L’important selon moi reste d’avoir une approche globale de la préparation physique (O. Lafay). Une fois qu’un mouvement est maitrisé, on peut consacrer plus de temps à un mouvement moins assuré. De cette façon, on fait toujours progresser le corps de façon plus ou moins homogène et cohérente.

Puis, par goût du changement et ou du défi, on est libre de rajouter un ou deux mouvements pour s’amuser. Je me suis donc fixé comme objectif de réussir une « full planche », comme en gymnastique. Pour y parvenir, j’ai découpé le mouvement en différentes étapes intermédiaires, que je pratique à chaque fin de séance. Ensuite…Grease the groove !

Enfin, je termine les exercices par des relevés turcs avec le kettlebell. Ce mouvement, à lui seul permet de travailler tout le corps, presque en isométrie. Un grand nombre de vidéos sont disponibles sur le net afin de se figurer exactement à quoi il ressemble.

La séance en elle-même est donc terminée. Je pratique ensuite 15 minutes d’étirements à base de mouvements de yoga.

Comme on peut le voir, ma façon de faire est très libre. Je ne m’impose jamais rien. Lorsque j’estime que mon corps est habitué, soit j’augmente la difficulté, soit je change d’exercice pour varier. Dans tous les cas, je m’attache vraiment à progresser à chaque séance.

 

La séance d’endurance musculaire / cardiovasculaire

Cette séance dure environ 50 minutes, prenant en compte l’échauffement. 10 minutes sont ensuite consacrées aux étirements. Cela revient, comme pour la séance de force, à un entrainement d’une heure tout compris.

Dans le cas présent, il n’est plus question de développer la force pure, c’est-à-dire de faire un exercice qui nous oblige à soulever lourd (exp : se soulever d’un seul bras), mais de soulever un petit plus léger, sur une série dite longue, avec des temps de repos très courts.

Pour se faire, tout comme la séance de force, je m’échauffe avec du gainage.

Ensuite, je fais autant de tractions que possible, puis sans pause, autant de pompes que possible. Je ne vais néanmoins pas jusqu’à l’échec. Lorsque je sens que la dernière répétition ne sera pas complète, j’arrête. Une fois ce duo tractions / pompes terminées, je fais une pause de 40 secondes. Ce schéma est pratiqué 5 fois de suite. Bien entendu, le nombre de répétitions ira décroissant à chaque série. Afin de donner un petit peu d’enjeu à chaque entrainement, je tâche d’augmenter d’au moins une répétition sur un duo à chaque fois. Jusqu’à maintenant, je réussis à m’y tenir.

Tant que l’on réussit à augmenter son nombre de répétition d’une fois sur l’autre, cela signifie que d’une part, notre temps de récupération est suffisant, et que d’autre part, on gagne en endurance et en force.

Le principe des séries longues à temps de repos très court, dans une optique poids du corps a été développé par O. Lafay.

Ensuite, je pratique un autre duo, sur le même principe, mais avec des « hanging leg raises » et des front squats (avec mon kettlebell).

On remarquera que ces exercices sont des dérivés de ceux de la séance de force. Je ne me fais donc pas de nœud au cerveau pour savoir quel exercice je dois faire, ni dans quel ordre. De plus, pour changer, je remplace parfois les pompes par des dips. Encore une fois, il faut à mon sens varier assez régulièrement, pour forcer le corps à travailler « dans tous les sens ». L’objectif étant tout de même de progresser, il ne faut pas non plus changer radicalement d’une séance sur l’autre !

Ainsi, avec ces 4 exercices, pratiqués en séries longues à temps de repos très courts, je travaille mon endurance musculaire tout en gagnant en force.

Cette partie de l’entrainement prend environ 20 minutes.

Je termine par 30 minutes de cardio modéré, à savoir de la corde à sauter. Pour cela, je fais x tours en faisant des montées de genoux, puis x tours avec des talons-fesses, puis x que sur le jambe droite, et x sur la jambe gauche.

En général, je cale soit en début, soit en fin de corde à sauter, un protocole Tabata (20/10) de « hell burpees », histoire de pousser un petit peu le rythme cardiaque et simuler un sprint.

Je conclus, comme pour la séance de force avec des étirements façon yoga.

 

Pour en finir avec le sport

Le sommeil polyphasique, de même que mon mode d’alimentation me permettent sur le long terme de pratiquer une heure d’exercice par jour au moins.

Pour ce qui est de mon poids, j’ai commencé par perdre un petit kilo avec la combinaison paléo / exercice. Ensuite, très progressivement, j’ai repris du poids, mais en muscle. En 4 mois, j’ai pris environ 4kg. D’ailleurs, j’ai été assez surpris car jusque maintenant, je ne prenais jamais de poids.

En termes de morphologie, je n’ai pas réellement changé. Mon torse est peut-être plus  dessiné qu’avant, même si ce n’était pas du tout l’objectif. Je pense surtout m’être densifié. In fine, c’est surtout mon rapport poids / puissance qui s’est amélioré. Certes je suis un petit peu plus lourd, mais je suis surtout beaucoup plus musclé ramené à ce fameux poids pris.

La différence se note immédiatement dès lors que je fais de longues balades / rando. Je ne fatigue pour ainsi dire pas. Pour ce qui est de la force, des après-midis à fendre des stères de bois ne sont pas du tout un problème !

 

Le mot de la fin

Je conclurai donc brièvement ce billet en disant que depuis que je vis sur ce triptyque, je n’ai jamais été à la fois autant en forme, aussi bien physiquement qu’intellectuellement. En plus, ce mode de sommeil générant des journées plus longues me permet de mettre à profit à plein ce surplus d’énergie.

Finalement, je suis convaincu que le succès de ce qui était au départ une expérience, ne vient pas d’un seul élément pris individuellement. Il s’agit d’un tout homogène. Un peu comme un moteur a besoin de toutes ses pièces pour fonctionner de la meilleure de façon, j’ai besoin de ces trois facteurs pour être à plein régime.

Vraisemblablement, le secret réside avant tout dans une vie saine, reposant sur un subtil équilibre entre rigueur et plaisir.

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Survivre à la canicule…

Bon, ça y est, c’est l’été, et ces derniers jours nous le rappellent puissamment.  La survie, pour le CEETS, c’est un truc qui se veut adaptable à tous les milieux, y compris dans nos logements, appartements, maisons, etc.  Quelques trucs pour survivre à la canicule…  voire pour conserver son confort, carrément ;)

Pour les logements, un principe simple : évacuer toute la chaleur le soir, et tout isoler pendant la journée, en limitant les productions de chaleur dans le logement.

Dès qu’il fait plus frais dehors (le soir) : tout ouvrir et ventiler.

  1. Le soir, on profitera au maximum de l’air frais en ouvrant toutes grandes les fenêtres, voire en utilisant un ventilateur pour aspirer l’air du dehors (si possible en pompant l’air du côté nord, où il sera plus vite plus frais).  Si on dispose d’un vélux ou autre ouverture haute, on l’ouvrira toute grande pour permettre à l’air chaud de s’échapper par le haut, ce qui créera une dépression dans le logement qui favorisera l’entrée d’un air plus frais (comme dans les termitières).

    On profitera aussi du soir, quand tout est ouvert, pour faire tout ce qui produira de la chaleur dans la maison : cuisiner, laver du linge, etc.  La chaleur produite partira plus vite, et on pourra ainsi éviter de chauffer l’intérieur le lendemain lors du  nouvel assaut du soleil.

    Fait important à comprendre : les températures de l’air augmentent progressivement dans la journée jusqu’au coucher du soleil.  Contrairement à la croyance populaire, les heures les plus chaudes de la journée ne sont pas entre midi et 14h.  La température augmente de manière constante tant que le soleil brille, et à 18h30 ou 19h il fait souvent beaucoup plus chaud qu’à midi.  En revanche le rayonnement solaire commence à décroître, et il fera moins chaud en plein soleil, ça oui…  sauf que pour rester en plein soleil quand il fait déjà 35 ou 40°C, il faut y être contraint… ;)

    Dans les milieux où il y a beaucoup de végétaux, dès le soleil couché, la température de l’air redescend et une certaine fraîcheur revient.  Dans les endroits minéraux (béton, bitume, cailloux, etc.), le sol et les murs accumulent de la chaleur qu’ils vont restituer pendant quelques heures après le coucher du soleil, ce qui continue de chauffer l’air pendant une partie de la nuit.  Il est donc beaucoup plus difficile de trouver de l’air frais en ville.  Mais pas impossible !  On peut simplement attendre 22 ou 23h que l’air redevienne respirable pour ouvrir.  On peut aussi refroidir cet air en le faisant passer à travers des draps humides suspendus devant les fenêtres, etc.

  2. La journée, tout isoler !  

    Dès que l’air devient plus chaud dehors que dedans (souvent très tôt le matin) on ferme toutes les fenêtres, et on évite au maximum de produire de la chaleur dans le logement.  Notre seule présence, celle du frigo, etc. vont quand même en produire, mais chaque calorie qui se stocke dans l’air est un degré celsius en puissance.  On évite de cuisiner, les bougies, les ampoules allumées inutilement : traquer toutes les sources de chaleur jusqu’au moment où vous pourrez de nouveau ouvrir pour ventiler.

    Outre la convection (air chaud) et la conduction (murs chauffés par l’extérieur qui, si mal isolés, transmettent la chaleur à l’intérieur), une grosse source de chaleur sera le rayonnement solaire : fermez les stores et n’hésitez pas à coller des couvertures de survie par-dessus, pour les fenêtres les plus exposées, afin de limiter la pénétration des rayons IR dans votre demeure.  Les voiles d’ombrage et autres astuces pour créer de l’ombre supplémentaire sur les fenêtres et les murs exposés au sud sont également efficaces (végétation, arbres, etc, etc.)…

Pour éviter la surchauffe de votre corps, et les problèmes liés à la chaleur

Plusieurs astuces.

  1. Restez zen.  Plus vous êtes détendu, plus vos vaisseaux capillaires (petits vaisseaux à la surface de la peau) se dilatent et peuvent vous rafraîchir.  Et évidemment, en plus, vous produirez moins de chaleur en étant « cool ».
  2. Buvez assez…  mais pas trop.  Hydratez vous copieusement, et buvez avant d’avoir soif, en petites quantités.  Si votre urine devient foncée, buvez un peu plus.  Si votre urine est claire (jaune clair à blanche) et abondante, vous pouvez lever le pied.  Attention, si vous ressentez un dégoût pour l’eau, surtout si vous suivez un régime sans sel ou pauvre en sel, ne vous forcez pas trop à boire.  La transpiration nous fait perdre des sels minéraux qu’il faut remplacer avant de pouvoir boire de grosses quantités d’eau sans risque.  Le dégoût pour l’eau est un des symptômes du manque de sel dans le sang, et de boire beaucoup d’eau là-dessus peut causer un oedème cérébral, souvent mortel…  Mangez un peu plus salé que d’habitude si vous transpirez beaucoup, vous verrez que l’eau passera bien mieux.   Dans le doute, consultez votre médecin si votre état de santé demande de limiter les apports en sel, afin qu’il vous aide à gérer les risques correctement.
  3. Mangez peu, et frais.  Les gros repas lourds font produire beaucoup de chaleur à notre corps et nous prennent de l’eau pour la digestion.  Mangez moins, et favorisez les fruits et les légumes frais (en salade avec un peu de sel dans la vinaigrette ;)), ça vous hydratera et ça vous fera moins surchauffer.  Le soir, un repas un peu plus copieux pourra compenser si vous avez vraiment faim…
  4. Refroidissez votre corps en profondeur une fois ou deux par jour (voire plus, au besoin).  Si vous avez une piscine, c’est facile… une trempette jusqu’à avoir un peu froid, et c’est plié.  Sinon un bain tiède (quelques degrés sous les 37°C de votre corps) ou une douche fraîche pourront vous faire durablement du bien.  Quand on arrive à vraiment rafraîchir sa peau et un peu ses muscles, on profite de plusieurs heures de sensation de fraîcheur, et ça repose l’organisme.  Au boulot, prenez le temps lors de vos pauses de vous mouiller le visage, le cou, la tête si possible, et profitez de l’évaporation.  Les bombes aérosol peuvent être aisément remplacées par un pulvérisateur de produit nettoyant pour les glaces qu’on aura vidé, rincé, et rempli avec de l’eau du robinet ;)
  5. Pour qu’on puisse s’endormir, il faut que notre corps descende d’un ou deux degrés.  Ca sera plus facile à faire si on se couche juste après une douche fraîche et avec la peau encore un peu humide, et un ventilateur qui rafraîchit…  si vous sentez le « trop chaud » et l’énervement monter, inutile d’insister et de s’énerver.  Levez vous, calmez-vous, buvez, refroidissez vous par tous les moyens et respirez.  Ca viendra ;)
  6. Si vous devez vous activer, activez vous aux heures moins chaudes, et n’hésitez pas à porter un chapeau, et/ou à mouiller un bandana ou un chèche que vous appliquerez sur votre tête et autour de votre cou (en simple couche, pas en gros paquets) pour profiter de la fraîcheur générée par l’évaporation.  Ca fait une « clim » naturelle très efficace.
  7. Portez des vêtements amples, aux textiles bien aérés, et de couleur claire…  Vos clients vous pardonneront généralement la chemise à manche courtes et la cravate un peu « souple », surtout si vous communiquez sur le sujet lors de la prise de rendez-vous et que vous leur offrez un alibi pour faire de même…  ;)
  8. Pour les odeurs de pied et pour prévenir les mycoses (c’est la saison, et je vous le donne, c’est cadeau) : 20% d’acide borique, 80% de talc de venise, mélangez bien les deux poudres, et assaisonnez l’intérieur de vos chaussures.  Ca tue les bactéries et fungi qui causent les odeurs de pied et les mycoses aussi.  En prévention, c’est génial.

Sinon, si ça peut vous aider à tenir le coup moralement, notre corps est conçu pour s’acclimater à des températures extrêmes.  Pour un sportif, c’est fait en quelques jours.  Pour les personnes en mauvaise condition physique, il faudra plusieurs semaines.  Mais ça viendra aussi ;)

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Leave no trace ! — quelques trucs et astuces pour ne pas saloper la nature derrière soi ;)

On reconnaît souvent les « vrais », les adeptes chevronnés de l’outdoor, à leur connaissance du milieu…  et aussi beaucoup à leur respect de certaines bonnes pratiques.  De bonnes pratiques de sécurité, mais aussi de respect du biotope qu’ils visitent.

Beaucoup des gens aiment et respectent la nature, et avec quelques astuces et connaissances en plus, ils pourraient  avoir un impact quasi nul sur la Pachamama, même en y passant plusieurs jours de bonheur.  C’est à eux que ce texte s’adresse.  Ceux qui veulent bien faire, et qui cherchent des petits trucs pour y arriver encore mieux.

Quelques trucs et astuces :)

Le feu : oui, bien entendu, le feu c’est sympa, et plein de gens ne s’imaginent même pas bivouaquer ou passer une soirée dehors sans lui.  Ceci dit, outre le risque d’incendie parfois ENORME, la chaleur du feu stérilise le sol là où il est posé, et on trouve un cercle de terre et de cendres stériles dans ces emplacements de feu pendant parfois plusieurs décennies !

Solution : tout simplement ne pas faire de feu, c’est sympa aussi de profiter de la vraie nuit (et ne pas risquer de cramer des hectares de forêt pour son petit plaisir égoïste)…  sinon, si vous en faites quand-même, pour protéger le sol, la fameuse « table à feu » qui consiste à faire le feu sur un monticule de terre aplani de 10cm d’épais fonctionne bien.  Une fois le feu parfaitement éteint, on pourra ensuite disperser les cendres, la terre et le charbon FROIDS (le faire à la main permet de le vérifier).  On ne laisse ainsi qu’une trace olfactive qui partira à la pluie suivante.  Evidemment, si vous faites du feu, faites-le au moins avec du bois mort.  Seuls les bleus brûlent du bois vert…  non seulement ça tue un arbre, mais en plus ça brûle très mal.


 

Les mégots : un filtre de cigarette, c’est fait en polymères bien dégueux.  C’est une sorte de mousse de plastique, en gros, et ça se décompose très, très, très lentement.

Solution : un petit cendrier de poche, avec votre briquet et vos clopes, c’est simple à trimballer, et ça fera de vous un fumeur que la Pachamama adorera accueillir chez elle ;)  Sinon un simple petit sac plastique refermable à zip accueillera sans soucis vos mégots éteints et autres petits déchets.


 

Le caca : dans certaines zones naturelles très fréquentées, la principale source de pollution des cours d’eaux (y compris des sources !  selon le type de roche parfois rien n’est filtré) est…  le caca humain !

Solution : il est important de déposer votre grosse commission dans un endroit qui sera éloigné des cours d’eaux d’au minimum 50m, et de l’enterrer si possible.  L’idéal est de l’enterrer proche de la surface, dans la terre végétale qui constitue une couche de 20-50cm environ.  A cet endroit ça fera un bon engrais.  Plus profond, ça ne se décomposera pratiquement jamais.


 

Le papier hygiénique et, surtout, les lingettes : le papier hygiénique est biodégradable…  mais ça met environs un an à disparaître.  Pas très sympa pour les gens qui arriveront derrière vous le lendemain ou la semaine suivante…  les lingettes, quant à elles, vont mettre parfois plusieurs années à se décomposer.

Solution : jetez votre « PQ » et vos lingettes dans votre poubelle perso (voir plus loin !).  Si vous êtes ultra-pudique à ce sujet, vous pouvez aussi prévoir un petit sac plastique opaque dans lequel stocker ce genre de déchets très « perso » (tampons usagés, serviettes hygiéniques, préservatifs, etc.).  Ce petit sac opaque trouvera ensuite sa place dans votre poubelle perso.


 

Le verre, le plastique, le métal…  Evidemment, tout ça reste dans l’environnement extrêmement longtemps !!!  Si vous vous sentez l’envie de faire du bien à la nature, n’hésitez pas à ramener un peu des déchets des autres, que vous trouvez dans la nature.  Un sac plastique par ci, une vieille canette par là, ça ne pèse pas lourd et ça fait vraiment du bien au biotope…


 

Les pelures de légumes, de fruits, les peaux de saucisson…  bien entendu, « les fourmis pourront les manger ».  Mais les petits rongeurs et tout un tas de petites bêtes aussi.  Et ça n’est pas un cadeau à leur faire, parce que ce faisant ils deviennent lentement mais sûrement dépendants de la présence de l’humain pour manger…

Solution : la poubelle perso !

La poubelle perso, c’est quoi ?  

Simplement, un sac pour congélation refermable, à zip, de petit ou grand format selon les besoins.  Ca peut se transporter dans la poche, pour les plus petites balades, ou dans le sac à dos, pour les randos même de plusieurs jours.  Cette poubelle aura l’avantage d’être complètement refermable, donc aucune odeur, aucun liquide ne s’en échappera pendant la balade.

On peut, par précaution, prendre plusieurs de ces sacs en cas de déchirure ou de puncture accidentelle.  C’est rare mais ça peut arriver si on les maltraite trop.  En cas d’indicent, inutile de tout transférer, on mettra simplement la poubelle perso dans une autre poubelle perso.  Façon poupées russes.

Quand on passe ensuite à proximité d’une poubelle, dans un village ou de retour chez soi, on jette simplement le tout.  C’est pris en charge par les filières de gestion de nos déchets, qui auront le mérite de gérer ça un peu plus proprement, et loin des espaces naturels sensibles ;)

La poubelle perso...
La poubelle perso…

 

Pour aller plus loin (un peu de lecture en anglais) :

https://lnt.org/learn/7-principles : les 7 principes du mouvement « leave no trace ».

Traduction rapide :

  • se préparer et planifier (éviter les périodes de haute activité, connaître les règles locales, y aller en petits groupes, etc.) ;
  • se déplacer et bivouaquer sur des surfaces durables, si possible ;
  • gérer les déchets correctement ;
  • laisser les trésors sur place, ne ramenez rien ;
  • minimisez l’impact des feux ;
  • respecter la faune ;
  • être respectueux des visiteurs suivants…
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Le sac ALICE « large »… un gros sac pour les petits budgets.

Pas mal de stagiaires arrivent avec des sacs trop petits ou mal adaptés pour la vie dehors, faute de vouloir investir dans un sac à dos qu’ils ont peur de regretter ensuite.

Une alternative utile et pas chère est le sac ALICE, grand format, de l’armée US.  C’est un peu un ancêtre, mais il fait globalement très bien l’affaire pour un stage CEETS et vous permettra de loger votre sac de couchage un peu plus au sec et d’avoir un truc un peu plus ergonomique pour profiter des enseignements ;)

Quelques photos du mien, un peu customisé (payé 40 euros sur un site de surplus allemand bien connu, sur Internet)…

100 litres sur une claie métallique...
100 litres sur une claie métallique…
Le mien avait une sangle manquante que j'ai remplacé par de la ficelle...
Le mien avait une sangle manquante que j’ai remplacé par de la ficelle…
Les fermetures du rabat étant peu pratiques, j'ai coupé les sangles et la bouclerie métallique que j'ai remplacé par des sandows.
Les fermetures du rabat étant peu pratiques, j’ai coupé les sangles et la bouclerie métallique que j’ai remplacé par des sandows.
Les sangles ont fini en petite poignée atachée à la claie pour plus d'ergonomie...
Les sangles ont fini en petite poignée atachée à la claie pour plus d’ergonomie…
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Le sommeil polyphasique – la toute-puissance de la micro-sieste…

Les moments où on ne peut pas dormir suffisamment abondent dans la vie courante comme dans les situations de crise.  Et fidèlement au « principe du même curseur » qui veut que les techniques de survie vraiment efficientes soient aussi utiles au quotidien, le sommeil fractionné (ou sommeil polyphasique) fait le job.

Le manque de sommeil, sur le terrain ou dans la vie de tous les jours se traduit par plusieurs « handicaps » qui vont croissant au fur et à mesure que le déficit s’accumule :

  • Saturation de la mémoire de travail. On passe très vite en mode « poisson rouge » : les nouvelles informations se stockent peu et mal dans notre mémoire et on oublie tout.  On oublie où on a posé ses lunettes. On égare les choses.  On perd le fil de ses pensées, et de fait on a beaucoup de mal à s’organiser, à planifier, et à être efficace.
  • On compense la fatigue par de l’adrénaline, et on devient irritables.  Pour continuer à fonctionner notre corps se met littéralement en stress, ce qui a plusieurs effets néfastes, à commencer par le fait d’avoir moins de réserve de stress sous le pied pour les urgences, et notre irritabilité.  Cela a également plein d’effets néfastes dans la durée, notamment sur les systèmes cardio-vascuaires et immunitaires.
  • On se retrouve à avoir du mal à distinguer les détails des choses essentielles.  Tout se retrouve sur un seul plan dans notre esprit, et on perd vite en efficacité.

Maintenant, quand nous sommes en léger déficit de sommeil, le corps se met à dormir beaucoup plus efficacement.  Et une micro-sieste de 20 minutes environs permet au corps et à l’esprit de retrouver un niveau d’efficacité normal malgré un faible nombre d’heures de sommeil au total.  Le principe est simple : les micro-siestes permettent de très rapidement trier et classer les informations qui arrivent à saturer notre mémoire de travail, et elle permettent une relaxation suffisante pour diminuer notre niveau de stress compensatoire.  On en sort rafraîchi et détendu.

Les étapes de ma micro-sieste : toujours les mêmes, mais elles varient en durée selon les besoins.

N’ayant pas fait d’études sur les autres, je peux vous livrer les étapes de MES micro-siestes.  Elles semblent se retrouver un peu chez tous les gens à qui j’en ai parlé, mais chacun développe ses méthodes et ses habitudes.  Le tout est de trouver un truc qui nous convient.

Il est important de ne pas dormir trop longtemps pendant ces siestes, sinon on tombe en sommeil profond et on a vraiment du mal à émerger ensuite.  18 à 22 minutes sont une bonne moyenne (cela varie un peu selon les gens).  Typiquement, dans mon cas, je mets 3 minutes à me détendre et à « tomber ».  Je dors 18 minutes.  Je mets ensuite 3 minutes à me réveiller pleinement.  Total : 24 minutes.  Au début, je mettais un réveil pour être sûr de ne pas partir trop profondément dans le sommeil, mais je n’en ai rapidement plus eu besoin.

Les étapes de ce sommeil ultra-rapide sont toujours les mêmes (pour moi) :

  1. dans un endroit où je me sens objectivement en sécurité et où je n’ai ni trop chaud ni trop froid, et où il y a de la lumière, je m’allonge dans une position spécifique (typiquement sur le côté gauche en chien de fusil, ce qui n’est PAS ma position habituelle pour dormir : cela indique apparemment à mon système qu’il s’agit d’une micro-sieste et pas une plage de grand sommeil comme la nuit).  Si je suis dans le noir et que je me couche différemment, je pars généralement pour un cycle complet (ou plusieurs).  Si j’ai froid ou chaud, ou si je ne suis pas VRAIMENT en sécurité, je ne peux pas dormir.  Exemple, je n’arrive pas à faire ça dans un lieu public, ou en présence de personnes en qui je n’ai pas une confiance aveugle.  Si je dors dans un train, c’est uniquement avec quelqu’un de confiance à côté de moi, à qui je confie explicitement ma sécurité.  Bref, « chuis parano mais j’me soigne » ;)
  2. très vite, surtout si je me sens fatigué, mon corps se détend et ma respiration devient ample et lente.  Je soupire souvent une ou deux fois.  Et mon coeur se met à battre de manière plus soutenue : les battements semblent légèrement plus rapides mais ils sont surtout plus marqués, plus forts.  Mon hypothèse est que cette phase sert à réguler finement les fonctions cardiaques (d’ailleurs j’ai sensiblement plus de « souffle » après ces micro-siestes).  Cette phase dure plus ou moins longtemps en fonction de mon niveau de fatigue.  Il arrive que je n’aille pas plus loin pendant une micro-sieste de 18 minutes, surtout si je ne suis pas très fatigué, mais ça suffit à faire du bien et à repartir avec davantage d’énergie ensuite.
  3. les images oniriques arrivent, et je tombe directement en sommeil paradoxal…  je perds généralement la notion du temps et le contrôle de mon corps à cette phase là : je rêve.  Cette phase dure plus ou moins longtemps selon la masse d’infos à trier, etc.
  4. je me réveille sans passer par une phase de sommeil profond (celle qui fait qu’on a du mal à émerger longtemps après) ;
  5. pendant quelques secondes / minutes, je suis un peu dans les vapes, et après environs 3 minutes je peux fonctionner pleinement.

Total de l’opération, généralement 24 minutes, incluant les 3 minutes pour tomber, et les 3 minutes pour revenir.  Avec l’entraînement ça descend d’ailleurs plutôt vers les 21 minutes.  Mais on s’en fout, au final.  Je réserve 30 minutes dans le planning pour la micro-sieste,  afin d’avoir de la marge, et ne pas me sentir sous pression, auquel cas je n’arrive pas (encore) à lâcher prise pour sombrer.

Plusieurs méthodes existent, et j’en viens à deux conclusions (après de nombreux tests et avoir discuté avec plusieurs personnes qui pratiquent ces types de sommeil) :

  • méthode « uberman » : on peut tenir quelques jours sans jamais faire de cycle de sommeil complet (90 minutes), et en faisant des micro-siestes toutes les 4 heures.  Ce système permet de tenir 7-8 jours avec seulement 6X20 minutes de sommeil par 24h.  Soit deux heures seulement.  En revanche si on décale une sieste de seulement 15 minutes, on se prend une avalanche de fatigue accumulée.  Et il faut s’attendre à un énorme contre-coup de fatigue à la fin de ces quelques jours.  Typiquement on mettra le même temps à s’en remettre vraiment (7 jours d’uberman, ça sera 7 jours à faire de grosses nuits et à se traîner ensuite).
  • méthode « everyman » : on peut fonctionner toute sa vie en dormant au total 4h par 24h : 3h la nuit (deux plein cycles) et trois micro-siestes de 20 minutes pendant la journée (typiquement après les repas).
  • si on veut apprendre plus vite, ou développer ses capacités physiques (entraînement, études, whatever), davantage de sommeil facilite la tâche.  De même, si on est blessé ou malade, on récupèrera plus vite avec plus d’heures de sommeil profond (donc plus de cycles complets).

Récapitulatif graphique

(source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sommeil_polyphasique)

Monophasic.svg
Sommeil monophasique classique : une grosse nuit de 6-8h…
Biphasique : une nuit un peu trop courte, et une micro-sieste après le repas de midi.
Biphasique : une nuit un peu trop courte, et une micro-sieste après le repas de midi.
"Everyman" : deux cycles pendant la nuit (3H environs, typiquement de 2h à 5h du matin) et une micro-sieste après chaque repas.  Je l'ai fait pendant des mois sans autre effet secondaire que beaucoup de temps pour bosser...
« Everyman » : deux cycles pendant la nuit (3H environs, typiquement de 2h à 5h du matin) et une micro-sieste après chaque repas. Je l’ai fait pendant des mois sans autre effet secondaire que beaucoup de temps pour bosser…
"Uberman" : pour les périodes extrêmes.  Peut être maintenue quelques jours, mais l'heure des siestes doit être scrupuleusement respectée, et une longue phase de "contre-coup" est à prévoir.  A ne pas faire, AMHA, sauf si c'est indispensable...
« Uberman » : pour les périodes extrêmes. Peut être maintenue quelques jours, mais l’heure des siestes doit être scrupuleusement respectée, et une longue phase de « contre-coup » est à prévoir. A ne pas faire, AMHA, sauf si c’est indispensable…

 

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Petits conseils prépa pour les copains kakis qui partent dans les pays chauds… – version bêta

Avertissement : ce texte est un travail collectif en cours.  Il est encore incomplet et imparfait. Il ne se substitue pas aux consignes et aux recommandations de l’armée pour les opérations sur le terrain.  Il ne remplace surtout pas votre bon sens, et vos observations à VOUS.  Ce qui marche pour l’un ne marche pas toujours pour l’autre.  Bref, RESTEZ CRITIQUE et FAITES VOUS VOTRE PROPRE IDEE DES SUJETS COUVERTS ICI.  Il s’agit simplement d’une collection d’avis et de « retex » informels, diffusés dans le but d’aider les militaires dans leur préparatifs perso.  

N’hésitez pas à le commenter / critiquer pour l’améliorer (vous pouvez me faire un mail à ce sujet –> lui@davidmanise.com ).  Comme tout le reste du site il est sous licence creative commons.  Vous êtes libre de l’imprimer, de le reproduire, de le partager, de le faire tourner, pour une utilisation non-commerciale.  C’est fait pour être utile, et c’est gratuit.  Je ne gagne rien à recommander tel ou tel produit.  Je n’ai aucun intérêt commercial dans l’affaire.

Remerciements : Loïc Degenne, la femme de Mika, Alexis Mikheef, Fred Hayoz, JM Costes, JM Snoeck, Aurélien Genet, Raoul Héritier, Thomas Tefnin, Tanguy Hoanen, et d’autres qui refusent qu’on les cite.  Merci à tous.

Dernière mise à jour : jeudi 23 mai 2014 – 11h21


La flotte

C’est THE gros problème.  En quantité mais surtout en qualité.

Deux trucs utiles à savoir :

  • On peut transpirer plusieurs litres à l’heure dans des températures extrêmes, mais notre corps peut absorber maximum 70cl d’eau par heure…  il faut donc se réhydrater longtemps après les patrouilles / activités.  Boire un mug (environ 25 cl) toutes les 20 minutes est un rythme assez optimal.  Si on boit plus vite que ça, le surplus part dans l’urine et est gaspillé.
  • Si on manque de sel dans le sang, on éprouve un dégoût pour l’eau.  Ca peut être dangereux (œdème cérébral qui peut être mortel).  Si on ne peut pas manger régulièrement et qu’on transpire beaucoup (pertes de sel), il faut grignoter un peu de sel, sous n’importe quelle forme.  Le goût pour l’eau revient ensuite naturellement.

D’avoir un filtre à eau efficace est un gros plus.

N’en déplaise aux médecins des armées, de simplement doubler les cachets d’Aquatabs quand l’eau est trouble ne suffit pas (même si c’est mieux que rien).  D’autant que les Aquatabs ne tuent pas les parasites (seulement les virus, bactéries et quelques protozoaires QUAND L’EAU EST CLAIRE), et n’éliminent pas la pollution chimique de l’eau.  Un filtre à eau de rando va grandement améliorer la qualité de l’eau avant traitement aux Aquatabs.  Et vous permettra d’utiliser pratiquement n’importe quel trou boueux sans tomber malade.  En clair on filtre et on rend l’eau claire et traitable d’abord.  On rajoute ensuite un Aquatabs pour tuer les petites bestioles qui peuvent rester.

A savoir que tous les filtres s’encrasseront au bout d’un ou deux litres si l’eau est vraiment sale.  Un pré-filtre genre filtre à café attaché au bout du tuyau peut déjà faciliter le process.  Sinon on peut nettoyer la cartouche rapidement même dans l’eau sale.

Plusieurs modèles existent.  J’en propose deux ici qui filtreront parasites, protozoaires (amibes etc.) et bactéries, tout en fixant une partie des polluants chimiques et des goûts/odeurs horribles de certaines flaques / sources.

katadyn pocketSi vous avez les moyens : un Katadyn Pocket (dans les 300 euros).  Très robuste (aluminium usiné sans pièces mobiles), peut filtrer jusqu’à 50 mètres cubes d’eau.  Débit plus rapide (environ 3 litres par minute si le filtre est propre et qu’on a des gros bras).  C’est la Rolls.  Il permet de faire de l’eau propre pour les copains assez rapidement.

 

 

 

MSR Miniworks

Pour les budgets plus limités, le MSR Miniworks est un bon rapport qualité prix.  Débit un peu plus lent, plastique pas très rassurant, il faudra éviter de trop le maltraiter mais il fait le boulot.  Dans le pire des cas, si la pompe casse on pourra retirer la cartouche et bricoler un système de filtration par gravité (vive le duct tape).

 

 

 

Mieux que les Aquatab des rations : Micropur Forte LIQUIDE (fioles de 10ml).

katadyn-micropur-forte-liquide-10ml10ml de pur bonheur.  Non seulement elles permettent de doser plus finement (3 gouttes par litre) mais les ions argent qui sont dedans conservent l’eau pendant 6 mois.  Super utile pour éviter la prolifération de moisissures dans les tuyaux des camelbak qu’on ne peut jamais bien faire sécher notamment.

L’autre gros avantage c’est que le flacon est beaucoup plus solide que les sachets de cachetons ou autres plaquettes avec feuille alu.  On peut l’avoir dans la poche des mois, et ça continue de fonctionner.

Deux fioles avant de partir, ça mange pas de pain et c’est sympa à avoir sur le terrain.

 

Quand c’est pas le manque d’eau, c’est le palu…

Paludrine, pas paludrine ?  Je ne suis pas qualifié pour répondre.  Les sensibilités et effets secondaires aux divers traitements préventifs sont très variables selon les gens.  A vous d’en discuter avec votre médecin et en fonction des zones où vous serez.  En revanche ce qui est sûr c’est que moins on se fait piquer par les moustiques, moins on a de risques de tomber malade (d’autant qu’il n’y a pas que le palu…  chikungunya, dengue, arboviroses diverses…  les moustiques tuent plus de gens chaque année que tous les barbus réunis).

Les moustiques sont attirés par quatre trucs :

  • la chaleur ;
  • le CO2 ;
  • les odeurs corporelles ;
  • les grosses masses de couleur unie et sombre ;

Contrairement à la croyance populaire, plus vous sentez bon et frais, moins ils vont vous foncer dessus.  Quelques lingettes pour bébé vous permettront donc AUSSI de prévenir un petit peu le palu sur le terrain.

Les antimoustiques, ça marche quand même pas mal.

Surtout ceux à base de DEET.  Attention, ça dissout tous les plastiques, nylons et autres produits à base de pétrole.  Une goutte sur un porte plaques et ça fait un trou.  Le mieux pour se protéger reste d’en mettre sur le bas des pantalons, autour de l’entrejambe sur le treillis, et sur le chapeau / chèche / couvre-casque (si coton) / casquette.  Directement sur la peau ça marche aussi (voire mieux) mais avec la transpiration ça s’en va parfois très vite, et ça brûle atrocement si ça coule dans les yeux ou sur une petite plaie.  Ça fonctionne environ 6h.

Un hamac avec moustiquaire imprégnée (péméthrine) est un must.

picJungleHammockAfghanistanJun07

Il en existe plusieurs modèles…  le mieux étant bien sûr ceux dont la toile est assez dense pour que les « maringouins » (expression de chez moi) ne puissent pas piquer au travers.  Les hamacs Henessy sont vraiment bien, et légers.  Ils viennent avec une bâche ultralégère juste à la bonne taille qui protège bien de la pluie et qui fait aussi un peu d’ombre.  Quand le contexte le permet, on la double avec une couverture de survie (posée à l’extérieur de la bâche, côté soleil, et fixée avec des pinces à linge) pour repousser plus de rayons infra-rouges.  L’ombre dessus est plus fraîche, du coup.  Mais on brille fort et très loin.  Pas très tactique.  Les hamacs Henessy ont l’avantage d’être complètement fermés (entrée velcro par le dessous qui se referme parfaitement quand on est dedans : pas de velcros qui s’ouvrent sur les côtés et qui laissent rentrer les vampires…, faciles à installer et assez robustes (surtout dans les versions un peu plus lourdes).

On peut imprégner ses vêtements et sa moustiquaire de pémétrhine en spray pour repousser encore plus efficacement les tiques, moustiques et autres.

Attention : dans le désert, se tenir loin des kékés (pleins d’araignées, serpents et autres)…  on accroche le hamac entre deux véhicules (éviter les dromadaires, ça bouge beaucoup et ça pue ;) ) // en milieu tropical on ajoutera une grosse corde (genre 10-12mm) au-dessus de son hamac pour parer un peu les chutes de branches et autres.

Pour compléter :

  • les moustiques pondent et se reproduisent dans l’eau stagnante.  Ils adorent les salles de bains, flaques d’eau, et toute zone un peu humide.  On sera donc particulièrement attentif quand on fait sa toilette…  d’autant que les zones les plus à risque pour le palu sont les zones peuplées (le moustique étant un vecteur, plus il y a de porteurs du palu dans une zone, plus on risque d’être soi-même infecté).
  • porter le treillis, qui protège du soleil et aussi des piqûres s’il est imprégné de péméthrine…
  • le chèche, idem, peut servir à se rafraîchir (en le portant mouillé notamment) et peut protéger des piqûres…

 

Prévoyez une petite tourista au début…

C’est quasiment systématique…  un anti-diarrhéique et l’antiseptique intestinal qui va avec peut être une solution pour fonctionner les premiers jours.  A discuter avec votre pharmacien.  Sinon, quelques lingettes pour bébé (la version peau sensible avec plein de trucs doux dedans ;) ) peuvent éviter les irritations.  Un petit onguent genre homéoplasmine pourra aussi compléter le boulot.  Evidemment, avoir de quoi se laver ET désinfecter les mains dans les phases « d’acclimatation » comme ça évitera de partager les microbes avec les collègues.

En France un savon et du gel d’alcool sont généralement parfaits.  Selon les contextes, le gel d’alcool en pays Musulman peut être assez mal vu et vous faire perdre des points de karma avec les locaux.  Il faut parfois en tenir compte.  On pourra utiliser, à la place, un savon antiseptique (genre solution moussante à base de chlorexidine), ou simplement se laver correctement les mains et ensuite les frotter avec quelques gouttes de désinfectant (biseptine ou autre).  Ce qui sera déjà beaucoup mieux que rien.

Dans tous les cas on évitera systématiquement de boire ou d’utiliser une eau qu’on n’a pas traitée soi-même (ou alors l’eau en bouteille qui vient de France).  Un simple glaçon oublié peut vous mettre HS 15 jours.

 

Evitez les irritations et les mycoses !

  • Pour les pieds : avoir les pieds propres et secs 8h par jour minimum.  Ne pas hésiter à les désinfecter, et à utiliser un mélange de talc et d’acide borique en poudre (un ziploc plein de talc + acide borique, on met le pied dedans, on secoue, ça économise le talc et ça en met vraiment partout…).  Les mycoses, c’est la misère.  Il faut les prévenir au maximum.
  • L’entrejambe : les mycoses dans les aines (le loup) sont très handicapantes.  Idem : laver, sécher, aérer, désinfecter au maximum.  Sec et propre 8h par jour.
  • Des cuissardes (type cycliste ou caleçon genre « boxers ») sans coutures irritantes peuvent éviter trop de frictions à l’entrejambe (le treillis mouillé devient abrasif…  mouillé par la transpiration c’est encore pire) en zone tropicale.  Choisissez des trucs très confortables pour vous et testez les en faisant du sport avec avant de partir.  Vous saurez ce qui va le mieux pour votre corps à vous.  Dans le sable et la poussière (savane, désert) les sous-vêtements moulants peuvent se remplir de sable et devenir irritants.  On préférera donc généralement des sous-vêtements amples qui protègeront quand même l’intérieur des cuisses de la friction du treillis tout en laissant le sable sortir.  A vous de tester selon vos préférences, mais pensez-y ça fera la différence.
  • Soyez rigoureux sur l’hygiène et enlevez au maximum le sable de vos chaussures / sous-vêtements.  Surtout sur les zones de frottement (aines, aisselles, pieds, sous les sangles et sur les épaules…) : une petite abrasion qui macère peut vite s’infecter et se transformer en cauchemar.  Dépoussiérez régulièrement vos aines / aisselles et toutes les zones de frottement.
  • Le savon de Marseille de base, sans odeur, est idéal pour se laver et il désinfecte bien la peau (faire mousser, laisser agir 10 minutes, rincer après).  Il permet en outre de laver ses vêtements régulièrement.  Le savon d’Alep est très bien aussi (voire mieux à cause du laurier qui est désinfectant) mais il se fait rare vu les évènements en Syrie.
  • Pour les yeux : un peu de sérum physiologique servira souvent.  Pour rincer les poussières etc.  Sinon des lunettes de soleil et un masque (ou lunettes avec mousse, moins chaudes) pour les déplacements en VHC.  On rajoutera au minimum le chèche sur la bouche et le nez pour filtrer le plus gros…
  • Attention si vous faites votre toilette avec des lingettes pour bébé bas de gamme qui laissent une pellicule grasse sur la peau : ça fixe les poussières et transforme le truc en pâte irritante avec la poussière de sable.  Comme ça comme pour beaucoup de choses « on est trop pauvres pour acheter de la merde ».
  • Pour une hygiène facilitée sur le terrain : se tondre intégralement est pas mal (pas d’épilation : risque d’infection à la repousse).  Ca facilite le nettoyage à la lingette comme le rincage de l’éventuel savon.

Ne sous-estimez pas le soleil…

Surtout si vous avez le teint clair (et encore !), le soleil des tropiques est vraiment extrêmement puissant et peut causer rapidement des brûlures importantes.  Couvrez-vous.  Vraiment.  Même et surtout par temps gris / couvert, les UV sont vraiment méchants.  Méfiez vous particulièrement du soleil sur les tatouages récents (moins d’un an).  Les réactions de la peau tatouée au soleil sont parfois surprenantes (réactions de type allergique, photosensibilité, brûlures accentuées, infections).

Protéger les yeux avec des lunettes de soleil de bonne qualité…

La crème solaire, c’est un truc utile aussi pour les durs de durs.

A toujours avoir dans les poches…

  • Un compressif israélien et des gants ;
  • de l’argent liquide (monnaie ayant cours localement, et euros, ça peut réellement servir, d’autant qu’il n’y a pas toujours d’avance ) ;
  • quelques mètres de duct tape ou gorilla tape enroulé sur une vieille carte quelconque (ça sert à tout !!!) ;
  • un petit couteau
  • quelques comprimés d’Aquatabs…  on n’en a jamais trop…
  • une petite lampe genre photon
  • un bout de paracorde (2-3m, ça dépanne souvent)
  • et quelques autres petits gadgets de dernier recours qui feront concrètement la différence dans le monde réel…

 

Quelques exemples en image de kits « perso »…

 

portefeuille avec une paye complète en liquide / téléphone durci / pince leatherman, pliant de bonne qualité / "grigri" avec briquet, clé USB, pince à échardes, petite lampe photon / lampe tactique avec clip / stylo / carnet / gorilla tape
portefeuille avec une paye complète en liquide / téléphone durci / pince leatherman, pliant de bonne qualité / « grigri » avec briquet, clé USB, pince à échardes, petite lampe photon / lampe tactique avec clip / stylo / carnet / gorilla tape
une vieille pochette en tissus, sangle coupée, deux bouches de paracorde cousues pour contenir du kit caché...
une vieille pochette en tissu, sangle coupée, deux bouches de paracorde cousues pour contenir du kit caché…
S'accroche sur la ceinture...
S’accroche sur la ceinture…
Se cache dans le bas du dos...
Se cache dans le bas du dos…
Ne pas négliger l'or ou l'argent (bijoux fondus,  pépites brutes, etc.) comme monnaie d'échange.  Ca fonctionne souvent bien.
Ne pas négliger l’or ou l’argent (bijoux fondus, pépites brutes, etc.) comme monnaie d’échange. Ca fonctionne souvent bien.

 

Les autres pièces de matos et astuces matos qui vont bien

Certaines sont évidentes et déjà dans « la liste » mais plusieurs vétérans sont unanimes :

  • Les Lowa Zephyr  beige sans membrane (j’ai rarement vu un modèle de chaussures faire autant l’unanimité)…
  • les poches à eau type camelbak (tout le monde en a ou presque mainenant, mais je le dis quand même, on sait jamais).  Un peu de maintenance en plus mais permettent de continuer à boire en mouvement.  On peut les nettoyer avec les solutions effervescentes pour nettoyer les dentiers.  Sinon avec le micropur forte les moisissures ne prolifèrent pas dedans…  Prenez un truc de bonne qualité, sinon elles fuiront très très vite.
  • pour prévenir les mycoses aux pieds, les semelles antifongiques à l’acide borique (peditrans).  A défaut, de l’acide borique en paillettes / poudre mélangé dans le talc (les deux se trouvent en pharmacie pour très peu d’euros) ça marche super bien.
  • les gants : absolument indispensables.  On peut couper le pouce et l’index (des gants hein ;)) pour plus de dextérité…  pas besoin de gants tactiques de luxe.  Les gants coqués de combat sont bien, mais des gants en cuir ordinaires, un peu ajustés pour une bonne dextérité, c’est déjà pas mal ;
  • des genouillères dignes de ce nom…  Alta industries en font des bien et pas trop chères…  mais il y a de plus en plus de choix…
  • les chaussettes : laine mérinos fine…  anti-fongique et antibactérien naturel, retient les odeurs, etc.  Toujours en avoir une paire propre et sèche dans le sac, préalablement imprégnée de talc / acide borique est un plus.
  • des tongs / sandales : prend pas de place, pas lourd, et ça permet de sécher les pieds, d’aller à la douche, etc.  Certains préfèrent des sandales à velcro pour une meilleure mobilité en cas de pépin au camp…  et pour pouvoir mettre des chaussettes traitées contre les moustiques.
  • des sacs plastique genre ziploc : permet de garder les affaires propres et sèches…  s’usent vite mais valent leur pesant de cacahuètes…
  • une frontale, ça sert parfois …
  • quelques mini-cyalumes…
  • un sac de couchage avec moustiquaire intégrée…  parce que la nuit il fait froid, même si c’est difficile à croire la journée…  sinon, pour pouvoir se lever plus rapidement, le poncho liner ou une simple couverture en laine sont très bien, et plus polyvalents.  Les anciens d’Afgha utilisent souvent des pathus afghans (couvertures en laine traditionnelle de couleur terre très mate et très chaude) un peu partout et ils adorent tous…
  • une montre…  c’est tellement évident qu’on peut l’oublier.  Très très utile tout le temps.  Prenez plutôt une avec un verre minéral : les verres en plastique se rayent et deviennent presque opaques dans la durée.
  • une bête cuiller…  les spork en titane sont pas mal mais une simple cuiller de base permet de manger avec un truc propre…  et durable.
  • une carte de la région ou du pays (on trouve généralement des cartes touristiques qui suffisent…  sinon prenez au moins une photo de la carte au PC avec votre téléphone pour consultation si nécessaire…  le mieux étant bien sûr de mémoriser au moins les axes et villes principaux !)
  • un « dumbphone » bien basique (exemple Nokia 101, double sim, même pas d’appareil photo, pour les SMS et le téléphone uniquement, batterie qui dure une semaine voire plus, etc.) avec batterie de rechange et carte sim locale Et carte sim perso ordinaire…  permet d’assurer les coms minimales, pour 100g d’encombrement.  Evidemment on utilisera les moyens de com en accord avec les contraintes tactiques et les directives.  Mais ça peut dépanner, parfois.

Pour rafraîchir votre corps pendant les patrouilles

  • un bandana mouillé, noué autour du cou, va rafraîchir le sang irriguant le cerveau par évaporation et fera déjà un bien considérable, surtout dans les climats secs (dans les climats humides ça évapore moins bien forcément, sauf en déplacement rapide –> pirogue, véhicule ouvert…) ;
  • un autre bandana (ou autre bout de coton mince de couleur tactique hein…  un bout de chèche coupé fera l’affaire) mouillé sur la tête, sous le casque, peut parfois aider si on a un courant d’air qui passe dessus (sinon ça ne change rien).
  • de mouiller les poignets des gants et du treillis peut aussi aider un peu (évaporation)…
  • apprendre à profiter au maximum de chaque centimètre carré d’ombre, de chaque petit courant d’air…
  • se détendre au maximum (quand c’est possible, bien entendu) ;
  • partir bien hydraté, et s’hydrater tout le temps de la patrouille (camelbak : à 700ml/h, votre poche à eau de trois litres devrait durer un peu plus de quatre heures, pensez à grignoter un peu de salé de temps en temps).

 

Donnez-nous vos feedbacks (lui@davidmanise.com) et partagez ce texte !

C’est fait pour servir.  Vos retex permettront de l’améliorer.

Merci pour le boulot, et soyez prudents !

David Manise

 

 

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Effacer les données d’un disque dur, une approche intégrative

Nombre de gens sous-estiment toutes les données qui restent encore présentes sur un disque dur, même quand on les a effacées depuis des mois ou des années, même quand on l’a formaté…  Nombre de personnes aussi, y compris des personnes qui ont des « security clearances » ne se doutent pas de la durée de vie des données sur un disque dur abandonné dans une décharge.  Les disques durs sont des boîtiers parfaitement étanches, et même en présence d’eau, de froid, de gel, de produits chimiques divers, ils restent généralement très stables dans le temps.  5, 10, 15, 20 ans après les données peuvent souvent être exploitées en tout ou en partie.

Pour effacer réellement un disque dur, il existe des utilitaires qui, en gros, effacent et réécrivent entièrement de nombreuses fois des données aléatoires sur le disque de manière à recouvrir les traces magnétiques présentes.  En théorie ça marche vraiment pas mal.  Mais j’ai un ami qui vient de me prouver qu’il arrive, dans certains cas, à passer au travers (parce que, notamment, les données ne sont pas vraiment aléatoires et qu’il arrive parfois à refaire le processus à l’envers).  Même les disques qui ne s’amorcent plus et qui sont annoncés comme « morts » par votre réparateur informatique peuvent généralement être lus en tout ou en partie (d’ailleurs, selon votre métier il peut être utile d’insister pour récupérer le disque soi disant mort pour en disposer correctement).

Riche de sa culture de hacking low tech et de son pragmatisme habituel, le CEETS vous propose une manière 100% sûre de maîtriser les données restantes sur les disques durs que vous jetterez à la poubelle.

Une image vaut mille mots ;)

Ouvrez le boîtier du disque.  Il faut généralement un tournevis torx.
Ouvrez le boîtier du disque. Il faut généralement un tournevis torx.
Libérez la tête de lecture et retirez le disque de son socle (quelques vis torx en plus à retirer)
Libérez la tête de lecture et retirez le disque de son socle (quelques vis torx en plus à retirer)
Défoncez lui copieusement la gueule à coups de masse :)
Défoncez lui copieusement la gueule à coups de masse ;)

 

 

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L’antifragilité — un concept qui nous manquait cruellement.

antifragileNassim Nicholas Taleb m’a cruellement cassé les couilles dans son bouquin « Antifragile »…  parce qu’il a mis le doigt sur LE concept qui anime toutes les parties de ma vie depuis des lustres.  Je me retrouve comme un con à me rendre compte que tout ce que j’ai fait jusque là consistait essentiellement à enseigner ce concept là, à remettre en tête ce concept là aux gens, aux organisations, et aux cultures que j’ai rencontré.

Cet enfoiré résume ça en un simple mot.  Et il ne manque rien.  Je suis jaloux de ne pas l’avoir trouvé avant lui ;)

Une brève définition de l’antifragilité

Un système antifragile est un système qui se renforce et évolue positivement grâce aux problèmes, grâce au chaos, grâce au bordel.  C’est un peu l’archétype de « tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ».  Taleb distingue ainsi le système « fragile » (si on le cogne, il casse), le système robuste (si on le cogne il ne change pas), le système résilient (si on le cogne il plie et retrouve ensuite sa forme d’origine) et le système antifragile : si on le cogne il se renforce.

Notre corps est un parfait exemple de cela.  Non seulement il n’est pas fragile, mais au contraire : il s’adapte aux efforts, aux coups, au froid, au stress.  Si on l’expose à une juste dose de souffrance et qu’on le laisse ensuite récupérer, il devient plus fort, plus résistant, plus performant, mieux adapté.  Nos écosystèmes font de même.  Nos cultures aussi.

Nous sommes naturellement antifragiles.

Evidemment, il y a une notion de dose à ne pas dépasser.  Pour qu’un truc nous rende plus fort, il faut qu’il ne nous tue pas…  Il y a donc des degrés d’antifragilités plus ou moins grands.  Et je me rends compte, très justement, que je travaille depuis 10 ans, via mes recherches et mes stages de survie, à développer ma propre antifragilité et celle des autres.  A augmenter cette capacité.  A rendre les gens et les organisations antifragiles.

Nous naissons antifragiles…  puis on nous apprivoise.  Ou pas.

Ou pas.

Ma première machette.  Elle a 31 ans...  à force la lame a perdu 1cm de largeur, et elle est devenue toute noire...  Elle m'a déjà sauvé la vie plus d'une fois, celle là.
Ma première machette. Elle a 31 ans… à force d’être affûtée la lame a perdu 1cm de largeur, et avec le temps elle est devenue toute noire… Elle m’a déjà sauvé la vie plus d’une fois, celle là.  C’est le seul bien matériel auquel je tiens vraiment.

J’ai eu la chance énorme d’avoir une mère qui m’a laissé me blesser.  Me casser la gueule.  Avoir des accidents.  Faire des expériences.  Elle savait que de trop écouter sa peur qu’il m’arrive malheur était la meilleure manière de me condamner à devenir une larve pathétique…  et elle m’a laissé me faire mal.  Juste assez.  Juste assez pour que j’apprenne.  Que j’apprenne à me méfier.  Que j’apprenne à guérir.  Que j’apprenne à rebondir.  Elle disait souvent « on nait seul, on vit seul et on meurt seul ».  Elle disait souvent « sors-toi les pouces du cul ».  Elle disait souvent aussi « sois prudent ».  J’ai eu ma première machette à l’âge de 7 ans, parce qu’en Afrique elle avait vu des gamins de cet âge là manier des machettes et survivre.  Et j’ai pu dormir tout seul dehors très jeune parce qu’elle avait pu vérifier qu’en cas de pépin j’étais déjà capable de bon sens de base.  Acquis par l’expérience…  déjà.

Elle m’a poussé à me faire confiance, et surtout à m’exposer.  Quand je disais que l’eau était trop froide, elle se moquait de moi.  Quand je disais que j’avais peur, elle répondait qu’elle ne serait pas toujours là pour me regarder pleurnicher.  Et oui, j’avoue, je l’ai trouvée trop dure.  Qu’est-ce que j’aurais aimé avoir une mère comme celle des autres…  une mère douce et gentille, qui pardonne tout et qui protège de l’univers…  Puis, avec le recul, je mesure la chance que j’ai eue.  Elle a toujours su doser parfaitement la dureté dont j’avais besoin pour progresser.  Elle m’a fait sortir de ma fragilité à coups de pompes dans les dents.  Et à 16 ans j’étais videur du petit bar local.  Et à 18 je survivais à mon premier coup de couteau…  et après des études complètement atypiques (anthropologie, journalisme, philo, psycho, médecine, informatique) et un bref séjour dans le monde débile des start-ups, à 25 ans je suivais une belle petite journaliste en France sans me retourner, quittant le Québec pour aller voir plus loin.

Pourquoi je vous fais ce petit « 3615 my life » ?  Tout simplement pour illustrer le fait que les enfants sont antifragiles, et que nous avons le devoir, en tant que parents, de maintenir leur capacité d’adaptation intacte en la stimulant.  Pas trop (ça devient de la maltraitance), mais suffisamment (sinon ça devient de la maltraitance aussi).

Dans quels pays le taux de suicide est-il le plus élevé ?  Les pays riches, où les gens ont tout le confort, et jamais de vrai problème.  Dans quels pays consomme-t-on le plus d’anxiolytiques, anti-dépresseurs, et autres béquilles chimiques ou sociales ?  Les pays riches, où l’état-nounou assure tous les besoins.  Depuis quand avons nous des problèmes d’allergies, de maladies coronariennes, auto-immunes, de diabète ?  Depuis quand sommes nous devenus obèses et lents ?  Depuis que nous vivons au chaud, en sécurité et sans jamais plus avoir faim ni devoir bouger nos gros culs pour survivre.  Et devinez quoi ?  On se remet à manger paléo, à s’exposer au froid, à bouger et à jeûner, et d’un seul coup tout va mieux.  Etrange non ?

Je dis aux gens, depuis 10 ans, en stage de survie, qu’ils sont des machines à survivre qui s’ignorent.  Que nos corps et nos esprits sont faits pour lutter, survivre, combattre, jeûner…  que nous sommes taillés pour la guerre, pour faire la fête, pour soulever des trucs lourds, pour nous entraider pour survivre.. pas pour la concurrence de merde dans le confort du bureau.  Que nos esprits profitent d’avoir à gérer de vrais problèmes.  Que la vie est un truc concret.

Trop d’optimisation tue l’optimisation

La diversité, la redondance et le bordel sont des protections contre le changement.  Les choses « inutiles » sont souvent utiles dans des contextes différents.  Et toutes les économies d’échelles, rationalisations et optimisations du monde ne valent que quand tout va bien.  Qu’à l’intérieur d’un contexte donné.

Aussi, je le dis et je le redis depuis des années : fuck le management.  Mort aux optimisations.  Faut arrêter de rationaliser, et il faut accepter qu’on ne maîtrise pas tout.  Il faut arrête de tout foutre dans des cases, dans des boîtes et de tout ranger.  Il faut laisser un peu la nature suivre son cours, et avoir l’humilité de croire que toutes ces choses qu’on ne maîtrise pas parfaitement seront peut être utiles d’une manière qu’on ne perçoit pas pour le moment.

Le confort, c’est la mort

Le confort, l’attachement au confort et la recherche de confort est probablement ce qui tue le plus sûrement les grandes civilisations.  Plusieurs avant nous sont passées par là.  Dernière en date, Rome a vu la qualité de vie de ses citoyens atteindre un point tel que leur antifragilité a périclité.  Il est devenu, à un certain point, « barbare » de ne pas se complaire dans le luxe et la facilité.  On connaît le résultat.

Attention, bien entendu, à ne pas tomber dans l’extrême inverse qui consiste à chercher à en chier le plus possible…  inutile de trop en faire.  Simplement, rester simple.  Manger moins mais mieux.  Réapprendre à vivre dehors, à s’asseoir par terre, à avoir un peu froid…  à tomber, à se relever.

Tellement d’exemples nous prouvent que trop de confort et pas assez de stimulation de nos facultés d’adaptation sont mauvaises pour nous…

  • les lombalgies causées par le manque d’exercice et des positions assises prolongées… ça vous parle ?
  • le stress chronique à petite dose qui nous ronge…  alors qu’un gros coup de stress et une bonne baston stimule notre système immunitaire, nous fait sécréter de l’hormone de croissance et de la testostérone…
  • le jeûne qui, on s’en rend compte, devient une manière de défoncer la gueule aux cellules cancéreuses plus efficacement…
  • l’ostéoporose galopante qui est prévenue très efficacement par l’activité physique et le port ponctuel de charges lourdes, genre haltérophilie…
  • la marche pieds nus qui est excellente pour développer la proprioception, re-muscler les pieds et les chevilles, et prévenir les entorses…
  • de se protéger sans arrêt des peines de coeur fait qu’on finit seul, con et aigri… ;)
  • notre tissus social qui souffre cruellement du fait qu’on n’a plus du tout besoin des voisins, ni des autres dans ce monde ultra-confortable…  et qui renaît en quelques heures de manière incroyable lors des catastrophes !  On a vu des voisins qui se faisaient la guerre jusque là s’entraider admirablement lors d’inondations.  On a vu des jeunes de gangs de rues porter des mamies à bout de bras pour les déposer délicatement dans des chaloupes.  On a vu des quartiers entiers mettre les vivres et les bouteilles de gaz en commun pour organiser une cuisine collective dans les ruines de villes détruites par un tremblement de terre, etc, etc.  Sous pression, nos sociétés se soudent et fonctionnent mieux.

Bref, de considérer notre corps comme un système intelligent, adaptable…  et antifragile est une manière efficace de vivre mieux.  Comme toujours, il faut juste éviter de se blesser, de trop en faire, et d’être débile.

Nous avons besoin de vrais problèmes et de liberté pour les régler.

 

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Voyager en hiver…

J’ai grandi au Québec.  Là-bas, l’été en général, a lieu un mercredi ou un jeudi de juillet.  Des fois c’est en août mais plus rarement.  Et le reste du temps c’est plus ou moins l’hiver…  Du coup, j’ai pris quelques habitudes qui, au final, se révèlent être plutôt utilisables même en Europe, quand la météo commence à devenir virile.

En train

TGV sous la neigeTypiquement, le train passe même avec une bonne couche de neige.  Cependant, les trains avec une catener tolèrent moins bien les couches de glace et de neige, qui provoquent parfois des micro-coupures…  ce qui cause des arrêts parfois brutaux de la machine.  Le reste du temps, le train en lui-même fonctionne même sous la neige.  En revanche des véhicules bloqués sur les passages à niveaux, des problèmes d’aiguillage ou des soucis dûs à la dégradation générale du contexte peuvent largement perturber le trafic ferroviaire.  Et du coup, on reste bloqué quand-même…

Rester bloqué dans le train, en soi, n’est pas un énorme problème.  C’est juste un peu pénible mais typiquement on est au chaud, on a des toilettes, et on peut papoter avec nos compagnons d’infortune.  Ceci étant, d’avoir de quoi tenir qques heures en milieu confiné peut être vraiment sympa.

Pas plus tard qu’hier je me suis retrouvé coincé près de deux heures dans un TGV…  expérience mémorable.

  1. j’avais un thermos de café, ce qui m’a permis de redonner un peu le sourire à mon voisin qui râlait…  et à entamer la discution…  et accessoirement à me retrouver à parler survie urbaine avec un spécialiste de la sécurité de bâtiments qui est devenu instantanément un pote :)
  2. j’avais mon chargeur de téléphone, ce qui a pu dépanner un mec derrière moi qui devait à tout prix envoyer un mail…  mais qui n’avait pas prévu que le voyage durerait plus longtemps que la batterie de son iPhone…
  3. j’avais un sachet de graines diverses et un peu de chocolat noir dans le sac à dos, ce qui m’a permis de tenir sans problème quelques heures de plus même si j’avais mangé super « light » le midi…  (et le régime paléo est aussi top pour ça, faut avouer).

Rien de bien spécial hein, me direz-vous.  Pas de couteau de rambo ni de baudrier pour m’extraire en rappel d’un train suspendu sur un viaduc…  juste les trucs de base pour vivre sereinement un retard prévisible dans un environnement connu à l’avance.  Pourtant j’ai vu, à ce moment là, la surprise sur les visages de plein de gens…  et l’anxiété monter au fur et à mesure que ça s’éternisait.  Les gens se sentaient prisonniers.  Ils avaient l’impression de subir.  Certains râlaient gentiment.  D’autres géraient leur retard par téléphone.  D’autres soupiraient…  mais visiblement, pratiquement tout le monde dans ce train considérait que ce retard était surprenant et anormal.

Et moi je souriais :)   Surtout parce que j’étais prêt mentalement et matériellement…  j’avais anticipé le problème.  Et que je réglais des petits problèmes autour de moi l’air de rien.  C’était un petit laboratoire de dynamique de groupe en situation de stress léger, et en fait je me suis régalé.  Mais bon.  Bref.  Je suis cinglé, je sais ;)

Etre bloqué dans une gare

Là où c’était moins drôle, en revanche, c’était pour ceux qui, arrivés à une gare, se retrouvaient le bec dans l’eau parce que leur correspondance était annulée.  Pour le coup, eux, ont pour la plupart dû se débrouiller pour trouver un hébergement…  qui a parfois fini par une attente longue et vraiment bien froide sur un banc de gare (ceux qui connaissent la Part Dieu savent à quel point cette gare est un frigo surpeuplé).  Les plus malins sont allés squatter les restaus autour.  Les autres ont attendu qu’un train s’affiche en grelottant.

J’en étais…  mais avec une bonne veste, un thermos de café chaud, un sap plein de monnaie pour pouvoir aller aux toilettes à volonté (sinon avec le froid on a envie de pipi, et ça devient vite la misère…  j’ai vu un homme de 50 ans en veston cravate devoir faire la manche en dansant d’un pied sur l’autre pour pouvoir pisser dignement, belle leçon de vie quand on sait que pour un garçon, une gourde Nalgène et un coin de mur permettent de se soulager, dans le pire des cas, même dans un lieu public bondé — et pour les filles il existe aussi des solutions, by the way…).

Bref, c’est tout con…  mais les gens sont tellement habitués à pouvoir compter aveuglément sur des infrastructures qui tournent à la perfection que la moindre anomalie les met tout de suite dans le rouge.  Alors que le simple fait d’anticiper un tout petit peu permet, avec 20% d’effort en plus, de régler 80% des problèmes évidents.

La méthode est simple : suffit de se poser la question de ce qui peut arriver, et de réfléchir trois secondes aux conséquences sur notre plan de match initial.  En gros :

  1. Prise d’infos : la météo prévoit de la neige.
  2. Déduction accessible à tous, ça peut perturber le trafic…
  3. Un pas mental plus loin : si ça perturbe le trafic, je peux me retrouver coincé dans le train ou dans une gare…
  4. Comment vivre ça le mieux possible ?

Et on évite que la situation ne se complique inutilement.  Et on peut être utile autour de soi.  On devient une partie de la solution, et non plus une partie du problème bêlant et hébété qui subit un choc psychologique intense face à la rupture de sa petite normalité… ;)

En voiture

La voiture, c’est super…  mais quand il y a 20 ou 30cm de neige sur la route et qu’on commence à avoir du mal à distinguer le ciel du caniveau, parfois c’est quand même un peu merdique.  Typiquement, en hiver, comme je donne souvent cours dans des zones enneigées (Suisse, Jura, Alpes), je me retrouve à trimballer un petit peu de matériel en plus « au cas où ».  Le scénario de base est simple : je sors de chez moi avec mes vêtements de ville, et je me retrouve dans la tempête de neige sur la route ensuite.

Préserver ma mobilité le plus possible

Vous connaissez tous notre bon vieux « CCVMD », inutile que je vous serine avec : conscience, communication, vision, mobilité, dextérité…  nos 5 moyens de base pour ne pas crever.  La mobilité, en voiture, est forcément un point à maintenir et à protéger.  Idem pour la vision.

Donc, en hiver :

  • pneus neige de bonne qualité (depuis que j’ai découvert les pneus d’hiver de nouvelle génération j’ai carrément hâte qu’il fasse tout blanc juste pour passer partout sans problème) ;
  • chaînes pour la neige pentue ;
  • pelle à neige (une petite démontable ultralégère, de celles qui vont avec les ARVA, juste parfaite) ;
  • et un bout de vieille corde d’escalade (et un peu de sangle) pour tracter ou être tracté…
  • du lave glace en réserve (au Québec c’est obligatoire, et quand on roule dans la bouillasse derrière un camion c’est carrément vital) ;
  • des essuie-glaces en bon état, un grattoir pour les vitres, et tout ça, bien entendu…

Pour gérer le côté thermique de la chose, si je dois pelleter longtemps ou abandonner le véhicule et marcher :

  • des bottes d’hiver Sorel (grosses, larges, chaudes, parfaites…  je veux être enterré avec :)) ;
  • des mouffles de l’armée suédoise (idem) ;
  • une veste gore-tex, plus le bonnet et la polaire qui vont avec (mon pote Jérôme Solo d’Azimut Nature m’a trouvé une Gore-Tex de l’armée Française parfaitement neuve et à ma taille pour 80 euros, je l’adore…).
  • un gilet fluo (parce que marcher comme un con au bord de la route c’est bien, mais sans se faire écrabouiller par un chasse-neige c’est mieux) ;
  • une frontale avec ses piles de rechange…

Et si je décide de bivouaquer dans la voiture :

  • un sac de couchage -15 confort (ou plusieurs si je suis en famille) ;
  • un réchaud « multifuel » qui fonctionne par temps très froid ET avec du gasoil (bah oui quoi j’en ai 60 litres dans le réservoir autant que ça puisse servir de réserve) et une petite quantité de carburant dédié ;
  • quelques rations militaires qui tolèrent assez bien les cycles gel/dégel…
  • du café et une petite cafetière bialetti (parce que je le vaux bien ;))
  • de quoi signaliser la voiture même si la batterie rend l’âme (le triangle étant bien vite recouvert de neige, j’ai opté pour un cyalume rouge que j’accroche à l’essuie-glace arrière ou à l’antenne) ;

En gros, de quoi voir où je vais, passer quand même (plan A)…  sortir ma voiture de la neige ou du fossé si besoin (plan A en version je m’entête)…  et dans le pire des cas pouvoir  marcher sans risque quelques kilomètres (plan B), et si c’est vraiment trop la misère, utiliser ma voiture comme abri et le signaler pour éviter un coup de camion ou de chasse-neige (plan C).

Vous voyez le topo ? ;)

Anticipez.

Ciao ;)

David

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La formation des moniteurs au CEETS

Chaque semaine, je reçois plusieurs dizaines de demandes de la part de gens qui m’annoncent qu’ils ont décidé de devenir moniteurs au CEETS. Presque tous, après s’être heurtés à ma légendaire réceptivité sur le sujet, s’en retournent vexés, frustrés, et aigris. La vérité est que devenir moniteur au CEETS n’est pas accessible à tout le monde. Autant nos programmes de formation, le contenu de nos stages, peuvent être suivis avec succès par n’importe quelle personne en bonne santé mentale et physique, autant pour ce qui concerne nos moniteurs, c’est strictement l’inverse. Je pense qu’environ une personne sur 100 000 a les qualités requises pour entamer le cursus (le chiffre est une pure estimation, oui, mais ça donne un ordre d’idée qui me semble très proche du réel).

 

La survie est un domaine infiniment complexe. Techniquement, déjà, c’est extrêmement vaste. La survie, c’est la convergence de centaines de disciplines diverses et variées, allant de la psychologie à la médecine de montagne, en passant par la météorologie, la dynamique des fluides, la métallurgie, la couture, la taille de silex ou l’informatique. Humainement, la pression qui est mise sur un moniteur, lors d’un stage de survie, est souvent phénoménale. Les gens viennent avec des attentes énormes. Et les risques, aussi, peuvent vite devenir gigantesques si on laisse une situation se dégrader. La responsabilité engagée est colossale, et, concrètement, nous avons une obligation de RESULTATS lorsqu’il s’agit de la santé de nos stagiaires.  Le moniteur CEETS, coincé entre l’envie de certains de « passer un bon moment » (autrement dit pouvoir dire qu’ils ont pris des risques comme de vrais aventuriers, mais sans prendre de vrais risques comme de vrais aventuriers), le besoin réel des autres d’acquérir un savoir pratique, les effets de groupe, le détail des programmes, le terrain, la météo, la logistique, le juridique… est littéralement tiraillé dans plein de directions à la fois, et doit gérer tout ça de manière simultanée, sans droit à l’erreur. Ainsi, les qualités que l’on exige d’un bon moniteur de survie sont vastes, difficiles à acquérir, et demandent en outre des compétences qui sont souvent assez antinomiques.

Un bon moniteur de survie, en clair, c’est quelqu’un qui:

  • Est très physique, mais aussi très intellectuel ;
  • Est très sensible, avenant et humain, mais aussi capable de s’imposer et de trancher de manière bête et méchante pour la sécurité de son groupe quand il le faut ;
  • Est capable d’écouter, mais a une grande gueule et un charisme suffisant pour s’imposer face à n’importe quel groupe ;
  • Est sûr de lui, mais capable de se remettre en question constamment pour progresser ;
  • Est bienveillant, mais intraitable ;
  • Est un spécialiste de la pédagogie, et un touche-à-tout doué pour tout le reste…
  • Etc.

Bref, ce sont là des qualités que l’on retrouve généralement chez une infime minorité de gens. Le profil « très physique, capable de s’imposer, charismatique, sûr de lui et intraitable », on en trouve beaucoup. Et on n’en veut pas comme moniteur… Leur place est plutôt derrière un fusil, avec des méchants en face. Le profil « intellectuel, sensible, humain, capable d’écoute, capable de remise en question et bienveillant », de son côté, est encore plus courant de nos jours. Mais sa place est dans un labo de recherche, pas face à un groupe de carnivores qui veut apprendre.

Si je devais faire des statistiques, dans la population générale, je dirais que les gens qui ont, intrinsèquement, 80% des qualités recherchées doivent représenter environ 1% de la population, au GRAND maximum. Parmi ce 1%, environ 1% a un intérêt pour la survie, et l’outdoor. Et parmi ce 0,01%, encore peut-être 1% a envie d’en faire son métier, à plein temps ou à temps partiel. Bref, oui, un moniteur CEETS, c’est une perle rare.  Pour le moment je n’en ai trouvé qu’une petite dizaine (sur des milliers de gens que je connais) qui ont accepté d’entamer le cursus… Certains ont été appelés sous les drapeaux, ou vers d’autres projets personnels entre temps… Et au final, pour le moment, seuls cinq ont terminé le cursus.

 Mais parlons-en, de ce cursus… De quoi s’agit-il au juste ?

Devenir moniteur CEETS, déjà,  cela suppose d’avoir un réel intérêt pour la chose, puis :

  • D’avoir fait tous les stages du CEETS au moins une fois, mais surtout le stage « Fondamentaux », le niveau 1 et le niveau 3 ;
  • De venir observer pendant une période plus ou moins longue le fonctionnement des stages en coulisses, avec moi. Pendant cette période, l’aspirant moniteur n’est pas rémunéré, ni même défrayé pour son déplacement. Il est là, mais il ne sert à rien. Il prend de la place dans ma voiture, de la place dans mon esprit, et je ne peux pas accueillir un seul stagiaire en plus grâce à lui… Il est là un peu comme un voyeur, pour essayer de voir si le job pourrait l’intéresser, et cherche à intégrer les modules, les méthodes, etc.  Et je l’aide, bien sûr.
  • De venir m’aider à encadrer les groupes pendant une période qui varie selon les personnes : à ce stade, on parle d’un « aide moniteur ». Là, le moniteur en formation donne un coup de main pour l’encadrement : il prodigue des conseils, donne ses petits trucs, corrige de temps en temps les gens sur des techniques précises qu’il maîtrise bien. Et de temps en temps il donne un module, sous ma supervision directe. Je corrige le tir au besoin. Et là, le moniteur fait ses premières armes : il parle à un groupe, il doit expliquer clairement, faire les démonstrations percutantes, répondre aux questions (y compris les miennes, qui sont parfois déstabilisantes)… Ensuite, le soir, souvent 45 minutes ou une heure sont prises en petit comité pour débriefer le ou les moniteurs en formation. Trucs, astuces, correctifs, remarques, questions réponses… Le moniteur engrange, discute, cherche à comprendre, et moi je l’aide du mieux que je peux…
  • Une fois que j’ai constaté que le moniteur donne tous les modules correctement, que son comportement est juste, que sa gestion de groupe est saine, que tout est fluide, et que je le sens solide, je commence à le pousser hors du nid. Il est encouragé à organiser son stage de validation. Il s’agit d’un stage qu’il organise de A à Z, auquel j’assiste comme simple stagiaire, avec mon petit calepin maléfique… Je note, je pose des questions, je cherche la faute… Et si tout roule, je valide…  Et le moniteur est diplômé. Il devient officiellement moniteur du CEETS.

 

Et là, le boulot ne se termine pas ! Au contraire. Les moniteurs sont recyclés, remis à jour en permanence. Chaque année, nous nous réunissons pour remettre tout le monde à niveau, remettre les choses à plat, partager nos dernières trouvailles… Le diplôme de moniteur est valable trois ans. Sans recyclage, au bout de trois ans, je considère que le moniteur est périmé…  parce que les connaissances évoluent trop vite pour qu’on puisse s’asseoir sur ses lauriers (et c’est valable, en priorité, pour moi).

Et vous savez quoi ?  Je suis un putain de privilégié de pouvoir bosser avec des gens comme ça.

Quand je vois ces moniteurs en gestation, ces personnalités en or, en stage, en formation, etc, j’ai toujours cette même impression d’être réellement privilégié. Je me dis toujours que j’ai une chance incroyable qu’ils acceptent de me suivre dans mes délires, et de bosser avec moi. Et j’ai, j’avoue, une pression monumentale pour leur donner assez de grain à moudre, pour être cohérent, fiable, et à la hauteur, globalement, de la qualité de ce qu’ils font de leur côté. Et quand je me loupe, ils ne se privent pas pour me le faire remarquer. C’est de bonne guerre. C’est voulu comme ça. C’est leur responsabilité aussi de critiquer ce que je fais, de me faire progresser aussi en tant que « boss ». On ne se fait pas de cadeaux… mais on reste bienveillants les uns avec les autres.  On bosse. Et on avance.

Cette dynamique est extrêmement saine, et franchement on se marre bien, parce que tout le monde fait avancer tout le monde… C’est un investissement énorme, pour tous. C’est une vocation, même, je dirais… Mais au final tout ça a un sens, une utilité réelle.

On l’oublie parfois un peu, avec ces effets de mode et ce délire de la survie « loisir » (et pourquoi pas des premiers secours « loisirs », aussi, un jour ? Tant qu’à tout pervertir au nom du profit…), mais nous donnons des stages qui ont pour but d’empêcher les gens de mourir. Si nous leur racontons n’importe quoi, nous les mettons en danger. Si nous choisissons mal les sujets abordés, les gens repartent avec un faux sentiment de sécurité, et sont encore plus en danger que s’ils n’étaient pas venus chez nous. Et si nous faisons bien notre boulot — et c’est le cas !!! — que nous transmettons correctement et efficacement les bonnes connaissances, les gens meurent moins souvent.

Ça n’est pas un jeu. Ça n’est pas un loisir. Ça n’est pas un hobby qu’on ferait comme ça par-dessus la jambe.

Nous ne faisons pas ça pour « passer un bon moment avec nos stagiaires ». C’est sérieux. Et c’est avec ce sens aigu des responsabilités que je forme les moniteurs du CEETS… Ils n’ont pas le droit à l’erreur. Et moi encore moins.

A la question, qui revient souvent, lors des inscriptions : « Est-ce que les moniteurs sont aussi bons que David Manise », je souris, et j’avoue éprouver une certaine fierté à pouvoir répondre qu’ils sont meilleurs. Et je le pense vraiment. Sur les N1, ils font réellement un boulot extraordinaire, avec un enthousiasme, un dynamisme et un professionnalisme qui me font réellement chaud au cœur.

Un moniteur CEETS, c’est autre chose que juste un formateur ordinaire. Un moniteur CEETS, c’est une personne avec des qualités rares, longuement formée, testée plusieurs fois, s’investissant réellement sur généralement plusieurs années, passionnée et compétente, qui s’inscrit dans un processus d’auto-critique et de formation continue. Il est dépositaire d’une pédagogie éprouvée par 10 ans sur le terrain avec des groupes divers et variés. Il profite et contribue à développer une technicité issue de 30 ans d’expérimentations, de milliers d’ouvrages de référence, de tests, de blessures, de conneries déjà faites et à éviter désormais… C’est un cerveau, un physique, une attention, un bagou, une capacité à se remettre en question, une capacité à s’imposer, à cadrer, à transmettre… Le tout dans la bonne humeur, avec un humour et une auto-dérision qui évitent de se prendre trop au sérieux… et avec un grand professionnalisme, une rigueur intraitable, et des résultats qui parlent d’eux-mêmes… ;)

Un jour, superman et un moniteur CEETS ont fait un bras de fer.  Le perdant devait porter son slip par-dessus son pantalon pour le reste de sa vie ;)

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Survie pédagogique…

Homo sapiens sapiens dépend de la transmission du savoir pour survivre en tant qu’espèce.

Si on enseigne mal, on vit mal.  Si on transmet bien (et les bonnes choses), on vit mieux.  Et le monde est rempli de parents qui veulent bien faire, d’adultes qui ont envie d’aider, de gens qui aiment transmettre des trucs qu’ils connaissent.  Cette transmission des savoirs est quelque chose de précieux.  Et de savoir transmettre est, fondamentalement, absolument, totalement UTILE pour notre espèce.

Alors je me lance.  Je vous livre ici quelques principes fondamentaux de la pédagogie « CEETS » qui valent ce qu’elles valent, mais qui, bien appliquées, donnent des résultats extra-ordinaires (je note au passage que j’en dois quelques unes à PP et Alain, mais on va finir par croire qu’ils me paient pour faire leur pub alors j’évite de trop en faire)…

(note préventive pour m’éviter des heures de débat avec tous ceux qui vont me dire que je ne devrais pas donner comme ça tout plein d’outils à la concurrence : les vrais secrets se gardent parfaitement bien tous seuls.  Un peu comme la règle des trois « complétée », les stages divisés en niveaux ou l’effet Chimpanzé, on nous les piquera (sans savoir bien les utiliser) et on se ridiculisera en le faisant, hein, et ça en convaincra un ou deux, sans doute…  mais je pense que de diffuser ces principes fera globalement plus de bien que de mal, dans l’univers.)

Quelques trucs pour bien transmettre ses connaissances.

  1. Toujours formuler ses critiques par la positive : « fais plutôt comme ça, ça marchera mieux ».  Critiquer négativement donne une image négative d’elle même à la personne critiquée, ce qui peut nuire à son estime d’elle-même et/ou stimuler des défenses qui empêchent le message d’arriver jusqu’à son cerveau ;)
  2. Laisser un élève en situation d’échec est une faute professionnelle.  Un élève qui échoue est le symptôme d’une pédagogie inadaptée et/ou d’objectifs trop difficiles pour son niveau (et d’évaluer ce niveau est de la responsabilité du formateur, bordel de merde).  Toujours faire réussir.  Commencer par des fractions de problème s’il le faut, faire digérer lentement des portions parfois infimes de l’apprentissage final, et construire en combinant ces petites réussites comme des briques, patiemment, jusqu’à en faire un mur.  C’est ça le boulot de formateur.
  3. Les humains apprennent sur le tas.  Ils s’en foutent des grands discours sur ce qui les attend, de la belle théorie que vous leur pondrez, et de tous vos mots savants.  Les homo sapiens sapiens doivent être confrontés à un problème concret pour accepter de dépenser de leur précieuse énergie pour comprendre les solutions.  Point barre.  Un bon formateur sait présenter des problèmes juste assez gros et des solutions juste assez efficientes pour que l’élève accepte de prendre la peine de les intégrer.  Et donc à vous de trouver des problèmes stimulants et intéressants.  Et adaptés.
  4. Les marches doivent être juste assez hautes.  Trop basses, c’est trop facile et ils s’emmerdent.  Trop hautes, ils se cassent le nez dessus.  Il faut savoir bien doser la difficulté.  Et donc bien évaluer les élèves.  Et donc être réellement intéressé par leur réussite et leur bien être.
  5. On a besoin de plaisir pour apprendre.  Apprendre quelque chose qu’on déteste avec quelqu’un qui nous méprise est physiologiquement impossible.  C’est comme ça.  Notre cerveau est conçu comme ça.  Les neuro-sciences le savent depuis au moins 20 ans.  Plus d’excuses, là, hein ?  Il est du devoir des formateurs de créer une ambiance détendue où chacun se sent en sécurité, accepté et respecté.  Il est du devoir du formateur de nourrir et d’entretenir une ambiance de travail où les gens rient, respirent et conservent l’envie d’apprendre.  Il est du devoir du formateur de dorloter et de couver la motivation de ses élèves comme un petit oeuf fragile et précieux…  et pour ça on a besoin d’un cadre de travail sain, et aussi de la capacité à maintenir un minimum de discipline au sein du groupe.  Eh oui je sais, c’est pas politiquement correct, mais un bon prof doit aussi être l’individu le plus fort et le plus dominant du lieu, sinon autant pisser dans un violon.  Et j’ajouterai que la peur est au respect ce que le sexe est au couple.  Ca fait pas tout, mais sans ça, ça ne marche qu’avec de gros, gros efforts très couteux en énergie.
  6. Les évaluations, c’est de la merde.  La réalité donne des feedbacks beaucoup plus justes et constructifs…  d’où le double intérêt de l’approche « par projets » : les résultats sont immédiatement visibles, et si ça ne fonctionne pas du premier coup (ce qui est normal, toléré et intégré à la formation : on doit aussi apprendre à rebondir…  donc ENSEIGNER à rebondir), on peut directement analyser les causes et rectifier le tir, et ce jusqu’à ce que ça fonctionne (voir le point 2 !).  Le réel (et la tâche qu’on a confiée à un élève) sert de point de référence à l’évaluation, plutôt qu’une grille d’évaluation pondue par un esthète philosophe de salon qui n’a jamais vu un élève de sa vie.
  7. Un problème à la fois.  Il faut corriger une chose à la fois, et corriger seulement cette chose là jusqu’à la réussite.  Puis laisser souffler un tout petit peu, féliciter, montrer tout le chemin parcouru…  s’assurer de la motivation qui reste…  et attaquer un second problème.  On ne peut pas tirer sur les fleurs pour les faire pousser plus vite.  Ca les arrache.
  8. Les bases, les bases, les bases et encore les bases.  Tout le monde veut des programmes avancés, des techniques secrètes et des trucs prestigieux.  Mais la seule chose qui fonctionne réellement, ce sont les bases, les fondamentaux, bien appliquées et au bon moment.  En boxe, il y a 7 techniques.  En musique, il y a 12 notes.  La virtuosité ne vient pas de la quantité de matière à exploiter, mais bien de la manière de l’utiliser, et de la combiner. Accordez une importance extrême aux fondamentaux.  Soignez de manière particulière le plaisir qu’on peut prendre à rechercher la perfection d’une chose toute simple.  En faisant n’importe quoi assez longtemps, on y découvre un univers d’une richesse insoupçonnable.  Valorisez cela.  Parce que la vraie maîtrise, la vraie compétence, c’est ça.
  9. S’ils échouent, c’est de votre faute. S’ils réussissent, c’est grâce à leurs efforts.  Valorisez la réussite.  Félicitez et encouragez.  Et au moindre échec, remettez votre propre boulot en question avant tout.  La formation est un métier ingrat…  qui vous rendra au centuple vos investissements si vous avez réellement à coeur la réussite et le développement des autres.  Les gens qui cherchent à briller sont tous, toujours, systématiquement des enseignants vraiment minables. Et tous leurs élèves et collègues sont au moins d’accord là-dessus.
  10. Aimez les avant tout.  Inutile d’espérer enseigner quoi que ce soit à quelqu’un qui vous sort par les trous de nez.  Dépassez vos a prioris.  Voyez le petit truc encourageant qu’on trouve dans chaque être vivant.  Et n’oubliez pas que votre boulot est de les faire progresser…  que ça soit du point V au point Z…  ou du point A au point E.
  11. Coupez le cordon.  Donnez leur envie d’apprendre par eux-même.  Parce que recevoir du poisson c’est bien.  Savoir pêcher c’est mieux.  Et libérez les.  Ne vous rendez pas indispensable, au contraire.  Votre boulot consiste à faire en sorte qu’ils n’aient, à terme, plus besoin de vous.

Oui, c’est ingrat.  On se met en quatre pour eux, on les aime, on leur donne tout, on invente des trucs pour eux, on les booste à mort, on leur donne plein d’énergie, et ensuite on les voit partir sans se retourner et vivre des trucs géniaux pour eux.  Et le pire c’est qu’on est contents.  On fait notre boulot.  Et de temps en temps on reçoit un mail où un ancien stagiaire nous dit « eh, tu m’as sauvé la vie ».  Et là on le montre pas trop mais on a les yeux qui transpirent et la boule dans la gorge, et on se dit qu’on a vraiment un boulot en or.

Ce qu’on fait a du sens.  Vraiment.  Parce que, justement, on le fait pour les autres.

Pour arriver à faire ça, pour sélectionner ceux qui ont vraiment la fibre pédagogique, les moniteurs CEETS passent par une formation longue, ingrate et difficile…  et seuls les plus cinglés réussissent : ceux qui sont prêts à bosser pour rien, pour les autres, à volontairement donner un truc sans le moindre espoir de réciprocité…  Juste parce que c’est comme ça qu’ils savent que c’est sain pour leurs élèves.  Ceux là deviennent des formateurs hors pair.  Les autres, jamais.

(Ne vous inquiétez pas, nos moniteurs ne sont pas non plus des saints ou des victimes d’un gourou : après leur formation, ils sont payés pour leur boulot hein ! Et ils le méritent amplement ;))

Mode d’emploi de ce texte :

  1. Faites tourner librement.  Les petits « secrets » de ce texte sont faits pour être diffusés massivement, et pour être lus par ceux qui souhaitent enseigner.
  2. Ne le prenez pas pour acquis.  Restez critique.  Pensez par vous-mêmes.  Améliorez le.  Et si vous avez des idées à nous faire partager pour devenir meilleurs, on est preneurs ;)
  3. Si vous vous sentez visé par ce texte, c’est probablement le cas.  Même si je ne vous connaît pas.  Vous avez le droit de devenir meilleur aussi ;)
  4. N’oubliez pas que ça n’est que mon opinion sur la chose, et que je peux me tromper complètement…

Ciao ;)

David

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