Archives de catégorie : Textes & documentation survie

La formation des moniteurs au CEETS

Chaque semaine, je reçois plusieurs dizaines de demandes de la part de gens qui m’annoncent qu’ils ont décidé de devenir moniteurs au CEETS. Presque tous, après s’être heurtés à ma légendaire réceptivité sur le sujet, s’en retournent vexés, frustrés, et aigris. La vérité est que devenir moniteur au CEETS n’est pas accessible à tout le monde. Autant nos programmes de formation, le contenu de nos stages, peuvent être suivis avec succès par n’importe quelle personne en bonne santé mentale et physique, autant pour ce qui concerne nos moniteurs, c’est strictement l’inverse. Je pense qu’environ une personne sur 100 000 a les qualités requises pour entamer le cursus (le chiffre est une pure estimation, oui, mais ça donne un ordre d’idée qui me semble très proche du réel).

 

La survie est un domaine infiniment complexe. Techniquement, déjà, c’est extrêmement vaste. La survie, c’est la convergence de centaines de disciplines diverses et variées, allant de la psychologie à la médecine de montagne, en passant par la météorologie, la dynamique des fluides, la métallurgie, la couture, la taille de silex ou l’informatique. Humainement, la pression qui est mise sur un moniteur, lors d’un stage de survie, est souvent phénoménale. Les gens viennent avec des attentes énormes. Et les risques, aussi, peuvent vite devenir gigantesques si on laisse une situation se dégrader. La responsabilité engagée est colossale, et, concrètement, nous avons une obligation de RESULTATS lorsqu’il s’agit de la santé de nos stagiaires.  Le moniteur CEETS, coincé entre l’envie de certains de « passer un bon moment » (autrement dit pouvoir dire qu’ils ont pris des risques comme de vrais aventuriers, mais sans prendre de vrais risques comme de vrais aventuriers), le besoin réel des autres d’acquérir un savoir pratique, les effets de groupe, le détail des programmes, le terrain, la météo, la logistique, le juridique… est littéralement tiraillé dans plein de directions à la fois, et doit gérer tout ça de manière simultanée, sans droit à l’erreur. Ainsi, les qualités que l’on exige d’un bon moniteur de survie sont vastes, difficiles à acquérir, et demandent en outre des compétences qui sont souvent assez antinomiques.

Un bon moniteur de survie, en clair, c’est quelqu’un qui:

  • Est très physique, mais aussi très intellectuel ;
  • Est très sensible, avenant et humain, mais aussi capable de s’imposer et de trancher de manière bête et méchante pour la sécurité de son groupe quand il le faut ;
  • Est capable d’écouter, mais a une grande gueule et un charisme suffisant pour s’imposer face à n’importe quel groupe ;
  • Est sûr de lui, mais capable de se remettre en question constamment pour progresser ;
  • Est bienveillant, mais intraitable ;
  • Est un spécialiste de la pédagogie, et un touche-à-tout doué pour tout le reste…
  • Etc.

Bref, ce sont là des qualités que l’on retrouve généralement chez une infime minorité de gens. Le profil « très physique, capable de s’imposer, charismatique, sûr de lui et intraitable », on en trouve beaucoup. Et on n’en veut pas comme moniteur… Leur place est plutôt derrière un fusil, avec des méchants en face. Le profil « intellectuel, sensible, humain, capable d’écoute, capable de remise en question et bienveillant », de son côté, est encore plus courant de nos jours. Mais sa place est dans un labo de recherche, pas face à un groupe de carnivores qui veut apprendre.

Si je devais faire des statistiques, dans la population générale, je dirais que les gens qui ont, intrinsèquement, 80% des qualités recherchées doivent représenter environ 1% de la population, au GRAND maximum. Parmi ce 1%, environ 1% a un intérêt pour la survie, et l’outdoor. Et parmi ce 0,01%, encore peut-être 1% a envie d’en faire son métier, à plein temps ou à temps partiel. Bref, oui, un moniteur CEETS, c’est une perle rare.  Pour le moment je n’en ai trouvé qu’une petite dizaine (sur des milliers de gens que je connais) qui ont accepté d’entamer le cursus… Certains ont été appelés sous les drapeaux, ou vers d’autres projets personnels entre temps… Et au final, pour le moment, seuls cinq ont terminé le cursus.

 Mais parlons-en, de ce cursus… De quoi s’agit-il au juste ?

Devenir moniteur CEETS, déjà,  cela suppose d’avoir un réel intérêt pour la chose, puis :

  • D’avoir fait tous les stages du CEETS au moins une fois, mais surtout le stage « Fondamentaux », le niveau 1 et le niveau 3 ;
  • De venir observer pendant une période plus ou moins longue le fonctionnement des stages en coulisses, avec moi. Pendant cette période, l’aspirant moniteur n’est pas rémunéré, ni même défrayé pour son déplacement. Il est là, mais il ne sert à rien. Il prend de la place dans ma voiture, de la place dans mon esprit, et je ne peux pas accueillir un seul stagiaire en plus grâce à lui… Il est là un peu comme un voyeur, pour essayer de voir si le job pourrait l’intéresser, et cherche à intégrer les modules, les méthodes, etc.  Et je l’aide, bien sûr.
  • De venir m’aider à encadrer les groupes pendant une période qui varie selon les personnes : à ce stade, on parle d’un « aide moniteur ». Là, le moniteur en formation donne un coup de main pour l’encadrement : il prodigue des conseils, donne ses petits trucs, corrige de temps en temps les gens sur des techniques précises qu’il maîtrise bien. Et de temps en temps il donne un module, sous ma supervision directe. Je corrige le tir au besoin. Et là, le moniteur fait ses premières armes : il parle à un groupe, il doit expliquer clairement, faire les démonstrations percutantes, répondre aux questions (y compris les miennes, qui sont parfois déstabilisantes)… Ensuite, le soir, souvent 45 minutes ou une heure sont prises en petit comité pour débriefer le ou les moniteurs en formation. Trucs, astuces, correctifs, remarques, questions réponses… Le moniteur engrange, discute, cherche à comprendre, et moi je l’aide du mieux que je peux…
  • Une fois que j’ai constaté que le moniteur donne tous les modules correctement, que son comportement est juste, que sa gestion de groupe est saine, que tout est fluide, et que je le sens solide, je commence à le pousser hors du nid. Il est encouragé à organiser son stage de validation. Il s’agit d’un stage qu’il organise de A à Z, auquel j’assiste comme simple stagiaire, avec mon petit calepin maléfique… Je note, je pose des questions, je cherche la faute… Et si tout roule, je valide…  Et le moniteur est diplômé. Il devient officiellement moniteur du CEETS.

 

Et là, le boulot ne se termine pas ! Au contraire. Les moniteurs sont recyclés, remis à jour en permanence. Chaque année, nous nous réunissons pour remettre tout le monde à niveau, remettre les choses à plat, partager nos dernières trouvailles… Le diplôme de moniteur est valable trois ans. Sans recyclage, au bout de trois ans, je considère que le moniteur est périmé…  parce que les connaissances évoluent trop vite pour qu’on puisse s’asseoir sur ses lauriers (et c’est valable, en priorité, pour moi).

Et vous savez quoi ?  Je suis un putain de privilégié de pouvoir bosser avec des gens comme ça.

Quand je vois ces moniteurs en gestation, ces personnalités en or, en stage, en formation, etc, j’ai toujours cette même impression d’être réellement privilégié. Je me dis toujours que j’ai une chance incroyable qu’ils acceptent de me suivre dans mes délires, et de bosser avec moi. Et j’ai, j’avoue, une pression monumentale pour leur donner assez de grain à moudre, pour être cohérent, fiable, et à la hauteur, globalement, de la qualité de ce qu’ils font de leur côté. Et quand je me loupe, ils ne se privent pas pour me le faire remarquer. C’est de bonne guerre. C’est voulu comme ça. C’est leur responsabilité aussi de critiquer ce que je fais, de me faire progresser aussi en tant que « boss ». On ne se fait pas de cadeaux… mais on reste bienveillants les uns avec les autres.  On bosse. Et on avance.

Cette dynamique est extrêmement saine, et franchement on se marre bien, parce que tout le monde fait avancer tout le monde… C’est un investissement énorme, pour tous. C’est une vocation, même, je dirais… Mais au final tout ça a un sens, une utilité réelle.

On l’oublie parfois un peu, avec ces effets de mode et ce délire de la survie « loisir » (et pourquoi pas des premiers secours « loisirs », aussi, un jour ? Tant qu’à tout pervertir au nom du profit…), mais nous donnons des stages qui ont pour but d’empêcher les gens de mourir. Si nous leur racontons n’importe quoi, nous les mettons en danger. Si nous choisissons mal les sujets abordés, les gens repartent avec un faux sentiment de sécurité, et sont encore plus en danger que s’ils n’étaient pas venus chez nous. Et si nous faisons bien notre boulot — et c’est le cas !!! — que nous transmettons correctement et efficacement les bonnes connaissances, les gens meurent moins souvent.

Ça n’est pas un jeu. Ça n’est pas un loisir. Ça n’est pas un hobby qu’on ferait comme ça par-dessus la jambe.

Nous ne faisons pas ça pour « passer un bon moment avec nos stagiaires ». C’est sérieux. Et c’est avec ce sens aigu des responsabilités que je forme les moniteurs du CEETS… Ils n’ont pas le droit à l’erreur. Et moi encore moins.

A la question, qui revient souvent, lors des inscriptions : « Est-ce que les moniteurs sont aussi bons que David Manise », je souris, et j’avoue éprouver une certaine fierté à pouvoir répondre qu’ils sont meilleurs. Et je le pense vraiment. Sur les N1, ils font réellement un boulot extraordinaire, avec un enthousiasme, un dynamisme et un professionnalisme qui me font réellement chaud au cœur.

Un moniteur CEETS, c’est autre chose que juste un formateur ordinaire. Un moniteur CEETS, c’est une personne avec des qualités rares, longuement formée, testée plusieurs fois, s’investissant réellement sur généralement plusieurs années, passionnée et compétente, qui s’inscrit dans un processus d’auto-critique et de formation continue. Il est dépositaire d’une pédagogie éprouvée par 10 ans sur le terrain avec des groupes divers et variés. Il profite et contribue à développer une technicité issue de 30 ans d’expérimentations, de milliers d’ouvrages de référence, de tests, de blessures, de conneries déjà faites et à éviter désormais… C’est un cerveau, un physique, une attention, un bagou, une capacité à se remettre en question, une capacité à s’imposer, à cadrer, à transmettre… Le tout dans la bonne humeur, avec un humour et une auto-dérision qui évitent de se prendre trop au sérieux… et avec un grand professionnalisme, une rigueur intraitable, et des résultats qui parlent d’eux-mêmes… ;)

Un jour, superman et un moniteur CEETS ont fait un bras de fer.  Le perdant devait porter son slip par-dessus son pantalon pour le reste de sa vie ;)

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Survie pédagogique…

Homo sapiens sapiens dépend de la transmission du savoir pour survivre en tant qu’espèce.

Si on enseigne mal, on vit mal.  Si on transmet bien (et les bonnes choses), on vit mieux.  Et le monde est rempli de parents qui veulent bien faire, d’adultes qui ont envie d’aider, de gens qui aiment transmettre des trucs qu’ils connaissent.  Cette transmission des savoirs est quelque chose de précieux.  Et de savoir transmettre est, fondamentalement, absolument, totalement UTILE pour notre espèce.

Alors je me lance.  Je vous livre ici quelques principes fondamentaux de la pédagogie « CEETS » qui valent ce qu’elles valent, mais qui, bien appliquées, donnent des résultats extra-ordinaires (je note au passage que j’en dois quelques unes à PP et Alain, mais on va finir par croire qu’ils me paient pour faire leur pub alors j’évite de trop en faire)…

(note préventive pour m’éviter des heures de débat avec tous ceux qui vont me dire que je ne devrais pas donner comme ça tout plein d’outils à la concurrence : les vrais secrets se gardent parfaitement bien tous seuls.  Un peu comme la règle des trois « complétée », les stages divisés en niveaux ou l’effet Chimpanzé, on nous les piquera (sans savoir bien les utiliser) et on se ridiculisera en le faisant, hein, et ça en convaincra un ou deux, sans doute…  mais je pense que de diffuser ces principes fera globalement plus de bien que de mal, dans l’univers.)

Quelques trucs pour bien transmettre ses connaissances.

  1. Toujours formuler ses critiques par la positive : « fais plutôt comme ça, ça marchera mieux ».  Critiquer négativement donne une image négative d’elle même à la personne critiquée, ce qui peut nuire à son estime d’elle-même et/ou stimuler des défenses qui empêchent le message d’arriver jusqu’à son cerveau ;)
  2. Laisser un élève en situation d’échec est une faute professionnelle.  Un élève qui échoue est le symptôme d’une pédagogie inadaptée et/ou d’objectifs trop difficiles pour son niveau (et d’évaluer ce niveau est de la responsabilité du formateur, bordel de merde).  Toujours faire réussir.  Commencer par des fractions de problème s’il le faut, faire digérer lentement des portions parfois infimes de l’apprentissage final, et construire en combinant ces petites réussites comme des briques, patiemment, jusqu’à en faire un mur.  C’est ça le boulot de formateur.
  3. Les humains apprennent sur le tas.  Ils s’en foutent des grands discours sur ce qui les attend, de la belle théorie que vous leur pondrez, et de tous vos mots savants.  Les homo sapiens sapiens doivent être confrontés à un problème concret pour accepter de dépenser de leur précieuse énergie pour comprendre les solutions.  Point barre.  Un bon formateur sait présenter des problèmes juste assez gros et des solutions juste assez efficientes pour que l’élève accepte de prendre la peine de les intégrer.  Et donc à vous de trouver des problèmes stimulants et intéressants.  Et adaptés.
  4. Les marches doivent être juste assez hautes.  Trop basses, c’est trop facile et ils s’emmerdent.  Trop hautes, ils se cassent le nez dessus.  Il faut savoir bien doser la difficulté.  Et donc bien évaluer les élèves.  Et donc être réellement intéressé par leur réussite et leur bien être.
  5. On a besoin de plaisir pour apprendre.  Apprendre quelque chose qu’on déteste avec quelqu’un qui nous méprise est physiologiquement impossible.  C’est comme ça.  Notre cerveau est conçu comme ça.  Les neuro-sciences le savent depuis au moins 20 ans.  Plus d’excuses, là, hein ?  Il est du devoir des formateurs de créer une ambiance détendue où chacun se sent en sécurité, accepté et respecté.  Il est du devoir du formateur de nourrir et d’entretenir une ambiance de travail où les gens rient, respirent et conservent l’envie d’apprendre.  Il est du devoir du formateur de dorloter et de couver la motivation de ses élèves comme un petit oeuf fragile et précieux…  et pour ça on a besoin d’un cadre de travail sain, et aussi de la capacité à maintenir un minimum de discipline au sein du groupe.  Eh oui je sais, c’est pas politiquement correct, mais un bon prof doit aussi être l’individu le plus fort et le plus dominant du lieu, sinon autant pisser dans un violon.  Et j’ajouterai que la peur est au respect ce que le sexe est au couple.  Ca fait pas tout, mais sans ça, ça ne marche qu’avec de gros, gros efforts très couteux en énergie.
  6. Les évaluations, c’est de la merde.  La réalité donne des feedbacks beaucoup plus justes et constructifs…  d’où le double intérêt de l’approche « par projets » : les résultats sont immédiatement visibles, et si ça ne fonctionne pas du premier coup (ce qui est normal, toléré et intégré à la formation : on doit aussi apprendre à rebondir…  donc ENSEIGNER à rebondir), on peut directement analyser les causes et rectifier le tir, et ce jusqu’à ce que ça fonctionne (voir le point 2 !).  Le réel (et la tâche qu’on a confiée à un élève) sert de point de référence à l’évaluation, plutôt qu’une grille d’évaluation pondue par un esthète philosophe de salon qui n’a jamais vu un élève de sa vie.
  7. Un problème à la fois.  Il faut corriger une chose à la fois, et corriger seulement cette chose là jusqu’à la réussite.  Puis laisser souffler un tout petit peu, féliciter, montrer tout le chemin parcouru…  s’assurer de la motivation qui reste…  et attaquer un second problème.  On ne peut pas tirer sur les fleurs pour les faire pousser plus vite.  Ca les arrache.
  8. Les bases, les bases, les bases et encore les bases.  Tout le monde veut des programmes avancés, des techniques secrètes et des trucs prestigieux.  Mais la seule chose qui fonctionne réellement, ce sont les bases, les fondamentaux, bien appliquées et au bon moment.  En boxe, il y a 7 techniques.  En musique, il y a 12 notes.  La virtuosité ne vient pas de la quantité de matière à exploiter, mais bien de la manière de l’utiliser, et de la combiner. Accordez une importance extrême aux fondamentaux.  Soignez de manière particulière le plaisir qu’on peut prendre à rechercher la perfection d’une chose toute simple.  En faisant n’importe quoi assez longtemps, on y découvre un univers d’une richesse insoupçonnable.  Valorisez cela.  Parce que la vraie maîtrise, la vraie compétence, c’est ça.
  9. S’ils échouent, c’est de votre faute. S’ils réussissent, c’est grâce à leurs efforts.  Valorisez la réussite.  Félicitez et encouragez.  Et au moindre échec, remettez votre propre boulot en question avant tout.  La formation est un métier ingrat…  qui vous rendra au centuple vos investissements si vous avez réellement à coeur la réussite et le développement des autres.  Les gens qui cherchent à briller sont tous, toujours, systématiquement des enseignants vraiment minables. Et tous leurs élèves et collègues sont au moins d’accord là-dessus.
  10. Aimez les avant tout.  Inutile d’espérer enseigner quoi que ce soit à quelqu’un qui vous sort par les trous de nez.  Dépassez vos a prioris.  Voyez le petit truc encourageant qu’on trouve dans chaque être vivant.  Et n’oubliez pas que votre boulot est de les faire progresser…  que ça soit du point V au point Z…  ou du point A au point E.
  11. Coupez le cordon.  Donnez leur envie d’apprendre par eux-même.  Parce que recevoir du poisson c’est bien.  Savoir pêcher c’est mieux.  Et libérez les.  Ne vous rendez pas indispensable, au contraire.  Votre boulot consiste à faire en sorte qu’ils n’aient, à terme, plus besoin de vous.

Oui, c’est ingrat.  On se met en quatre pour eux, on les aime, on leur donne tout, on invente des trucs pour eux, on les booste à mort, on leur donne plein d’énergie, et ensuite on les voit partir sans se retourner et vivre des trucs géniaux pour eux.  Et le pire c’est qu’on est contents.  On fait notre boulot.  Et de temps en temps on reçoit un mail où un ancien stagiaire nous dit « eh, tu m’as sauvé la vie ».  Et là on le montre pas trop mais on a les yeux qui transpirent et la boule dans la gorge, et on se dit qu’on a vraiment un boulot en or.

Ce qu’on fait a du sens.  Vraiment.  Parce que, justement, on le fait pour les autres.

Pour arriver à faire ça, pour sélectionner ceux qui ont vraiment la fibre pédagogique, les moniteurs CEETS passent par une formation longue, ingrate et difficile…  et seuls les plus cinglés réussissent : ceux qui sont prêts à bosser pour rien, pour les autres, à volontairement donner un truc sans le moindre espoir de réciprocité…  Juste parce que c’est comme ça qu’ils savent que c’est sain pour leurs élèves.  Ceux là deviennent des formateurs hors pair.  Les autres, jamais.

(Ne vous inquiétez pas, nos moniteurs ne sont pas non plus des saints ou des victimes d’un gourou : après leur formation, ils sont payés pour leur boulot hein ! Et ils le méritent amplement ;))

Mode d’emploi de ce texte :

  1. Faites tourner librement.  Les petits « secrets » de ce texte sont faits pour être diffusés massivement, et pour être lus par ceux qui souhaitent enseigner.
  2. Ne le prenez pas pour acquis.  Restez critique.  Pensez par vous-mêmes.  Améliorez le.  Et si vous avez des idées à nous faire partager pour devenir meilleurs, on est preneurs ;)
  3. Si vous vous sentez visé par ce texte, c’est probablement le cas.  Même si je ne vous connaît pas.  Vous avez le droit de devenir meilleur aussi ;)
  4. N’oubliez pas que ça n’est que mon opinion sur la chose, et que je peux me tromper complètement…

Ciao ;)

David

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Kit de survie véhicule

C’est pas nouveau, et je l’ai pas inventé, je conçois les kits et les ressources en strates.  Plus j’ai de strates à disposition, plus mon confort est grand :

  • strate 0 : mon corps, mon cerveau ;
  • strate 1 : mon fond de poche (ou « EDC ») ;
  • strate 2 : une petite sacoche contenant le kit adapté aux circonstances (kit « nature » ou « urbain », par exemple…)
  • strate 3 : mon sac à dos, avec ce qu’il faut dedans pour vivre dehors confortablement 2-3 jours
  • strate 4 : le matos que j’ai dans la voiture
  • strate 5 : ma maison…  (où j’organise les choses pour être le moins interdépendant possible avec les services publics et les chaînes logistiques fragiles qui supportent notre société de consommation ;))
  • strate 6 : mes voisins, mon réseau de proximité ;
  • strate 7 : service public ;

On va s’intéresser aujourd’hui à la strate 4 : le bordel qui traîne au fond de mon coffre de voiture.

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REPERES 2 !

REPERESLe CEETS et son président Patrick Vincent, initiateur du projet et rédacteur initial, sont fiers de vous présenter la dernière mouture du fameux guide « REPERES » : Repérer, évaluer et prévenir les risques en situation.  Co-écrite par Patrick Vincent, Karine Martin et « Bison Solitaire », cette nouvelle version est un incontournable sur le sujet…  mis à disposition gratuitement pour vous, dans le plus pur esprit « open source ».

TÉLÉCHARGER GRATUITEMENT CE GUIDE !

Cette nouvelle version de  REPERES a été co-écrite par un groupe de professionnels de la sécurité publique et privée, travailleurs sociaux, pratiquants et enseignants de systèmes de défense personnelle, conscients des risques auxquels ils peuvent être confrontés, déterminés à ne pas subir, et soucieux de faire partager leur expérience afin d’éviter des drames. Ce guide est gratuit, son objectif est la diffusion au plus grand nombre afin de générer des prises de conscience et d’ouvrir des horizons. Merci tout particulièrement à Karine et à Éric sans lesquels cette nouvelle version n’existerait pas. Merci à Hélène et à Béatrice qui ont fait un énorme travail. Merci aussi à Anne, Fred, Fredo et Stéphane pour leurs précieux conseils. « 

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Le matériel de survie, ou « fond de sac », par StormX

Kit de survie / fond de sacLe fond de sac, le matériel de survie, la plupart des gens en font une science, une infinité de gadgets…  J’ai toujours prôné la simplicité dans ce domaine.  StormX, sur le forum vie sauvage et survie, nous montre une version extrêmement aboutie, à mon sens, de SON kit à lui.  Je vous le retranscris ici, avec sa permission… Continue reading “Le matériel de survie, ou « fond de sac », par StormX” »

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stages survie ceets

Les plaies — par Damien Caron, médecin urgentiste

Qui ne s’est jamais blessé lors d’activités dans la nature ? Même bénigne, une plaie peut vite se compliquer si l’on n’applique pas quelques règles simples.

Quels sont les gestes essentiels pour soigner une plaie ?  Quel matériel pour effectuer ces gestes ?  Comment évaluer la gravité d’une blessure ?

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Les 4 types d’objets indispensables pour survivre…

Je dis, je radote, je persiste depuis des années : un kit de survie doit contenir les choses qui sont les plus difficiles à recréer à partir de rien dans la nature…  et qui sont les plus utiles pour survivre dans l’environnement où on se trouve.

Concrètement, on peut tout recréer, trouver, bricoler dans la nature sauf les 4 types d’objets suivants (qu’on peut aussi recréer, mais plus difficilement) :

Une grande surface étanche. Bien sûr, avec une peau de chien ou des débris correctement orientés on arrive à faire quelque chose, mais l’expérience nous montre qu’une grande surface vraiment étanche est fort utile quand il s’agit de vivre dehors.  Non pas qu’il soit impossible de recréer l’équivalent…  simplement, c’est long, ça coûte beaucoup d’énergie, et ça nous prive de notre mobilité.  Qu’est-ce que ça peut être ?  Un poncho, une couverture de survie solide (fuyez les modèles de merde qui sont épais comme du papier à cigarette et qui se déchirent en un rien de temps), une bâche, un tarp, un grand sac poubelle de jardin…  peu importe, tant que ça fait 2×1,5m ou plus, et que c’est réellement étanche.

Un contenant étanche, refermable, qui passe au feu. Oui, bien sûr, on peut bricoler des contenants avec l’estomac de notre dernière proie, faire bouillir de l’eau dans un préservatif près du feu (si si, véridique…), etc.  Mais une gourde métallique qu’on peut à la fois refermer pour transporter de l’eau et qui puisse passer au feu, c’est réellement irremplaçable.  Faute de mieux, déjà juste une gamelle qui puisse passer au feu vaut largement son pesant d’or en survie.

Une grosse lame en acier.  Solide. Bah oui.  On peut tailler des silex, affûter des os et même ronger avec les dents, mais un gros couteau de camp solide, ça fait quand même plus de boulot, et surtout ça nous permet de recréer ensuite pas mal d’autres outils, objets, etc.

Du feu. Eeeeh oui.  Tous ceux qui savent faire du feu par friction savent à quel point c’est au moment où on en a le plus besoin que c’est généralement le plus compliqué d’allumer du feu en frottant des bouts de bois amoureusement l’un dans l’autre.
Dans l’humidité glaciale, sans motricité fine et sous stress…  préférez la méthode éprouvée : un bon briquet de marque, piezzo-électrique, plein et de couleur vive pour ne pas le perdre…

Et la corde ?  Plus facile à bricoler, tresser, trouver.  Et le sel ?  En faisant brûler des feuilles de tussilage, on en fait un succédané.  Et les pastilles de purification d’eau ? Vous pouvez faire bouillir.  Et la doudoune ?  Vous pouvez faire du feu…

Concrètement, quand on se retrouve à poil en situation de survie, les 4 objets les plus urgents à trouver, créer, bricoler, ou inventer sont ceux-là.

  • une grande surface étanche
  • un récipient (si possible transportable plein) qui passe au feu
  • une lame robuste
  • de quoi faire du feu…

Et dans nos stages de survie niveau 3, nous apprenons justement à utiliser cela, et à recréer tout le reste… :)

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Quelle pharmacie emporter en randonnée ? — Anne Mermilliod

Vous projetez de partir régulièrement en randonnée cette année, et comme vous êtes une personne responsable, vous avez prévu d’emporter une pharmacie. Mais quelle pharmacie ? Vaut-il mieux en acheter une toute prête ou la préparer soi-même ? Comment choisir, que faut-il mettre dedans, quelle taille prévoir, et comment être sûr de n’avoir rien oublié? Continue reading “Quelle pharmacie emporter en randonnée ? — Anne Mermilliod” »

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Sécurité informatique, les fondamentaux ! — Par Solstice et Agronome

…  ou comment éviter de se prendre une raclée informatique !

Si vous lisez ceci, vous êtes probablement en train d’utiliser un ordinateur, un outil qu’utilisent à vos cotés des millions d’autres personnes. L’informatique est présente dans tous les secteurs de notre société. Des commerces aux hôpitaux en passant par les administrations, elle a envahi notre époque. À tel point qu’aujourd’hui, un pan entier de nos vies est numérique…

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Le backup de vos documents essentiels – par Achille

Introduction, par David Manise : On imagine souvent que la survie consiste surtout à frotter des bouts de bois pour allumer du feu, ou à traquer la plante comestible…  C’est aussi de savoir gérer le risque dans notre environnement quotidien : le monde « civilisé ». Concrètement, la perte de certaines données « vitales » peuvent réellement nous mettre dans une situation délicate, voire affecter durablement notre qualité de vie.  Achille, du forum davidmanise.com, nous offre ici un magnifique topo sur les copies de secours…  Méthodes, supports, astuces, aspects légaux, cryptage…  Tout y est ! :)

Bonne lecture :)

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Randonnée : Les bases d’une bonne préparation

Le secret d’une bonne préparation réside dans le degré de définition et de réalisme de votre projet de randonnée. Pour être efficace, votre préparation doit pouvoir s’asseoir sur des bases stables et solides, autrement dit sur un plan exhaustif, cohérent et réaliste. Or bâtir un plan en béton requiert une certaine méthode…

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Le 8e jour, Dieu créa le duct tape

Duct Tape
Duct Tape

Le « duct tape » porte plusieurs noms en France… Certains le nomment « gros scotch gris ». D’autres le nomment « ruban à conduits ». D’autres, encore, le surnomment « toile américaine » ou « chatterton ». Peu importe le nom qu’on lui donne, c’est une pièce d’équipement pour laquelle aucun superlatif n’est superflu. En forêt, en montagne, en canot ou en kayak, dans le désert ou près des pôles, le « duct tape » est utile. Vraiment utile.

Deux exemples ? Continue reading “Le 8e jour, Dieu créa le duct tape” »

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