Comment choisir son instructeur de survie ?

Ok. Vous allez tout de suite nous soupçonner de vouloir nous mettre au-dessus du lot en vous listant des critères qui nous ressemblent. Et nous vous comprendrions… Mais en fait, ça n’est pas notre but, ce matin.

Pas du tout.

Depuis quelques années, en France, l’offre des stages de survie en tous genres explose. Certains de ces nouveaux instructeurs sont des gens sérieux et compétents. D’autres, il faut être honnête, sont surtout des passionnés qui n’ont pas forcément le recul ni les compétences pédagogiques indispensables pour encadrer un groupe dans des conditions qui peuvent vite devenir extrêmes.

Un instructeur de survie a des responsabilités très lourdes a porter. D’abord, concrètement, pendant le stage, il faut gérer la sécurité de tout un groupe d’inconnus, dans une météo parfois incertaine. Mais le gros de la responsabilité continue d’être porté après, quand les gens repartent contents de leur stage : est-ce qu’ils ont appris des trucs réellement utilisables et fiables ? Ou repartent-ils avec un faux sentiment de sécurité qui va les pousser à se mettre en danger ?

Pour répondre à ces questions là, nous aimerions vous fournir quelques pistes utilisables de réflexion pour que vous puissiez choisir votre instructeur de survie VOUS-MÊME.

Compétence technique : de nos jours, tout le monde a accès à Internet et peut facilement avoir accès à des tas de techniques de qualité variable. Un formateur expérimenté, de son côté, sait trier ce qui fonctionne réellement, dans le monde concret, en situation de stress et en « mode dégradé ». On reconnaît souvent le bon instructeur non pas à ce qu’il enseigne, mais à ce qu’il n’enseigne PAS. Quand on est débutant, il est souvent difficile de se faire une idée des choses vraiment pertinentes, mais avec un peu de bon sens, on peut déjà se faire une idée.

Compétence pédagogique : c’est une chose que de savoir faire. De savoir transmettre et faire réussir les autres est un champ de compétence totalement autre. Et ça ne s’improvise pas. De savoir mettre en place un programme de formation pertinent (qui réponde à un vrai besoin), d’élaborer des méthodes adaptées au terrain et au public, de corréler ces méthodes là avec les contraintes de terrain, de météo, les contraintes légales, et tout le reste… c’est un métier. Vraiment. Et c’est autre chose que de fourrer en vrac, sous un intitulé « stage », tout un tas de choses excitantes et sensationnelles qui vont plaire aux touristes.

Valeurs et éthique : là, forcément, c’est une question subjective et personnelle. Mais au-delà du comte instagram et de prises de positions faciles, est-ce que la personne à qui vous allez confier votre vie (parce qu’au final c’est un peu de ça dont il s’agit, soyons honnêtes !) a des valeurs qui vous semblent compatibles avec cette activité ? Avec les vôtres ? Est-ce que cette personne, par ses ACTES et dans la durée, a démontré qu’elle garde un cap éthique qui vous semble cohérent ?

Quelques critères secondaires :

  • L’âge. Eh oui. Même si plein de gens ont une maturité étonnante très tôt, et des compétences techniques qui vont avec… la même personne 15 ans plus tard sera encore plus compétente et plus sage. Soit on progresse, soit on régresse. Il ne faut évidemment pas cracher sur les formateurs de moins de trente ans, hein. Et les gens incompétents et imbus d’eux-mêmes vieillissent mal, en général. Mais un baroudeur qui vit vieux, bien souvent, est plutôt malin et prudent.
  • L’expérience. Là, il faut avouer que nous prêchons un peu pour notre paroisse, puisque le CEETS donne des stages depuis bien plus d’une décennie. Mais certains autres acteurs de la survie en France sont là depuis longtemps également. Ceux qui sont restés sont bien souvent ceux qui tiennent la route.
  • Le niveau d’investissement. Est-ce que votre formateur fait ça (ou des activités connexes) à temps plein, ou est-ce qu’il fait ça plutôt de temps en temps ? Quelqu’un qui consacre sa vie entière à un sujet est, généralement, moins mauvais que s’il y passe peu de temps. C’est assez logique.

Pour le reste, il y a aujourd’hui — sur le marché de la survie en France — tout un tas d’offres allant de la plus sérieuse à la plus rocambolesque. Vous trouverez sans problème des gens pour vous faire vivre des expériences intenses qui vous feront toucher « vos limites » (en fait vous verrez juste que ça n’était pas votre vraie limite), d’autres qui vous outilleront, d’autre qui ne serviront à rien d’autre qu’à pouvoir dire à vos amis que vous avez fait un stage de survie, et le poster sur les réseaux. Il y en a vraiment pour tous, et nous ne jugeons pas les motivations ni les goûts de chacun.

Simplement, avant de foncer bille en tête sur le premier stage venu, demandez-vous si ça correspond vraiment à ce que vous voulez. Vous.

Bonne chance ! :)

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